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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c4.56

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c4.56

Language
French

v1.c4.56

Au cours des siècles, Mañjuçrî a fini par être naturalisé Chinois. Les Tibétains le font naître au mont Ou-t'ai, d'une émanation du Buddha. Le Bouddha était venu en Chine pour y prêcher la loi ; mais la doctrine était trop sublime pour ces esprits grossiers. Il s'arrêta au mont des Cinq-Sommets qui portait déjà cinq čaityas resplendissants ; de la base un arbre avait poussé : c’était un jambu, l’arbre qui donne son nom aux contrées du Jambu-dvîpa. Un rayon d’or sortit du front de Bhagavat et pénétra dans l’arbre, où se forma une excroissance ; de cette excroissance naquit une tige de lotus qui produisit une fleur, et la fleur portait le prince des sages, Ârya Mañjuçrî. Il était jaune de teint, avec un seul visage, et deux mains, la droite armée du glaive de la science, la gauche portant un livre sur un lotus en cercle, tel que le représentent les images classiques, mais sans les trais particuliers attribués par les miniatures népalaises au Mañjuçrî de Chine. De son front naquit une tortue d’or qui s’enfonça dans le lac Sitasaras, au pied de la montagne. Et depuis, Mañjuçrî réside sur les cinq sommets, mais il prend sur chacun d’eux une couleur différente : jaune sur l’un, blanc sur l’autre, et rouge, et vert, et bleu ; et chacun des sommets porte des fleurs de la même couleur que le dieu, jaunes ici, blanches là, et rouges, et vertes, et bleues ; et les vertus en sont proprement mirifiques¹. Les Névars qui instruisaient le Capucin Constantin d’Ascoli lui représentèrent aussi Mañjuçrî (sous le nom de Bissôchtma), comme « un certain Chinois qui était venu par le Tibet ».