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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c4.98

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c4.98

Language
French

v1.c4.98

PAÇUPATI. — Le foyer de l'activité brahmanique au Népal, son symbole et son quartier général à la fois, c'est Paçupati. Du point de vue brahmanique, le Népal est le pays de Paçupati, comme il est pour les bouddhistes le pays de Matsyendra Nâtha. Paçupati a même, sur son rival séculaire, un avantage d'ordre national; il est indigène. Il n'a pas fallu l'amener des pays lointains; il est, comme la flamme de Svayambhû, une manifestation spontanée de la divinité. Le linga qui s'élève sur la rive droite de la Bagmati, entouré d'un monde d'idoles, de temples et de chapelles, rappelle comme une relique authentique le séjour miraculeux de Çiva. Un jour que le dieu se trouvait à Bénarès, sa ville sainte et son séjour de prédilection, en compagnie de Pârvatî son épouse, il lui prit fantaisie de se dérober à l'attention respectueuse des dieux ; il se transporta au Népal, et se métamorphosa en gazelle dans le bois des Çleṣmântakas. Les dieux inquiets s'élancèrent de tous côtés à sa recherche, et finirent par le connaître sous sa forme d'emprunt. Ils le prièrent, le supplièrent de retourner avec eux soit au Kailâsa, son Olympe, soit à Bénarès, sa Jérusalem. Çiva leur échappa et bondit sur l'autre rive de la Bagmati. Les chefs des dieux se décidèrent alors à le saisir par la corne ; la corne éclata dans leurs mains. « C'est bien, dit Çiva ; puisque j'ai résidé ici sous la forme d'un animal (paçu), je porterai ici le nom de Paçupati (animal-seigneur). » Viṣṇu prit pieusement un des fragments de la corne éclatée et la dressa comme un liṅga ; les trois autres fragments furent transportés, pour être adorés comme des liṅgas : sur le bord de la mer du Sud, à Gokarna ; sur le bord du fleuve Candrabhâga¹ ; et dans le paradis d'Indra, à Amarâvatî. Tous les dieux accoururent pour rendre leurs hommages à Paçupati ; le Bouddha lui-même donna l'exemple². Cela se passait dans des temps très anciens ; pourtant des Yogis inspirés ont révélé la date de l'événement : 300 ans avant la fin du Tretâ-yuga, environ neuf cent mille ans avant notre époque³. Un peu plus tard, Viṣṇu et Brahmâ voulurent savoir jusqu'où pénétrait l'éclat qui émanait de ce liṅga ; ils parcoururent tout l'univers sans arriver à le perdre de vue⁴. Mais, dans la longue suite des temps, le temple primitif s'écroula, et cacha sous ses ruines la splendeur du liṅga. Une vache, qui allait tous les jours répandre son lait sur l'emplacement miraculeux, provoqua l'attention et la curiosité d'un berger ; il fouilla les décombres ; l'éclat jaillit et le consuma ; toutefois Paçupati était