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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.217

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.217

Language
French

v2.c6.217

Le nom même de Mânadeva évoque un culte d'une nature énigmatique. Chez les rois népalais, et spécialement parmi les Licchavis, les noms sont souvent empruntés aux mille vocables du dieu Çiva; Vrsadeva, Çankaradeva, Çivadeva, Rudradeva, etc. D'autres ont un caractère vichnouite : Harivarman, Haridatta ; d'autres dérivent des divinités secondaires : Vasanta, Kâma, etc. Mais le mot mâna, dans le nom de Mânadeva, semble être complètement étranger au lexique religieux ; le sanscrit possède bien le mot mâna; il a même sous cette rubrique deux homonymes, différents d'origine et de sens; l'un tiré de la racine mâ « mesurer » signifie : la mesure ; l'autre, de la racine man « penser » signifie : la haute estime de soi. Ces deux notions n'ont aucun rôle personnel dans le panthéon hindou. Faut-il interpréter ainsi : (le roi) qui a pour dieu le sentiment de sa valeur? Si le mot *mâna* paraît dans les noms royaux, il entre aussi dans des noms de saints ou de savants¹; les Jainas comptent parmi leurs docteurs Mânatuṅga Sûri, Mânatuṅga Âcârya; un hymne célèbre de cet âcârya, le *Bhaktâmara-stotra*, s'achève sur un calembour qui semble éclairer la valeur de *mâna* dans l'onomastique :

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