Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.242
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.242
- Language
- French
v2.c6.242
Au reste, le terme de « royaumes-frontières » (*pratyanta*) employé dans le panégyrique de Samudra Gupta est une expression consacrée, qui définit avec précision des rapports officiels. M. Fleet a tort de dire que le mot peut s’appliquer « soit aux rois à l’intérieur des frontières du Népal, etc., c’est-à-dire aux rois de ces pays, qui sont voisins ; soit aux rois en dehors des frontières de ces pays ; et alors selon l’interprétation qu’on adopte, on décidera si l’empire de Samudra Gupta comprenait ces pays, ou bien s’il s’étendait jusque là et s’il les avait pour limites¹ ». Déjà l’empereur Açoka emploie dans un de ses édits (Girnar, II, 2) la même expression, et il en définit clairement la valeur : il oppose au domaine impérial (*vijita*) les pays frontières (*praçanta = pratyanta*) parmi lesquels il cite les Coḍas, les Pâṇḍyas et Antiochus, roi des Grecs, qui n’était assurément pas le vassal d’Açoka ; M. Senart observe justement que la catégorie des praçantas « représente les peuples étrangers, complètement indépendants de Piyadasi » (II, 254). A l’époque classique, le dictionnaire d’Amara (II, 1, 7) explique *pratyanta* par *Mlečcha-deça* « les pays barbares », en contraste avec *Madhyadeça* « l’Empire du Milieu », l’Hindoustan. L’astronome Varâha-Mihira, au VIe siècle, énumère comme les populations *pratyantas* (Bṛhat-Saṃhitâ, XVI, 38) les Pahlavas ou Sassanides, les Çveta-Hûṇas ou Huns Blancs, les Avagâṇa ou Afghans, le Maru ou désert, les Cînas ou Chinois ; dans deux autres passages (V, 31; IX, 17) le commentateur glose pratyantâḥ par gahvara-vâsinaḥ, les Troglodytes. Ainsi, au point de vue brahmanique les pratyantas sont les peuples restés en dehors des frontières de la civilisation, comme au point de vue politique les pratyantas sont situés en dehors du domaine impérial, au delà des frontières. Le Népal n'avait donc pas été absorbé dans l'empire de Samudra Gupta; la chute des Guptas put le laisser indifférent.
Linked texts (2)
- Bṛhatsaṃhitā — Varāhamihira, Sanskrit
- Tibetan translation ('Chi med mdzod) — Classical Tibetan