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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.32

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.32

Language
French

v2.c6.32

Les pieds divins (caraṇa) sont encore un emblème commun aux deux grands cultes. Avant l’influence des arts grecs, l’Inde ancienne semble avoir éprouvé de la répugnance à représenter ses divinités sous la forme humaine ; c'est ainsi que les sculpteurs de Bharhut, pour montrer « Ajātaçatru en adoration devant Bhagavat » ont figuré le roi agenouillé devant un trône qui porte l'empreinte de deux pieds¹. La langue reflète la même idée ; un inférieur parle humblement des « pieds du roi », des « pieds du maître », comme si son attitude prosternée l'empêchait de connaître rien de plus sans manquer au respect. Les Népalais représentent à profusion les pieds du Bouddha sculptés sur la pierre ou peints en couleur, reconnaissables aux huit porte-bonheur (mangala) qui les ornent : le çrīvatsa, le lotus plat (padma), le drapeau (dhvaja), l'aiguière (kalaça), le parasol (chattra), l'émouchoir (čamâra), le poisson (matsya), la conque (çaṅkha). En outre une série de cercles concentriques figurent le čakra, « le disque » qui est par métaphore un symbole de la souveraineté universelle. Les même signes se retrouvent sur les empreintes de Viṣṇu adorées dans l'Inde, en particulier sur l'empreinte miraculeuse que les pèlerins ne cessent d'adorer à Gayâ. Comme pour traduire l'étroite relation des deux divinités, c'est Viṣṇu qui a succédé au Bouddha sur la scène même de la Bodhi.

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