Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.64
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.64
- Language
- French
v2.c6.64
L'idée d'un sacrifice humain n'avait pas de quoi surprendre ou révolter le Népal ; ces étranges disciples du plus doux des maîtres n'ont jamais répugné à verser le sang, même le sang humain. Dès l'époque des Sûryavamçis, avant Amçuvarman (viiᵉ siècle), le pieux roi Çivadeva institue, comme rite annuel, un sacrifice humain en l'honneur de Vatsalà Devî, à la date du 12 caitra badi. Son arrière-neveu, Viçvadeva, veut supprimer cet usage barbare ; la déesse vient en personne réclamer son dû. Guṇakâma deva le Thâkuri, fondateur de Katmandou, institue la Sitikhaṣṭi, une bataille de pierres qui se termine par le sacrifice à Kaṅkeçvarî des prisonniers retenus dans chaque camp. Vers 1750, le roi de Katmandou, Jaya-prakâça, prohibe ce rite bizarre ; un bruit surnaturel entendu dans la nuit décide le roi à respecter la tradition. En 1660, le roi de Bhatgaon, Jagat-prakâça Malla, en lutte avec ses voisins de Katmandou et de Patan, surprend un poste ennemi, ramène vingt et un prisonniers et les sacrifie aux dieux. On dit que Prithi Narayan, maître de Katmandou, offrit dans le temple royal de Taleju (Tulasi) des sacrifices humains ; mais la déesse lui apparut en songe pour lui exprimer son mécontentement¹. Le P. Marco della Tomba rapporte comme un fait assuré que « les gens de la montagne n'ont pas horreur de sacrifier à leurs idoles des victimes humaines, et particulièrement les prisonniers de guerre, quand ils ont à demander dans un besoin pressant l'aide de leurs dieux ; ainsi, en préparant leurs canons pour la guerre, ils les teignent avec le sang d'une fillette tuée sur les canons mêmes² ». Hamilton, au début du xix siècle, rapporte que le roi Gourkha offre tous les douze ans un sacrifice solennel où sont immolés, entre autres vic-