Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c6.9
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c6.9
- Language
- French
v2.c6.9
Les destinées du čaitya de Svayambhû au cours des derniers siècles montrent bien les transformations fréquentes que les monuments du même genre ont dû subir au Népal ; seules, les proportions du stùpa lui-même et, le cas échéant, les substructures méritent d’être considérées comme des indices authentiques de la construction primitive. Jugé sur ces caractères, le čaitya de Budh-nàth¹ (Buddha-nàtha) le cède en antiquité aux deux précédents. Il passe dans la tradition populaire pour avoir été construit en expiation d’un parricide ; mais le nom des personnages varie d’un récit à l’autre. Tantôt le coupable est le prince Bhùpa-Kesari, qui tua son père sans le savoir. La fontaine de Jalaçayana Nàràyaṇa étant venue soudain à se tarir, le vieux roi Vikrama-Kesari, inquiet, consulta les astrologues ; ils lui prescrivirent de sacrifier un être humain marqué des trente-deux signes (*lakṣaṇa*). Le roi manda son fils : Dans quatre jours, lui dit-il, tu trouveras couché sur la source un homme ; frappe-le à mort, sans le regarder. Le prince obéit, et le meurtre accompli, il va se laver les mains dans le ruisseau Iḳṣumatī : à sa surprise, des masses de vers flottaient à la surface. Bientôt il connut son crime, et pris d'horreur il confia la royauté à sa mère ; puis il s'en alla prier Maṇi-Yoginī, la déesse de Sankou. Elle lui ordonna, en guise d'expiation, de construire, sur le site où il verrait se percher une grue, un čaitya de deux *yojanas* de tour, avec quatre cercles de dieux. Tantôt le prince s'appelle Mâna deva, et son père Vikmantī ; la tête de la victime reste attachée aux mains du parricide involontaire, et c'est encore la déesse Maṇi-Yoginī qui révèle le procédé d'expiation. La déesse Vârâhī en personne surveille la construction du čaitya, et pour la remercier Mâna deva installe sa statue à l'entrée du temple, tandis qu'il place à l'intérieur toutes les divinités. L'hymne au Bouddha, composé par Mâna deva pour les fêtes de l'inauguration, est encore populaire chez les Bouddhistes népalais¹.