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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.105

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.105

Language
French

v2.c7.105

Les Chinois profitèrent de la minorité de K'i-nou-chi-loung et des troubles qui accompagnèrent la régence de K'in-ling, pour reconquérir les « quatre gouvernements » : Koutcha, Kachgar, Khotan et l'Issyk-koul (692); mais Ki-nou-chi-loung à son tour prit l'offensive ; il parut devant Liang-tcheou en 696 et en 702, et réclama la main d'une princesse impériale qu'on n'osa pas lui refuser. Mais « à ce moment les états soumis à la frontière sud du Tibet, le Népal (Ni-po-lo) et l'Inde centrale (Po-lo-men) se révoltèrent à la fois; le tsan-pou partit en personne les punir, mais il mourut pendant la guerre ». La révolte échoua cependant, et le nouveau roi du Tibet, K'i-li-so-tsan, sut maintenir sa suzeraineté. En fait, la charte de Çivadeva datée de 714 J.-C., qui concède un village libre de charge, stipule néanmoins l'obligation de fournir cinq porteurs pour « la corvée tibétaine » (Bhoṭṭa-viṣṭi). C'est à cette occasion que le nom donné en sanscrit aux Tibétains paraît pour la première fois. La « corvée tibétaine » consistait probablement à transporter à travers la montagne soit les articles payés en tribut au Tibet, soit les hauts personnages tibétains envoyés au Népal. C'est une corvée du même genre que l'autre inscription de Çiva deva indique par une allusion discrète, en stipulant l'obligation d'aller « dans les pays du dehors (bahir-deça-gamana). » L'Inde centrale elle-même, si elle ne payait pas au Tibet un tribut régulier, ne resta pas à l'abri des déprédations : dans la période K'ai-yuen (713-741) une amba sade de l'Inde centrale vint demander au Fils du Ciel une armée de secours pour punir les Tibétains et un autre ennemi, plus formidable encore, qui venait de faire son apparition : les Arabes (Ta-chi). L'empereur Hiuen-tsong, qui avait grand mal à défendre son propre territoire, se contenta d'octroyer par décret un titre d'honneur à l'armée indienne ; il la nomma « l'armée qui aime la vertu » (hoai-te-kiun).