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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.190

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.190

Language
French

v2.c7.190

La tradition qui représente Nânya deva comme un Rajpoute du Dekkhan est acceptable ; son nom même, mal explicable en sanscrit, semble être une transcription du mot canarais nanniya « affectionné, véridique, bon ». Une inscription (suspecte) du xe siècle donne à un prince Gaṅga du Karṇâṭaka le titre de Nanniya Gaṅga « le fidèle Gaṅga »². On ne peut pas cependant s'imaginer Nânya deva à la tête d'une bande armée partant du fond du Dekkhan pour s'élancer à l'assaut de l'Himalaya. L'état politique de l'Inde se prêtait mal à une razzia aussi audacieuse. Le Dekkhan était soumis à un empereur puissant, Vikramâditya VI le Câlukya, qui réussit à fonder une ère datée de son avènement (1076 J.-C.) ; sa capitale était Kalyâṇa, au Sud-Ouest et non loin de la moderne Bidar, dans les États du Nizam. Le Mysore, le Madouré, Goa, le Konkan, le Coromandel avaient dû reconnaître sa suzeraineté. Au Sud du Gange, deux souverains puissants, Karṇa le Kalačuri de Cedi et Kîrtivarman le Candella de Kalanjar se disputaient la suprématie. Sur le cours inférieur du fleuve, les Pâlas affaiblis luttaient contre les Senas grandissants. Si Nânya deva était réellement originaire du Karṇāṭaka, il était sans doute venu chercher fortune dans le Nord ; comme tant d'aventuriers qui fondèrent des dynasties, il s'était engagé au service d'un prince local, et soutenu par les soldats qu'il avait menés à des campagnes heureuses, il avait renversé son maître¹. Maître du Tirhout et des voies qui mènent au Népal, il avait pu contraindre les rois de la vallée à se déclarer ses vassaux.

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