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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.52

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.52

Language
French

v2.c7.52

Deux ans plus tard, au dire des Tibétains, mais certainement en l'an 641, une autre princesse venait l'y rejoindre, également à titre d'épouse, aussi pieuse, aussi dévote, mais de sang plus noble encore et d'origine plus lointaine. De 634 à 641, Srong-btsan sgam-po à la tête de ses hordes irrésistibles avait envahi et pillé le territoire chinois en poussant jusqu'à Soung-tchou (Soung-pan-t'ing du Sse-tch'oan); pour conclure la paix, il exigeait la main d'une princesse de la famille impériale. Indigné d'une prétention si exorbitante, l'empereur T'ai-tsoung, alors au faîte de sa puissance, refusait de céder. Les armes tibétaines finirent cependant par triompher des scrupules de l'étiquette chinoise, comme elles avaient fait des préventions de caste au Népal. La princesse Wen-tch'eng, parente de l'empereur, dut se résigner tristement à partir par une route longue et dure vers les contrées glacées où la réclamait le caprice politique d'un conquérant. Elle apportait, elle aussi, ses images et ses livres de piété bouddhique. Ferventes des mêmes dieux, les deux reines n'en comptaient pas moins les mettre au service de leur influence et de leurs intérêts respectifs ; les nobles, qu'avait trop souvent blessés la morgue chinoise, refusèrent de reconnaître Wen-tch'eng comme la première reine, et la princesse népalaise conserva son rang. Mais Srong-btsan sgam-po n'en subit pas moins profondément l'influence de la Chine : dès 641, il sollicitait l'admission de jeunes Tibétains aux cours de l'École impériale (Kouo-hio). Il se mit à porter un vêtement de soie, demanda des savants chinois pour apprendre à composer des vers, puis des ouvriers capables d'enseigner aux indigènes la fabrication du vin, des moulins, du papier, de l'encre. La civilisation de la Chine s'installait ainsi sur les confins du Népal. L'Inde, d'autre part, lui envoyait ses docteurs : Kumâra vint de l'Inde centrale, Çilamañju du Népal, Tabuta et Ganuta (?) du Cachemire. Des vihâras s'élevèrent ; sous la direction de Thon-mi Sambhoṭa, la traduction des Écritures bouddhiques fut entreprise. Le bouddhisme, adopté par le roi, se propagea chez ses sujets, et l'Église reconnaissante divinisa les deux princesses comme deux incarnations de Târâ ; unies dans la même vénération, on leur assigna des images identiques : assises sur un trône de lotus avec la jambe gauche repliée et la droite seule posée à terre, elles tiennent dans la main droite, qui s'appuie au genou, un lotus bleu. Seule, la couleur de leur corps les distingue : la princesse népalaise est blanche ; la chinoise, verte¹.