Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.54
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.54
- Language
- French
v2.c7.54
Beau-père de Srong-btsan sgam-po qu'il n'aurait pas choisi spontanément pour gendre, Amçuvarman passait dans la sphère d'influence du Tibet. Le Népal n'était qu'une dépendance de Lhasa ; il en était encore vassal au début du VIIIe siècle, d'après le témoignage formel des Chinois. Il faut évidemment goûter le paradoxe pour croire que ce même Amçuvarman ait adopté l'ère de Harṣa Çilâditya ; j'ai dans ma Note sur la Chronologie du Népal montré les difficultés de calendrier où se heurte cette thèse ; l'impossibilité historique en apparaît ici éclatante. L'ère inaugurée par Amçuvarman ne peut pas venir de l'Inde, puisqu'il en est détaché par la politique ; elle doit avoir pour point de départ, comme je l'ai cru d'abord, l'avènement d'Amçuvarman, ou elle a son origine au Tibet et marque par son adoption même la soumission du Népal à son nouveau suzerain. Si Amçuvarman l'a fondée, il est surprenant qu'aucune des inscriptions de ce roi ne soit antérieure à l'an 30 ; au contraire, l'inscription de l'an 30 que j'ai découverte à Harigaon semble bien se rattacher aux cérémonies du sacre. Pour des raisons d'ordre astronomique que j'ai discutées ailleurs, l'an 34 de cette ère ne peut correspondre qu'à 629 J.-C. ; l'an 30 correspond alors à 625 J.-C. Les inscriptions au nom de Çivadeva comme roi et d'Amçuvarman comme maire du palais, datées dans l'ère traditionnelle des Liččhavis, descendent jusqu'à l'an 520 qui répond, d'après mes calculs, à 631 J.-C. Il faut en ce cas admettre l'existence d'une période intermédiaire où les deux ères auraient été employées parallèlement, l'autorité personnelle d'Amçuvarman n'étant pas encore reconnue par tous. Amçuvarman aurait adopté l'ère des Tibétains pour leur faire la cour, comme s'il se déclarait spontanément leur vassal. Les incursions triomphantes de Loun-tsan-so-loung-tsan, qui avaient atteint l'Inde centrale (P'o-lo-men) avaient appris par expérience au Népal quel pouvoir se formait au Nord, et les premières victoires de Srong-btsan sgam-po avaient prouvé la vitalité du nouvel empire.