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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.61

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.61

Language
French

v2.c7.61

Amçuvarman était mort vers 639-640. Le premier prince qui semble régner après lui est Jiṣṇu gupta. Il subsiste de ce prince quatre inscriptions, à Patan, à Katmandou, à Paçupati, à Thankot ; leur dispersion atteste que Jiṣṇu gupta dominait sur la vallée entière. Une seule (Bh. 9) porte une date intacte ; elle est de l'an 48, postérieure de trois ou quatre ans à la dernière du règne d'Amçuvarman (48 = 643 J.-C). L'inscription de Thankot, mutilée, laisse entrevoir le signe 500 ; les dizaines et les unités ont totalement disparu. Si ma lecture est exacte, Jiṣṇu gupta a employé parallèlement, ou bien à des époques différentes, l'ère d'Amçuvarman et l'ère des Liččhavis. Le fait serait en accord avec le récit des Vamçavalis qui mentionnent entre Amçuvarman et Narendra deva l'emploi de deux ères en concurrence. « Le roi Nanda deva, ayant appris que l'ère de Çalivâhana (la Vamçavalì brahmanique dit : de Vikrama) était en usage dans d'autres pays, l'introduisit au Népal. Mais certaines gens par reconnaissance pour Vikramâjit (Vikramâditya) qui avait payé les dettes du royaume ne voulurent pas renoncer à l'ère qu'il avait fondée ; et les deux ères se maintinrent en usage côte à côte. » L'emploi de l'ère Liććhavi s'expliquerait d'autant mieux que Jiṣṇu gupta semble affecter de se présenter comme le restaurateur et l'homme-lige de l'ancienne dynastie. Il réside à Kailâsa-kûṭa, dans le palais d'Amçuvarman, et c'est de là qu'il date ses édits ; mais il nomme tout d'abord, en tête de son protocole, un roi de la famille Liććhavi, résidant au vieux palais de Mànagṛha. Les titres qu'il confère à ce fantoche d'apparat manifestent au surplus des variations significatives. Dhruva deva, le suzerain fictif, est dans les inscriptions (Bh. 9 et 10) Bhaṭṭâraka mahârâja çri Dhruvadeva ; Mànadeva qui remplace Dhruvadèva sur l'inscription de Thankot, n'y reçoit que le titre de Bhaṭṭâraka çri Mànadeva. Les relations entre suzerain et vassal restent obscures, par la faute des pierres qui n'offrent point de lecture certaine, et par la volonté des scribes officiels qui ne se souciaient pas de préciser une situation délicate.