Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.65
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.65
- Language
- French
v2.c7.65
Viṣṇu deva, à la suite de Bhīmadeva, est identique à Bishen Gupt ; Viçva gupta deva confond dans une personnalité unique la dynastie des Guptas et Çivadeva, leur vainqueur. Le souvenir d'une usurpation a été préservé; mais l'ordre chronologique a été bouleversé. Jiṣṇu gupta serait un Aheer, un Abhīra ; il est issu d'une famille indigène qui prétendait peut-être avoir donné des rois au pays ; en fait ses ancêtres sont de rang médiocre ; son arrière-grand-père, qu'il rappelle dans l'inscription de Thankot, porte le nom de Mâna gupta gomin ; il n'ose pas même lui décerner un titre d'honneur aussi banal que le mot śrī placé devant le nom. Ce nom du reste a bien un goût de terroir ; il rappelle les désignations de Mâna deva, Mâna gṛha, qui nous ont frappés déjà par leur caractère local. Il est possible, à se fonder sur l'analogie des noms, qu'il convienne aussi de rattacher à la même famille le Ravi gupta qui paraît dans les inscriptions de Vasanta deva, au viᵉ siècle, comme grand huissier (mahâ-pratīhāra) et généralissime (sarva daṇḍa nāyaka). Aussi Jiṣṇu gupta, à défaut de titres formels, se targue-t-il d'être « arrivé au pouvoir en suite d'une lignée pure (puṇyānvayād āgatarājyasampat, Bh. 9). Cette lignée, d'après l'inscription de Thankot, est celle de Soma (Somānvayabhūṣaṇaḥ), la Race Lunaire. Les chroniques d'autre part classent la dynastie Liččhavi dans la Race Solaire (Sūryavaṃśi). A l'instar des rois les plus légitimes, il déclare que « le saint Paçupati, souverain adoré, l'a pour favori » et que « son père adoré le suit de sa pensée ». Il se contente du nom de Jiṣṇu gupta, sauf à Thankot où il y joint orgueilleusement le mot deva. Sa dévotion à Viṣṇu, indiquée par son nom, s'exprime aussi dans les symboles qui décorent ses stèles : le poisson (Patan), ou le čakra (Katmandou) entre deux conques (Thankot).