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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.80

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.80

Language
French

v2.c7.80

Le Népal de Narendra deva, tel que le représentent les documents chinois, est un pays prospère, d'une civilisation avancée. Hiouen-tsang, qui n'avait pas visité le pays et qui le décrivait sur la foi de ses informateurs hindous, s'était fait l'écho des préventions malveillantes de la plaine contre la montagne : « Un climat glacial, des mœurs empreintes de fausseté et de perfidie ; les habitants d'un naturel dur et farouche, qui ne font aucun cas de la bonne foi et de la justice, dépourvus de toutes connaissances littéraires, avec un corps laid et une figure ignoble. » Un pandit de Bénarès ne parlerait pas autrement aujourd'hui des Pahāris (les gens de la montagne). D'autre part Hiouen-tsang ne sait rien sur l'état réel du bouddhisme, ni sur le grand nombre des vihāras, que l'épigraphie vient pourtant nous attester. Au moment même où Hiouen-tsang trace de loin sur des on-dit un tableau si fâcheux du Népal, Wang Hiuen-ts'e visite le pays en personne et note ses observations. Aidés de ces documents, que le témoignage des ambassadeurs népalais à la cour de Chine (651) a permis de contrôler et de compléter, les historiens des T'ang compilent à une date tardive (xe siècle) une notice officielle sur le Népal qui se rapporte en réalité à l'époque de Narendra deva. La description, dans son ensemble, est si juste qu'elle se vérifie encore dans le Népal d'aujourd'hui : maisons de bois aux murs sculptés et peints ; goût des bains, des représentations dramatiques, de l'astrologie, du calendrier ; pratique des sacrifices sanglants. Narendra deva, tel que cette notice le représente, a le prestige et la pompe d'un souverain oriental ; toute sa personne est décorée de joyaux ; il siège sur un trône, parmi les fleurs et les parfums, entouré de nobles et de soldats. Sa dévotion se marque à l'image du Bouddha qu'il porte en breloque. Les pavillons de son palais sont ouvragés avec autant de délicatesse que de luxe ; au milieu s'élève une tour, haute de sept étages, dont la hardiesse, la grandeur et la richesse émerveillent les Chinois.