Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.s1.52
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.s1.52
- Language
- French
v2.c7.s1.52
jusqu’à 514 (1394); c’est la période même où la cour de Chine échange une série de politesses diplomatiques avec Ma-ta-na lo-mo. L’œuvre accomplie par Jaya Sthiti atteste pourtant la réalité et l’étendue de son pouvoir : digne continuateur de Harisimha, il organisa définitivement la société sur le type brahmanique ; assisté de pandits hindous, il fixa dans des cadres durables les castes et les classes (I, 229 sqq.). C’est lui aussi qui dota le Népal d’un système de poids et de mesures (I, 298). Longtemps déchiré par des guerres civiles, le royaume semble renaître sous la tutelle intelligente de ce prince. Il avait voué à Râma un culte passionné ; il lui éleva une statue, ainsi qu’à Kuça et Lava, les fils du héros. A l’occasion de la naissance de son premier fils, il fit représenter les Aventures de Râma (Bâla-Râmâyaṇa) ; pour une autre cérémonie en l’honneur de l’héritier présomptif, un poète de sa cour composa un drame consacré à Râma¹. Dans le prologue de ce drame, Jaya Sthiti reçoit le titre de Daitya-Nârâyaṇa ; une inscription de 512 (1492 J.-C.)² y substitue la variante : Asura-Nârâyaṇa. Le second fils de Jaya Sthiti, Jyotir Malla, porte dans le même prologue le titre de Bâla Nârâyaṇa ; plus tard, parvenu au pouvoir impérial, il reprend à son compte le titre paternel : Daitya Nârâyaṇa (Bhagv. Inscr. 16). Cette évocation de Nârâyaṇa peut sembler naturelle au Népal, où Viṣṇu est surtout honoré sous ce nom (I, 366) ; mais à la même époque, les appellations de ce type foisonnent à l’entour de la vallée. A Nayakot, un râja local se qualifie de Vîra Nârâyaṇa-avataṃsa (Camb. Add. 1108). Au Tirhout, les descendants de Harisimha joignent presque tous à leur nom le nom de Nârâyaṇa : Narasimha s’intitule Darpa-Nârâyaṇa ; Dhîra Simha, Hṛdaya Nârâyaṇa ; Bhairava Simha, Hari Nârâyaṇa. La petite dynastie des Simha de Champaran suit la même pratique ; Madana Simha, en 1453, s'intitule Daitya Nârâyaṇa, tout comme Jaya Sthiti lui-même. Au xviᵉ et au xviiᵉ siècle, la famille royale de Bihar est une succession continue de Nârâyaṇas : Nara-Nârâyaṇa, Lakṣmî-Nârâyaṇa, Vira-Nârâyaṇa, etc. (Bhagv. Inscr. 18). Toutes ces dynasties rayonnent autour de Harisimha ; la communauté des *birudas* marquait la communauté d'origine ; Jaya Sthiti n'a pas manqué cette occasion d'affirmer une parenté qui lui faisait honneur. Son culte à Râma s'inspirait sans doute des mêmes prétentions. En outre, Jaya Sthiti est le premier à se donner pour le protégé de la déesse Mâneçvarî¹, qui reste après lui la protectrice officielle des Mallas.
Linked texts (1)
- Bālarāmāyaṇa — Rājaśekhara, Sanskrit