Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.s3.26
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.s3.26
- Language
- French
v2.c7.s3.26
L'inscription s'ouvre par une invocation à Kâlikâ, suivie d'un vers écrit au moyen des quatorze premières sortes d'écritures. Seule la phiringî n'y a pas été employée; elle a été rejetée au bout de l'inscription, soit mépris, soit faute d'en connaître l'usage. Le pieux Pratâpa Mallâ a pu éprouver des scrupules à transcrire avec les caractères des plus vils barbares les mots sacrés d'une prière à la déesse Kâlikâ; peut-être aussi était-il fort embarrassé de les accommoder à la transcription du sanscrit; les modèles manquaient encore. Cependant les mots européens employés ne semblent pas ramassés au hasard; l'inscription est gravée en décembre-janvier; l'aspect équivoque de janvier au Népal suggérait assez naturellement les mots: « automne » et « hiver ». Les particularités de la date astronomique sont minutieusement énoncées deux fois, en sanscrit littéraire et en névar-sanscrit. « C'est en samvat 774 névar, au mois de mâgha, à la quinzaine claire, le cinq, jour de Çukra (Vénus), dans le yoga nommé Çiva, l'astérisme étant Uttarâbhâdra, que l'ornement de la race des poètes, le joyau qui couronne son chignon, le noble Pratâpa, le roi, a écrit cette phrase incomparable ». Cette phrase incomparable, je dois m'avouer incapable de la déchiffrer. Et pourtant, quelle humiliation ! « Le prince des poètes », « le diadème de la famille littéraire », « l'empereur roi des rois Pratâpa Malla » le déclare par deux fois, en langue névare, comme si le sanscrit se refusait à tant de brutalité : « Qui peut comprendre le sens de ce çloka, celui-là est un docteur ; qui n'est pas en état de l'expliquer, sa naissance est inutile ; qui ne peut le commenter, ses parents en vieilliront !... Qui comprend le sens de ces lettres, sa naissance est vraiment utile ; qui échoue n'est qu'une bête ! » J'ai radicalement échoué à déchiffrer ce grimoire, compliqué certainement par la gaucherie du scribe et coupé d'écritures inconnues. Un autre aura la gloire, et le profit, d'y lire l'indication exacte du lieu où Pratâpa Malla a enterré quatre koṭis de roupies, sous la cour de Mohan-chok, dans le darbar ; car ce grimoire de sorcier ne peut avoir trait, naturellement, qu'à un trésor caché.