Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.s3.29
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.s3.29
- Language
- French
v2.c7.s3.29
En proie à ces influences, le roi répandit une pluie d'aumônes sur toutes les confessions. Jeune homme, il avait donné dans le libertinage et ses concubines s'élevaient alors au nombre de trois mille; il alla même jusqu'à violenter une fillette toute jeune, qui en mourut. Pris d'horreur pour son crime, il se retira au temple de Paçupati et y passa trois mois à façonner de ses propres mains des lingas par myriades. Puis, en 758 (Bhagv. 19), il accomplit le rite du tulâ-dâna qui consiste à présenter en offrande une masse d'argent, de pierreries, d'or et de perles égale au poids du donateur, et il y ajouta encore un don de cent chevaux. Il fit dresser tout le long de la route entre Katmandou et Paçupati des lingas de pas en pas, et fit comme jadis sa grand' mère Gaṅgâ Râṇî rattacher par un fil le faîte du temple au palais. Pour écarter les mauvais esprits, les sorcières, les épidémies, surtout la petite vérole, toujours si redoutée, il éleva à la porte du darbar une statue de Hanumat, le singe épique. Il amena l'eau de Budha-Nilkanth à un étang dans l'intérieur du palais et prescrivit que les rois du Népal ne devraient plus jamais porter en personne leurs hommages à Budha-Nilkanth; autrement leur mort était assurée. Il creusa en l'honneur d'une Râṇî le joli bassin du Râṇî Pokhri, à l'Est de Katmandou et construisit au milieu un temple où il logea la divinité de sa famille. Vers 1670, il offrit à Svayambhû Nâtha le grand vajra qu'on voit à l'entrée du plateau sacré.