Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c7.s5.57
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c7.s5.57
- Language
- French
v2.c7.s5.57
Commencée le 1er novembre 1814, la guerre se prolongea jusqu'au 4 mars 1816. Les Gourkhas n'avaient que 12 000 hommes de troupes à opposer aux 30 000 soldats et aux 60 canons que les Anglais mirent en ligne dès l'ouverture de la campagne ; mais leurs vertus militaires, leur bravoure, leur ténacité, leur souplesse faillirent contre-balancer leur infériorité numérique, et leur résistance mérita l'estime et l'admiration de leurs vainqueurs. L'incapacité des commandants britanniques amena d'abord une série de désastres : le général Gillespie, venant de Meerut, passe les Sivalikhs, pénètre dans le Dehra Dun, et se laisse arrêter un mois par le fort de Kalanga (ou Nalapani), tenu par 600 Gourkhas sous les ordres de Bala bhadra ; le corps anglais y perd 31 officiers, 718 hommes, et son chef lui-même blessé mortellement. Quand le poste n'est plus tenable, Balabhadra se fraie une issue à la tête de 90 hommes qui lui restent encore. Le général Martindell, qui a remplacé Gillespie, mène ses troupes devant Jythak, mais il subit un grave échec ; il perd 12 officiers et 450 hommes. En février 1815 une compagnie de 200 Gourkhas met en déroute 2 000 irréguliers au service de l'Angleterre. Le général Marley, chargé de marcher sur Katmandou par Bichakoh et Hetaura, se laisse surprendre par l'ennemi qui lui tue ou lui met hors de combat 500 hommes. Le major Hearsey qui opère vers Almorah, est défait, blessé et pris. Mais le colonel Nicolls investit Almorah qui capitule, et les Gourkhas perdent le Kumaon. La tactique prudente d'Ochterlony répare tous les désastres. Opposé à Amara Simha, le père de Bhim Sen et le plus redoutable des généraux gourkhas, il le fatigue, il l'use par de petites manœuvres, le force de se retirer à Malaon, où il est réduit à capituler. Ochterlony, généreux dans la victoire, lui permet de sortir avec armes et bagages « considérant la bravoure, l'habileté, la fidélité avec lesquelles il a défendu le pays confié à ses soins ».