Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c8.116
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c8.116
- Language
- French
v2.c8.116
Ici rien de Thapatali, la maison annonce la différence des caractères. La première cour est sans doute affairée, traversée d'ordres et de sous-ordres et d'uniformes et de brahmanes, mais passé la grille de clôture, silence absolu. Plus personne ; tout juste un domestique qui sort au bruit de mon galop et m'introduit dans la salle de justice au rez-de-chaussée. C'est là que Sa Hautesse, assis sur un matelas, accoudé sur un coussin, décide les cas graves qui échappent à la compétence de la cour ou du Commandant en chef. Un tigre monstrueux, abattu par le Mahârâja dans le Téraï et fort habilement empaillé, est chargé peut-être de symboliser la Justice. D'un pas discret, qui ne sonne même pas sur les dalles, suivi seulement d'un général, Sa Hautesse entre ; plutôt petit, mince, le front soucieux, l'air intelligent ; il porte aussi une sorte de robe de chambre. Salutations, puis sans aucun appareil, du même pas discret, cortège assez morne, nous montons au salon du premier, une galerie énorme meublée à l'anglaise et toute jonchée de peaux de tigres. C'est le leitmotiv ici. Il ne comprend pas l'intérêt que présente le Népal ; je le lui explique : je suis venu chercher les inscriptions et les restes du bouddhisme ; le Népal est le trait d'union entre les deux mondes de la pensée orientale, il nous garde peut-être encore en réserve les trésors de la littérature sanscrite. La pensée de l'Inde appartient à l'humanité comme un commun trésor. Conclusion : il faudrait sortir du sol le pilier de Changu Narayan, estamper l'inscription de Narendra deva si elle est à Bhatgaon, et inviter les vihâras à ouvrir leurs trésors. En finissant le Mahârâja m'invite à assister demain à la grande revue de la Çivarâtri.