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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c8.118

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c8.118

Language
French

v2.c8.118

Lundi 21 février. — Hier pour la première fois j’ai pu rentrer seul à la résidence. J’avais quitté la maison dès le matin pour aller à Thankot ; à cinq heures de l’après-midi, je n’avais encore ni bu ni mangé, aussi avec le consentement formel du mukhya, laissant là mon escorte, j’ai piqué des deux et suis parti en avant. Sur la route comme en ville, la foule compacte s’écartait avec bienveillance sans m’obliger à un seul appel de voix ; j’ai traversé le marché, suivi le bazar sans difficulté, ces braves gens chassaient même les buffles ou les taureaux trop voisins pour ma sécurité. La journée a été très bonne : je n’ai pas relevé moins de six stèles anciennes : deux malheureusement sont indéchiffrables, tant la pierre s’est écaillée, mais quatre sont bonnes et trois importantes. J’en ai trouvé deux à Thankot et quatre dans un petit village nommé Kisipiḍi. Thankot est à l’extrémité occidentale de la vallée, au pied de la montée à pic qui conduit à la passe de Chandragiri et qui fait communiquer le Népal avec l’Inde, à 16 kilomètres de Katmandou. Thankot a connu des jours plus florissants ; il a eu son darbar dont il ne reste rien. Le seul temple, en l’honneur de Mahâ Lakṣmî, est insignifiant ; les cornes des buffles sacrifiés le tapissent au dedans et au dehors. Dressée contre une maison particulière, séparée par la chaussée d’un groupe de petits čaityas en briques et plâtre tombant en ruines, j’ai trouvé une stèle en bon état de préservation ; au N. de ces čaityas, dans un vieux hithi abandonné, j’ai trouvé une autre stèle de la même époque, mais qui montre seulement des traces de caractères. De Thankot j’ai longé la base du Chandragiri pour visiter Mâtâ tîrtha, à un mille environ S.-E. de Thankot ; la Vamçâvalî place dans le voisinage de Mâtâtîrtha, la capitale des rois bergers, les Guptas consacrés par Ne Muni. Mâtâ tîrtha est un enclos rectangulaire qu’entoure la forêt. Au pied de une terrasse qui porte un petit sanctuaire, cinq ou six gouttières de pierre versent l’eau des sources voisines ; mais une seule d’entre elles a le titre et la valeur de tîrtha ; l’eau qui s’en échappe, admirablement limpide, remplit un bassin rectangulaire. C’est là qu’on va rendre hommage aux mânes d’une mère décédée. Une stèle de la fin du xviiᵉ siècle, et c’est tout. Le sentier qui de Mâtâtîrtha rejoint la route de Katmandu traverse le village de Kisipiḍi, à 500 mètres N. environ du tîrtha.