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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v2.c8.52

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v2.c8.52

Language
French

v2.c8.52

Ma première visite a naturellement été pour le pandit Kulamàna qu'Indrânanda m'avait signalé comme la gloire de la science bouddhique. Oh ! le royaume des aveugles. Le brave Kulamâna m'attendait en grande tenue, chemise jaune avec une sorte de pardessus noir ; on avait étalé des tapis sur le sol de la cour, à côté d'un čaitya, et là la conversation s'est engagée. Il m'a fallu avaler d'abord la lecture d'un Çàkyasimha stotra composé par Indra avec le commentaire du pandit, puis un Triratna stotra avec sa glose. J'ai repris les mêmes textes, lui ai donné un commentaire de ma façon et du coup me voilà passé grand savant. Le terrain ainsi préparé, je le prie de m'exhiber ses manuscrits. Il m'apporte un Gaṇḍavyûha, un Bodhičaryâvatâra, une Pañčarakṣâ. Je lui déclare que nous autres en Europe nous connaissons cela sur le bout des ongles ; il me faut du nouveau, de l'inédit, de l'imprévu. Je lui révèle — il ne s'en doutait pas ! — tout ce que la littérature bouddhique a produit, et perdu, et il me donne l'assurance formelle qu'il se mettra à la recherche et m'apportera ce qu'il trouvera. Il m'accompagne ensuite au Hiraṇyavarṇa Vihâra, le plus considérable de Patan. Mais ici, portes closes; malgré le pandit, je me heurte à un refus formel, et le bon pandit, un peu vexé, m'explique alors que les Bouddhistes ne sont pas les maîtres, ils partagent le vihâra avec des Çaivas qui sont intraitables. Mitrânanda, le mukhya et le cipaye vont alors prendre les estampages des stèles à l'intérieur. Rien que des Mallas ! Ces misérables cachent leurs antiquités. Je prends en cours de route l'inscription gravée sur le trône royal et qui date de Narendra malla ; je relève sur un des temples de la place du Darbar une inscription de Siddhi Narendra simha, 757 (n° 17 de Bhagvanlal). Mitrânanda me désigne sur la place au Sud du Darbar un petit çaitya en briques, revêtu de stuc, et qui passe pour un monument d'Açoka; mais j'ai beau remuer et retourner les débris alentour, rien, rien. Enfin au coin d'une rue je vois une stèle qui passe la tête par-dessus les briques de la chaussée et où je crois distinguer des lettres archaïques. A l'œuvre ! nous défonçons, arrachons, creusons un trou de cinquante centimètres sans nul respect des Ponts et Chaussées, et je me trouve en face de l'inscription n° 3 de Bendall, maintenant enfouie.

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