Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s12.4
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s12.4
- Language
- French
v3.c10.s12.4
L'inscription consiste dans une charte de franchise octroyée par Çivadeva aux habitants de Kurpāsī ; c'est clairement le village actuel de Khopasi, où se trouve cette stèle, et dont le nom s'est à peine altéré après un espace de treize siècles. L'entrée du village est interdite aux représentants de l'autorité centrale ; les affaires locales seront jugées par le *svatalasvāmin*, personnage de nature énigmatique. L'expression *svatala* revient à plusieurs reprises dans l'épigraphie de Valabhī : *Valabhisvatala*, dans une charte de Çilāditya I, an 286 ; *Vaṭapadrasvatala sanniviṣṭa*, dans une charte du même roi, an 290 ; *Valabhisvatalasanniviṣṭa Trisangamakasvatale pratiṣṭhita*, dans des chartes de Dhruvasena, an 310. L'expression appartient à la langue administrative, et semble bien désigner le territoire communal. Mais qu'est-ce que le *svāmin*, le propriétaire de ce terrain communal? Est-ce une sorte de seigneur local? Les clauses et restrictions sont plus obscures encore : « En toutes affaires, il n'y a pour vous qu'une porte, et de plus, lors des deux processions de l'ouverture de la porte et du Kailâsakûṭa, vous devrez donner chacun cinquante mṛttikâs naturellement blanches ». Je suis tenté de croire que le village, pour mieux assurer son autonomie, est autorisé à s'enfermer dans un enclos percé d'une seule porte (comme on le voit encore dans les régions écartées du Katliawar, par exemple). La mention des deux yâtrâs est intéressante pour l'histoire religieuse du Népal; l'inscription d'Amçuvarman, an 30, à Harigaon semble bien aussi en mentionner une (l. 19) mais le texte est douteux. Une des yâtrâs est celle du Kailâsakûṭa, la résidence d'Amçuvarman qui doit devenir le palais de la dynastie nouvelle après la mort de Çivadeva. J'ignore aussi ce qu'il faut entendre par « cinquante mṛttikâs ». Le mot mṛttikâ désigne l'argile ; les composés pāṇḍumṛttikā, dhavalamṛttikā désignent la craie (P. ex. Râmâyaṇa II, 71, 20; Ayodhyā dṛṣyate dūrāt sārathe pāṇḍumṛttikā, où le commentaire glose : sudhādhavalatvāt; les maisons stuquées lui donnent l'air d'être en craie). Le chiffre de cinquante s'appliquerait alors à une mesure qui n'est pas spécifiée ou s'agit-il d'objets en terre blanche?