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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s18.3

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s18.3

Language
French

v3.c10.s18.3

appartiennent à des confréries religieuses, *pâñcâlî* et *goṣṭhî*. Nous ne savons pas ce qui distinguait l'une de l'autre. Le terme de *pâñcâlî* ne se retrouve pas, à ma connaissance, en dehors de l'épigraphie népalaise. Déjà Bhagvanlal (note 26 sur son incrip. 8) a rapproché le mot du Pâñcakulika méridional et du Pâñch moderne ; il a indiqué aussi que les biens des temples sont présentement encore administrés au Népal par des comités nommés *guṭṭhî* (= *goṣṭhî*). Le village de Loprim a une *pâñcâlî* et une *goṣṭhî* ; la *pâñcâlî* possède un jardin (9) dans le voisinage de Dolâçikhara, c'est-à-dire de Changu Narayan (cf. stèle de Harigaon, an 32, l. 7), et au Nord-Ouest de ce terrain, à quelque distance, un champ (10). La *goṣṭhî* de Loprim, qui semble porter le nom d'Indragoṣṭhî, possède un peu plus loin au Nord, un champ (12). La limite du terrain concédé par l'inscription de l'an 143 (Bhag. 13) rencontre aussi les biens de la *goṣṭhî* de Loprim (*Lopringrâmagauṣṭhikakṣetram*, l. 19, et *Lopri... takṣetram*, l. 24). Le peu que nous savons des *goṣṭhîs* par d'autres documents ne nous permet guère de reconnaître ce qui les distingue des *pâñcâlîs*. L'inscription de Pehoa, de l'an 882 J.-C., qui institue une fondation religieuse, en confie la gestion à des *goṣṭhikas*, à qui incombe le soin de recueillir les fonds et de les répartir (BÜHLER, *Ep. Ind.*, I, 186) ; une autre inscription, datée du règne de Bhojadeva de Kanauj, comme celle de Pehoa, et antérieure de vingt ans (862 J.-C.), mentionne un *goṣṭhika* (Deogaḍh Pillar ; KIELHORN, *Ep. Ind.*, IV, 309). De même une charte Câlukya de 1207 J.-C. (HULTZSCH, *Ind. Ant.*, XI, 338). Il n'est pas sans intérêt d'observer que la *goṣṭhî* du temple de Nârâyaṇa (l. 11) porte un numéro d'ordre : « la dixième *goṣṭhî* » (*daçamîgoṣṭhî*). L'inscription de Nangsal, qui mentionne aussi plusieurs biens de *goṣṭhî* dans un passage très mutilé, a préservé du moins le nom de « la septième *goṣṭhî* » (*saptamîgoṣṭhibhûmer*, l. 48). Le cas de « la *goṣṭhî* du temple de Nârâyaṇa » (*Nârâyaṇadevakuladaçamîgoṣṭhî*, l. 11), de la goṣṭhî d’Indra (*Lopriṃgrâmendragoṣṭhî*, l. 12), peut-être aussi de la [*Cam*]karagoṣṭhî (Nangsal, 48) donne lieu de supposer que les goṣṭhîs étaient plutôt de culte brahmanique et les pâñcâlîs de culte bouddhique; mais l’hypothèse est encore très hasardeuse.