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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s19.121

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s19.121

Language
French

v3.c10.s19.121

Si c'est réellement avec Çivadeva II que les vers traditionnels sur les donations paraissent pour la première fois dans les chartes népalaises, il est permis de rechercher l'origine de cette innovation. Le type de la donation royale au Népal est arrêté dès les plus anciens documents ; il transparaît dès le fragment daté de Vasantadeva, saṃvat 435 (Bhag. 3) et se montre clairement identique dans toute la suite : 1° lieu d'origine ; 2° panégyrique du roi ; 3° indication des destinataires ; 4° message direct du roi « bien portant » aux destinataires ; 5° indication des bénéficiaires et clauses ; 6° recommandations et imprécations pour l'avenir ; 7° désignation du mandataire royal ; 8° date. C'est le type ordinaire de la donation dans l'Inde (cf. spécialement : Burnell, South-Indian Palæography, chap. vi) telle qu'on la devine déjà dans le texte fragmentaire du pilier de Bihar, sous le règne de Skandagupta, entre 136 et 146 Gupta (455- 465 J.-C.), telle qu'elle se montre dans les plaques de Viṣṇugopavarman le Pallava, vers le ve siècle ?, et surtout dans les donations du Parivrājaka Hastin, et chez les seigneurs d'Uccakalpa, tout particulièrement enfin chez Lakṣmaṇa de Jayapura en 158 (Gupta ? = 477 J.-C.). La charte de ce prince coïncide pour ainsi dire exactement avec le protocole du Népal, sauf qu'il insère à la manière hindoue des vers traditionnels avant l'indication du mandataire. C'est donc aux chancelleries du Gange moyen, soit aux Guptas directement, soit à leurs vassaux que les Licchavis du Népal semblent avoir emprunté leur protocole ; le fait est d'accord avec les vraisemblances historiques et aussi avec la tradition qui fait venir de Pāṭaliputra l'ancêtre des Licchavis. Çivadeva II renoue et resserre les liens de la dynastie népalaise avec l'Inde gangétique ; il épouse la petite-fille d'un empereur du Magadha, la fille d'un noble Maukhari, et cette alliance de haute lignée introduit sans doute au Népal une nouvelle poussée de culture sanscrite ; les « bureaux » s'enrichissent d'Hindous de la plaine, et leur activité se révèle aussitôt par l'emploi des vers usuels, qui réduit le protocole local au type commun de l'Inde.