Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s19: XIX. — Inscription de Timi
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s19
- Language
- French
XIX. — Inscription de Timi
v3.c10.s19.1
Timi est une bourgade située entre Katmandou et Bhatgaon. La stèle qui porte cette inscription se trouve dans une vieille fosse à ablutions (hithi). (Cf. vol. II, p. 376).
v3.c10.s19.2
La partie supérieure de l'inscription a presque entièrement disparu ; il n'en subsiste que quelques caractères. Les neuf dernières lignes seules offrent un texte à peu près continu. La largeur est d'environ 0m,40 ; la hauteur moyenne des lettres est d'environ 0m,01 et les interlignes de 0m,02. Les caractères de la dernière ligne sont, comme il arrive souvent, largement espacés.
v3.c10.s19.3
Le chiffre des années, à la fin de l'avant-dernière ligne, est effacé. Il subsiste à peine une trace du symbole qui figure 100. Mais il n'en est pas moins certain que l'inscription date de Çivadeva II. Les caractères sont exactement identiques à ceux des inscriptions de ce roi recueillies et publiées par Bhagvanlal, et spécialement au nº 12, daté de samvat 119. La coïncidence du tracé est si parfaite qu'elle dispense de toute démonstration. Je me contenterai de signaler à la ligne 7 l'apparition du ya renflé, à deux jambes, immédiatement à côté du ya usuel à trois jambes, dans la formule kuyu kārayeyu(r vā). La forme fautive kuyu pour kuryuḥ provient peut-être de l'embarras du graveur qui ne reconnaissait pas le mot sous cet aspect nouveau. Mais plus expressif encore que le tracé des caractères est le formulaire de l’inscription, spécialement la citation de deux vers à l’appui des recommandations et des imprécations finales :
v3.c10.s19.4
pūrvadattāṃ dvijātibhyo yatnād rakṣa Yudhiṣṭhira |
mahīṃ mahībhujāṃ śreṣṭha dānāc chreyo ’nupālanaṃ ||
v3.c10.s19.5
et
v3.c10.s19.6
ṣaṣṭiṃ varṣasahasrāṇi svarge modati bhūmidaḥ |
ākṣeptā cānumantā ca tāvanti narake vaset ||
v3.c10.s19.7
Ces vers, à ma connaissance, apparaissent pour la première fois dans l’épigraphie népalaise avec Çivadeva II. Ils se lisent à la fin de l’inscription de saṃvat 119 (Bh. 12) aux lignes 20-22 et ils y sont introduits, comme dans le texte de Timi, par la formule : tathā coktam. Mais l’usage en est fréquent, avant l’époque de Çivadeva même, dans le protocole de l’Inde. Le premier vers se présente dans deux recensions ; l’une, celle qu’emploie Çivadeva, se trouve pour la première fois dans une charte du roi Hastin datée de 156 Gupta (475 J.-C.), originaire de la région de Bundelkhand, ou plus tôt encore, dans une charte de la même région, octroyée par le roi Çarvanātha, si la date de 214 est à interpréter (avec Kielhorn) comme exprimée en ère de Cedi (249 + 214 = 463 J.-C.). Elle se retrouve au pays de Valabhī, en 253 Gupta (572 J.-C.) dans une charte de Dharasena II ; au pays d’Ānandapura, voisin de Valabhī, en 361 Cedi (600 J.-C.) dans une charte de Buddharāja, au Dekkan, dans une charte du Calukya Pulakeçin II (Chiplun plates), qui règne pendant la première moitié du VIIe siècle ; aux bouches de la Godavari dans une charte du frère même de Pulakeçin II, le Calukya oriental Viṣṇuvardhana I (Satara plates).
v3.c10.s19.8
L’autre recension lit le premier pāda différemment :
v3.c10.s19.9
svadattāṃ paradattāṃ vā yatnād rakṣa Yudhiṣṭhira |
v3.c10.s19.10
Les deux recensions coexistent manifestement dans les mêmes chancelleries. Sous la forme *svadattām*, etc., le vers paraît également dans des chartes du roi Çarvanâtha d'Ucakalpa, datées de 193 et 197 (Cedi ? en ce cas = 442 et 446 J.-C.) et avant lui, dans les chartes de son père Jayanâtha, de 174 et 177 (= 423 et 426 J.-C. ?), un peu plus tard, dans la même région, Mahâjayarâja et Mahâsudevarâja (de Çarabhapura, Central Provinces), et plus tard encore Mahâçiva Tîvararâja (de Çripura, Central Provinces) l'emploient à leur tour. Pulakeçin II s'en sert dans sa charte de Haidarabad.
v3.c10.s19.11
J'observe que la rédaction adoptée par Çivadeva introduit une nouvelle variante. Au 3e pâda, le mot *mahîbhujām* est substitué au terme consacré *mahîmatām*. Est-ce par scrupule de puriste ? En fait, ce mot *mahîmat* garanti par tant de textes épigraphiques semble étranger à la littérature, car il ne figure pas dans le *Dictionnaire de Pétersbourg* ni dans ses suppléments.
v3.c10.s19.12
Le second vers : *ṣaṣṭim varṣasahasrāṇi* n'est pas moins usuel que le premier. Il ne comporte qu'un flottement dans sa rédaction : au commencement du 3e pâda, les uns écrivent, comme Çivadeva, « *ākṣeptā* » ; les autres, « *āchettā* ». Mais, ici encore, les deux formes coexistent dans la même série de documents. Hastin écrit *āchettā* dans sa charte de 156 Gupta (475 J.-C.) et dans celle de 163 (482 J.-C.) ; il écrit *ākṣeptā* dans sa charte de 191 (510 J.-C.). Le vers paraît dès Jayanâtha et Çarvanâtha (*āchettā*) ; il figure régulièrement dans l'épigraphie de Valabhî (*āchettā*) ; il est cité par Mahâjayarâja, Mahâsudevarâja (*āchettā*), Mahâçiva Tîvararâja (*ākṣeptā*), par Pravarasena le Vâkâṭaka, et, au Penjab (viie siècle ?), par Samudrasena, par Lakṣmaṇa de Jayapura (158 Gupta ? = 477 J.-C. ?), par le Gurjara de Broach Dadda II, par Buddharâja, par le Traikûṭaka Dahrasena (207 Cedi = 456 J.-C.), par les Calukyas Mañ- galeça et Pulakeçin II (tous : āchettā), par le Calukya oriental Viṣṇuvardhana I (qui emploie āchettā dans le Satara grant, ākṣeptā dans le Chipurupalle grant), par Çaçaṅkarâja du Bengale en 300 Gupta = 619 J.-C. (ākṣeptā), en Orissa par les Somavamçis Mahâ Bhavagupta I et II et Mahâ Çivagupta (ākṣeptā).
v3.c10.s19.13
Çivadeva II ne cite que ces deux vers ; mais l’épigraphie de l’Inde nous fait connaître un grand nombre de vers traditionnels qui ont tous pour commun objet de garantir à la donation, par promesse ou par menace, son plein objet à perpétuité. On m’excusera d’en donner ici un relevé aussi complet que j’ai pu le faire. Les groupements dynastiques ainsi constitués peuvent fournir un élément de classification qui n’est pas à dédaigner ; il est difficile, ou trop commode peut-être, de croire que chaque chancellerie royale prenait au hasard dans la masse des vers en circulation ; les relations politiques, les modes littéraires devaient influer sur le protocole. Une étude parallèle de tous les éléments qui le composent, titulature, vocabulaire, style, etc., laisserait un résidu précieux de données positives au service de l’histoire. Je disposerai ici la série des vers dans l’ordre alphabétique :
v3.c10.s19.14
*Agner apatyam prathamam suvarṇam*
*bhūr vaiṣṇavī sūryasutāç ca gāvaḥ*
*dattās trayas tena bhavanti lokāḥ*
*yaḥ kāñcanam gām ca mahīm ca dadyāt.*
v3.c10.s19.15
Mahâjayarâja, Mahâsudevarâja, Mahâçiva Tîvararâja, Somavamçis d’Orissa.
v3.c10.s19.16
*adbhir dattam tribhir bhuktam saḍbhiç ca paripālitam*
*etāni na nivartante pūrvarājakṛtāni ca*
v3.c10.s19.17
Kadamba Kṛṣṇavarman II ; Kadamba Ravivarman.
v3.c10.s19.18
3. *apānīyeṣv araṇyeṣu çuṣkakoṭaravāsinaḥ* *kṛṣṇāhayo 'bhijāyante pūrvadāyaṃ haranti ye.*
v3.c10.s19.19
Ce vers comporte de nombreuses variantes ; la plus fréquente présente au premier pâda : *Vindhyāṭavīṣv*... (v. inf., 20). Sous la forme que j'ai transcrite, le vers se rencontre chez Hastin (191 Gupta = 210 J.-C.). Çarvanâtha (214 Cedi ?) a au troisième pâda *hi* au lieu de *'bhi*. Les inscriptions de Valabhî portent : *anudakeṣv araṇyeṣu*...
v3.c10.s19.20
4. *Ādityo Varuṇo Viṣṇur Brahmā Somo Hutāçanaḥ* *Çulapāṇiç ca bhagavān abhinandanti bhūmidam.*
v3.c10.s19.21
Somavamçis d'Orissa.
v3.c10.s19.22
5. *āsphoṭayanti pitaraḥ pravalganti pitāmahāḥ* *bhūmido 'smatkule jātaḥ sa nas trātā bhaviṣyati.*
v3.c10.s19.23
Jayanâtha (174 Cedi ?) ; Somavamçis d'Orissa (avec var. : *bhūmidātā kule*...)
v3.c10.s19.24
6. *iti kamaladalāmbuvindulolāṃ* *çriyaṃ anucintya manuṣyajīvitaṃ ca* *sakalam idam udāhṛtaṃ ca buddhvā* *na hi puruṣaiḥ parakīrtayo vilopyāḥ.*
v3.c10.s19.25
Somavamçis d'Orissa.
v3.c10.s19.26
7. *taḍāgānāṃ sahasrāṇi vājapeyaçatāni ca* *gavāṃ koṭipradānena bhūmihartā na çudhyati*
v3.c10.s19.27
Somavamçis d'Orissa.
v3.c10.s19.28
8. *tādṛk puṇyaṃ na dadatāṃ jāyate no dharābhujām* *bhuvam anyapratiṣṭhāṃ tu yādṛg bhavati rakṣatām.*
v3.c10.s19.29
Calukya or¹ Viṣṇuvardhana I (Satara grant).
v3.c10.s19.30
8bis *dattāni yānīha purā narendrair.*
v3.c10.s19.31
Voir infra, 17.
v3.c10.s19.32
9. *pūrvadattāṃ dvijātibhyo.*
v3.c10.s19.33
Voir *supra* p. 120.
v3.c10.s19.34
9*bis* *pūrvaiḥ pūrvataraiç caiva dattāṃ bhūmiṃ haret tu yaḥ* *sa nityavyasane magno narake ca vaset punaḥ.*
v3.c10.s19.35
Kumâraviṣṇu le Pallava.
v3.c10.s19.36
10. *prāyeṇa hi narendrāṇāṃ vidyate nāçubhā gatiḥ* *pūyante te tu satataṃ prayacchanto vasundharām.*
v3.c10.s19.37
Jayanâtha (174, 177) ; Çarvanâtha (193, 197, 214).
v3.c10.s19.38
11. *bahubhir vasudhā dattā rājabhiḥ Sagarādibhiḥ* *yasya yasya yadā bhūmis tasya tasya tadā phalam.*
v3.c10.s19.39
C'est ici le vers le plus employé; il se rencontre, dans l'épigraphie même du Népal, à la fin d'une inscription de Çivadeva datée saṃvat 142 (?; Bhag. 13). Il figure dans presque toute l'épigraphie de l'Inde, parfois avec *bhuktā* substitué à *dattā* dans le premier pâda. Hastin (156 Gup.); Jayanâtha (174, 177); Çarvanâtha (193, 197, 214); les rois de Valabhî; Mahâjayarâja; Mahâsudevarâja; Samudrasena; Lakṣmaṇa; Dadda II; Çaçâṅkarâja; les Somavamçis d'Orissa; le Pallava Siṃhavarman; les Kadambas Çivamândhātṛvarman, Kṛṣṇavarman II, Kakutshavarman, Ravivarman, Harivarman; les Calukyas Maṅgaleça, Pulakeçin II, Vikramâditya I (Karnul grant); le Calukya or Viṣṇuvardhana I (Satara grant) qui emploie en outre dans une autre charte (Chipurupalle) la variante (également employée par le Pallava Kumâraviṣṇu) :
v3.c10.s19.40
*bahubhir vasudhā dattā bahubhiç cānupālitā.*
v3.c10.s19.41
12. *brahmasve mā matiṃ kuryāḥ prāṇaiḥ kaṇṭhagatair api* *agnidagdhāni rohanti brahmadaghaṃ na rohati*
v3.c10.s19.42
Viṣṇuvardhana I (Satara).
v3.c10.s19.43
13. *bhūmiṃ yaḥ pratigṛhṇāti yaç ca bhūmiṃ prayacchati* *ubhau tau puṇyakarmāṇau niyataṃ svargagāminau.*
v3.c10.s19.44
Somavaṃçis d’Orissa.
v3.c10.s19.45
14. *bhūmidānāt paraṃ dānaṃ na bhūtaṃ na bhaviṣyati* *tasyaiva haraṇāpāpān (haraṇāt pāpan K.) na bhūtaṃ na* *bhaviṣyati*
v3.c10.s19.46
Viṣṇugopavarman, Siṃhavarman, Kumâraviṣṇu, tous trois Pallavas.
v3.c10.s19.47
15. *bhūmipradānān na paraṃ pradānaṃ* *dānād viçiṣṭaṃ paripālanaṃ ça* *sarve ’tisṛṣṭāṃ paripālya bhūmiṃ* *nṛpā Nṛgādyās tridivaṃ prapannāḥ*
v3.c10.s19.48
Saṃkṣobha (209 Gupta).
v3.c10.s19.49
16. *mā bhūd aphalaçaṅkā vaḥ paradatteti pārthivāḥ* *svadānāt phalam ānantyaṃ paradānānupālane.*
v3.c10.s19.50
Somavaṃçis d’Orissa; Çaçâṅkarâja (var. *mā bhūta ph°*).
v3.c10.s19.51
17. *yānīha dāridryabhayān narendrair* *dhanāni dharmāyatanīkṛtāni* *nirmālyavāntapratimāni tāni* *ko nāma sādhuḥ punar ādadīta.*
v3.c10.s19.52
Rois de Valabhî, avec diverses variantes; Çilâditya II (352) : *yānīha dattāni purā narendrair*. . . Çilâditya VI (447) : *nirbhuktamālyaprati°*; aussi Dadda II (385 Cedi) et Buddharâja (361 Cedi) tous deux avec la variante : *dhanāni dharmārthayaçaskarāṇi*; et Pulakeçin II qui adopte cette dernière rédaction, mais qui, au troisième pâda, hésite entre *nirmālyavāntaprati°* (Haidarabad) et *nirbhuktamālya-prati°* (Chiplun).
v3.c10.s19.53
18. *ye prāktanāvanibhujāṃ jagatīhitānāṃ* *dharmyāṃ sthitiṃ sthilikṛtām anupālayeyur* *lakṣmyā sametya suciraṃ nijabhāryayaiva* *pretyāpi vāsavasamā divi te vaseyuḥ.*
v3.c10.s19.54
Ce vers ne paraît que dans une inscription du Népal, datée de 145 saṃvat (Bhag. 14), et presque certainement de Çivadeva. Au reste, le roi lui-même semble être l'auteur de ce vers, qui est introduit par la formule *yathā cāha* « Aussi bien, comme il (le roi) l'a dit lui-même :... »
v3.c10.s19.55
18*bis* *ye çitāṃçukaravādatacaritāḥ samyakprajāpālane* *āji-ḥ prathanāvanīçvarakṛtām rakṣanti dharmyāṃ* *sthitim* *--jnā vijitāricakrarucirāṃ sambhujya rājyaçriyam* *nāke çakrasamānamānavibhavās tiṣṭhanti dhanyāḥ sthi-ram*
v3.c10.s19.56
Inscription anonyme de Nangsal.
v3.c10.s19.57
19. *lakṣmīniketanaṃ yadapāçrayeṇa* *prāpto 'si :- ko 'bhimataṃ nṛpārtham* *tāny eva puṇyāni vivardhayethā* *na hāpanīyo hy upakāripakṣaḥ.*
v3.c10.s19.58
Guhasena (240 Gup.) et Dharasena II (269 Gup.) de Valabhī.
v3.c10.s19.59
20. *Vindhyāṭavīṣv atoyāsu çuṣkakoṭaravāsinaḥ* *kṛṣṇāhayo hi jāyante bhūmidāyaharā narāḥ.*
v3.c10.s19.60
Variante très répandue du vers sup. n° 3. Cette rédaction même, qui se rencontre chez Dharasena II (252 Gup.) et Dadda II (385 Cedi), comporte aussi des variantes secondaires, au quatrième pâda : *bhūmidānaṃ haranti ye*, Pulakeçin II (Haidarabad) ; *bhūmidāyaṃ haranti ye*, Çilāditya VI (447 Gup.), Buddharāja (361 Cedi) ; *bhūmidānāpahariṇaḥ*, Viṣṇuvardhaṇa I (Satara).
v3.c10.s19.61
21. *ṣaṣṭi(m) varṣasahasrāṇi.*
v3.c10.s19.62
*V. sup. p. 120-122.*
v3.c10.s19.63
21*bis* *sarvasasyasamṛddhāṃ tu yo hareta vasundharām.*
v3.c10.s19.64
Variante de 24, *infra*.
v3.c10.s19.65
22. *sāmānyo 'yaṃ dharmasetur nṛpāṇāṃ* *kāle kāle pālanīyo bhavadbhiḥ* *sarvān etān bhāvinaḥ pārthivendrān* *bhūyo bhūyo yācate Rāmacandraḥ*
v3.c10.s19.66
Somavaṃcis d'Orissa.
v3.c10.s19.67
23. *svadattāṃ paradattāṃ vā yatnād rakṣa Yudhiṣṭhira.*
v3.c10.s19.68
Variante du vers 9, *sup.*
v3.c10.s19.69
24. *svadattāṃ paradattāṃ vā yo hareta vasundharām* *sa viṣṭhāyāṃ kṛmir bhūtvā pitṛbhiḥ saha pacyate.*
v3.c10.s19.70
Ce vers, très populaire, comporte un nombre considérable de variantes. Hastin (163 Gup.), Çaçâṅkarâja, les Somavaṃcis d'Orissa le citent sous la forme que je viens de transcrire ; mais en 191 Gup., Hastin écrit : *saha majjate*; Lakṣmaṇa, en 158 : *saha majjati*; Çarvanâtha qui adopte la même recension que Lakṣmaṇa en 214 (mais var. *çvaviṣṭhāyāṃ*), suit dans ses chartes de 193 et 197 l'autre lecture : *sarvasasyasamṛddhāṃ tu yo* (sup. 21*bis*); avant lui, Jayanâtha l'emploie également en 174 et 177. Pulakeçin II (Chiplun) suit la première rédaction, avec la variante *çvaviṣṭhāyāṃ*. Le premier hémistiche entre dans des combinaisons diverses, chez Dharasena II (252 Gup.) et chez Kumâraviṣṇu le Pallava :
v3.c10.s19.71
*gavāṃ çatasahasrasya hantuḥ prāpnoti (pibati Kum.) kilbiṣam*
v3.c10.s19.72
et chez le Vâkâṭaka Pravarasena (var. : *harati, duṣkṛtam*), chez les Pallavas Viṣṇugopavarman et Siṃhavarman (var. : *pibati*). Ou encore :
v3.c10.s19.73
ṣaṣṭivarṣasahasrāṇi viṣṭhāyāṃ jāyate kṛmiḥ
v3.c10.s19.74
chez Samudrasena, Maṅgaleça (Nerur), Vikramâditya I (Karnul), avec variantes au dernier pâda : *narake pacyate tu saḥ*, chez les Kadambas Çivamândhātṛvarman, Harivarman, Kakutsthavarman ; *narake pacyate bhṛçam*, chez le Kadamba Ravivarman ; *ghore tamasi pacyate*, chez le Kadamba Kṛṣṇavarman II : *kumbhīpāke tu pacyate*, chez le Kadamba Mṛgeçavarman, *kumbhīpākeṣu* chez Viṣṇuvardhana I.
v3.c10.s19.75
svam dātuṃ sumahac chakyam duḥkham anyārthapālanaṃ
dānaṃ vā pālanaṃ veti dānāc chreyo 'nupālanaṃ
v3.c10.s19.76
Kadambas Kṛṣṇavarman II et Mṛgeçavarman ; Calukya Maṅgaleça (Nerur). Le dernier pâda est commun avec le vers 9 : *pūrvadattāṃ dvijātibhyo*...
v3.c10.s19.77
harate harayate yas tu mandabuddhis tamovṛtaḥ
sa baddho Vāruṇaiḥ pāçais tiryagyonim ca gacchati.
v3.c10.s19.78
Somavamçis d'Orissa.
v3.c10.s19.79
Par un contraste qui ne va pas sans raisons positives, l'épigraphie de l'Indo-Chine ignore l'usage des stances consacrées. La plupart des chartes de donation en contiennent bien l'équivalent, mais sous une forme qui change de document à document. Chaque poète de bureau tourne à sa manière les recommandations et les imprécations régulières. On est tenté de penser que dans l'Inde ces stances consacrées prenaient un caractère sacré, reconnu de tous, et assuraient réellement, par une évocation salutaire, le respect de la donation, tandis qu'en Indo-Chine, où le sanscrit était une langue étrangère, profondément séparée des idiomes courants, ni ces stances, ni les noms qui les couvraient n'avaient d'utilité pratique. Je n'y ai rencontré, et une fois seulement, que le vers 24 : *svadattām parad*, et sous la forme même où il paraît chez Pulakeçin II (Chiplun), dans une inscription contemporaine de ce roi, datée de 550 çaka (= 629 J.-C.). C'est l'inscription d'Ang Chumnik, dans BARTH, *Inscriptions du Cambodge*, p. 56, B. ix, v. 4. Encore n'est-ce pas une charte royale, mais un acte privé, une donation à un Çivalinga par Âcârya Vidyâvinaya.
v3.c10.s19.80
Comparée aux documents analogues, l'inscription de Çivadeva (et aussi celle du Cambodge) présente ce caractère particulier d'être tracée sur la pierre. De tous les textes que je viens de citer à propos des vers imprécatoires, l'inscription de Mangaleça au Mahâkûta de Badami est la seule qui ne soit pas écrite sur des plaques de cuivre ; encore le pilier qui la porte offre cette étrangeté que le texte se lit de bas en haut, à l'inverse du sens ordinaire. Le Népal (comme les royaumes hindous de l'Indo-Chine), en empruntant à l'Inde le formulaire des donations, a changé la matière des actes. On ne saurait mettre en cause l'habileté des artisans népalais ; les relations chinoises montrent qu'à cette époque même leur adresse savait tirer du métal des chefs-d'œuvre. Le métal ne manquait pas au pays ; les mines étaient connues et exploitées. Mais l'extrême abondance de la pierre au cœur de l'Himalaya explique sans doute que l'usage en ait été étendu à tous les documents épigraphiques.
v3.c10.s19.81
La forme et la combinaison des vers ne sont pas les seules variables qui donnent une base de classification. La désignation de l'autorité alléguée comme référence varie aussi de série à série : tantôt c'est Vyâsa, tantôt c'est Manu, tantôt l'autorité reste anonyme ou impersonnelle. M. HOPKINS a déjà étudié dans un article du *Journal of the Ame-* rican Oriental Society, vol. XI, 1885, p. 243 sqq. *Manu in the Mahâbhârata*, les citations données sous le nom de Manu dans les inscriptions. Mais son enquête n'a pas été exhaustive ; des documents nouveaux sont venus en assez grand nombre ; des textes admis pour authentiques ont été reconnus comme des faux. Il ne sera pas inutile de reprendre cette recherche, même quand ce ne serait pas pour la pousser à fond.
v3.c10.s19.82
Les formules qui désignent Vyâsa comme l'auteur des vers cités (les numéros renvoient au classement ci-dessus, p. 122 à 128) sont :
v3.c10.s19.83
*uktam ca bhagavatā Vyāsena* — chez Dahrasena le Traikūṭaka en 207 Cedi (= 456 J.-C.). — Vers 21.
v3.c10.s19.84
*uktam ca bhagavatā Vedavyāsena Vyāsena* — en Valabhî (vers 9, 11, 17, 19, 20, 21, 24) ; chez Dadda II (vers 20, 11, 17, 21) ; chez Buddharâja (vers 20, 23, 17, 21) ; chez Pulakeçin II (Haidarabad, vers 23, 11, 8bis, 21) ; chez Viṣṇuvardhana I (Satara, vers 20, 8, 9, 11, 12, 21, 24).
v3.c10.s19.85
*uktam ca bhagavatā paramarṣiṇā Vedavyāsena* — chez Hastin (vers 3, 9, 21, 24) ; Saṃkṣobha (vers 15).
v3.c10.s19.86
*atra Vyāsagitau* — chez Viṣṇuvardhana I (Chipurupalle, vers 11, 21).
v3.c10.s19.87
*Vyāsagitau cātra çlokau pramāṇīkartavyau* — chez Pravarasena le Vâkâṭaka (vers 21, 24).
v3.c10.s19.88
*api cāsminn arthe Vyāsakṛtaḥ çlokā bhavanti* — chez Lakṣmaṇa de Jayapura (vers 11, 21, 24).
v3.c10.s19.89
*Vyāsagītāṃç cātra çlokān udāharanti* — chez Mahâjayarâja (vers 1, 23, 11, 21) ; Mahâsudevarâja (*id.*) ; Mahâçiva Tîvaradeva (*id.*).
v3.c10.s19.90
Quelquefois la référence, plus complète, indique comme source le Mahâ-Bhàrata :
v3.c10.s19.91
*uktam ca Mahābhārate bhagavatā Vyāsena* — chez Jayanâtha (vers 5, 23, 10, 11).
v3.c10.s19.92
*uktam ca Mahābhārate bhagavatā Vedavyāsena Vyāsena* —
v3.c10.s19.93
chez Jayanâtha (vers 5, 23, 10, 11, 21, 24); Çarvanâtha (vers 3, 9, 23, 10, 11, 21, 24).
v3.c10.s19.94
uktam ca Mahābhārate çatasāhasryāṃ saṃhitāyāṃ paramarṣiṇā Parāçarasutena Vedavyāsena Vyāsena — chez Çarvanâtha en 214 (mêmes vers).
v3.c10.s19.95
Les références à Manu se localisent toutes dans le Midi de l'Inde, spécialement chez les Kadambas, qui sont « Mānavyasagotra ».
v3.c10.s19.96
api coktam Manunā — chez le Kadamba Ravivarman (vers 11, 24).
v3.c10.s19.97
uktam ca Manunā — chez le Calukya Vikramâditya I (Karnul : vers 11, 24).
v3.c10.s19.98
atra Manugitāç çlokā bhavanti — chez le Kadamba Kṛṣṇavarman II (vers 11, 25, 24, 2).
v3.c10.s19.99
Le Pallava Kumâraviṣṇu les rapporte à Brahma : api cātra Brahmagītāḥ çlokāḥ (vers 9bis, 11, 14, 24).
v3.c10.s19.100
Parfois, le texte invoqué est « un traité de la Loi » sans nom d'auteur; c'est à cette série que se rattache Çivadeva.
v3.c10.s19.101
uktam ca smṛtiçāstre — chez Çaçâṅkarâja (vers 11, 16, 21, 24).
v3.c10.s19.102
uktam ca dharmaçāstre — chez Maṅaleça (Mahâkûṭa : vers 11, 21, 24).
v3.c10.s19.103
dharmaçāstreṣu apy uktam — chez Maṅaleça (Nerur : vers id. + 25).
v3.c10.s19.104
tathā coktam dharmaçāstre — chez les Somavamçis d'Orissa (vers 1, 4, 5, 6, 7, 11, 13, 16, 21, 22, 24, 26).
v3.c10.s19.105
yathā dharmaçāstravacanam — chez Çivadeva, saṃvat 143 ; Bhag. n° 13 (vers 11).
v3.c10.s19.106
Une dernière série de documents se contente de rapporter ces vers comme des « dictons ». Çivadeva emploie également ce procédé.
v3.c10.s19.107
uktam ca — chez Samudrasena (vers 11, 21, 24); les Kadambas Çivâmândhṛvarman (vers 11, 24), Harivarman (id.), Ravivarman (id. + 2); le Calukya Pulakeçin II (Chi-plun : vers 9, 11, 17, 21, 24).
v3.c10.s19.108
api coktam — chez les Kadambas Kakutsthavarman (vers 11) et Mṛgeçavarman (vers 24, 25).
v3.c10.s19.109
tathā coktam — chez Çivadeva en 119 saṃvat; Bhag., 12 (vers 9, 21).
v3.c10.s19.110
api cāpi çlokāḥ — chez le Pallava Viṣṇugopavarman (vers 14, 24).
v3.c10.s19.111
api cātrārṣāḥ çlokāḥ — chez le Pallava Siṃhavarman (vers 11, 14, 24).
v3.c10.s19.112
L’épigraphie de l’Indo-Chine, tout ignorante qu’elle est des stances traditionnelles, reflète pourtant la double tradition de Manu et Vyāsa comme autorités. Une inscription du règne de Jayavarman, en 968 J.-C. (BARTH, XIV, B. 30 ; inscr. de Prea Eynkosey) atteste comme garantie la parole de Manu :
v3.c10.s19.113
krūrāç çaṭhātilubdhā ye paradharmavilopakāḥ
te yanti pitṛbhis sārdham narakaṃ Manur abravīt
v3.c10.s19.114
Une autre inscription, des environs de l’an 900 J.-C. (BERGAIGNE, LXVI, C₁, 8), cite Manu II, 136, comme règle de conduite avec la référence : iti Mānavam. Mais la même inscription en appelle aussi au « chant de Vyāsa » :
v3.c10.s19.115
sa hi viçvambharādhiças sarvalokaguruḥ smṛtaḥ
yad iṣṭaṃ tasya tat kuryād Vyāsagitam idaṃ yathā.
v3.c10.s19.116
Les références à Vyāsa et au Mahâbhârata d’une part, à Manu et au Dharmaçâstra (ou Smṛti) de l’autre peuvent sembler contradictoires. En fait, nous savons que l’épopée et le code voisinent de près et que des éléments identiques sont entrés dans les deux recueils. L’inscription du pilier de Harigaon m’a déjà donné l’occasion d’y insister. Mais le plus surprenant, c’est que de toutes ces références, aucune ne se retrouve dans notre Manu actuel, une seule se retrouve dans notre Mahâ-Bhârata. Encore s'agit-il d'un vers exceptionnel, rapporté par les Somavamçis d'Orissa, c'est le vers 4 : *Ādityo Varuṇo...*, qui se lit dans le Mahâ-Bhârata, Anuçâsanaparvan (XIII), section 62, v. 3150. Et pourtant le Mahâ-Bhârata contient une longue section (XIII, 62) qui exalte en cent çlokas les mérites d'une donation de terrain et, d'autre part, un des vers les plus usuels (9 et 23) est adressé nommément à Yudhiṣṭhira, le héros du Mahâ-Bhârata.
v3.c10.s19.117
Mais la question se complique encore. Le compilateur Hemâdri, traitant dans le Caturvargacintāmaṇi des donations en général, rapporte à propos des donations de terrain plusieurs passages empruntés à diverses sources, entre autres (p. 495-502) un long extrait du chapitre du Mahâ-Bhârata que je viens de mentionner (XIII, 62, v. 3104 sqq.). Son texte comporte nombre de variantes; c'est ainsi que, à la suite du vers 3177, il insère deux vers qui manquent à l'édition de Calcutta; de ces deux vers, le premier est justement le vers *Vindhyāṭaviṣv...* (20) si fréquemment cité dans les inscriptions. Un peu plus loin (p. 507-508), Hemâdri cite un autre passage du Mahâ-Bhârata qui commence par les trois vers XIII, 66, v. 3335-3337, en mètre anuṣṭubh; mais immédiatement à la suite, viennent deux stances en vasantatilakâ, et, aussitôt après, le çloka : *svadattāṃ paradattāṃ vā yo* (24), un des plus usuels parmi les vers consacrés, et aussi un des moins solidement établis. La lecture de Hemâdri est identique à la recension adoptée par Lakṣmaṇa de Jayapura (sauf *harec ca* pour *hareta*). Les deux hémistiches de ce vers se retrouvent séparément, et quelque peu altérés, dans un autre extrait rapporté par Hemâdri (p. 504) et emprunté au Viṣṇudharmottara :
v3.c10.s19.118
*svadattāṃ paradattāṃ vā yo harec ca vasundharām.*
*viṣṭhāyāṃ kṛmitām eti pitṛbhiḥ sahitas tathā*
v3.c10.s19.119
Dans le même extrait se retrouve aussi le célèbre vers ṣaṣṭiṃ varṣa° (21) avec la lecture āchettā. Il est vraisemblable que d'autres encore, parmi les vers consacrés, doivent se retrouver dans le chapitre du Viṣṇudharmottara qui traite des donations de terrain (Weber, 1758 ; ch. 56 : bhūmidānaphalam ; Raj. L. Mitra, 2293 ; bhūmidānamāhātmyakīrtanam) ; l'ouvrage se rattache au cycle du Mahâ-Bhârata. L'étude historique et critique des recensions du Mahâ-Bhârata trouve ainsi, dans les documents épigraphiques, la base positive qui lui manque trop souvent.
v3.c10.s19.120
Un autre encore des vers traditionnels : āsphoṭayanti... (5), cité expressément comme un vers du Mahâ-Bhârata par Jayanâtha d'Uccakalpa, se retrouve dans les extraits d'Hemâdri (p. 507), où il est attribué à Bṛhaspati, c'est-à-dire évidemment à la Bṛhaspati-smṛti, qui contient une section des donations. La condition flottante des matériaux incorporés dans la « Saṃhitâ en cent mille vers » ressort clairement de cet inventaire particulier.
v3.c10.s19.121
Si c'est réellement avec Çivadeva II que les vers traditionnels sur les donations paraissent pour la première fois dans les chartes népalaises, il est permis de rechercher l'origine de cette innovation. Le type de la donation royale au Népal est arrêté dès les plus anciens documents ; il transparaît dès le fragment daté de Vasantadeva, saṃvat 435 (Bhag. 3) et se montre clairement identique dans toute la suite : 1° lieu d'origine ; 2° panégyrique du roi ; 3° indication des destinataires ; 4° message direct du roi « bien portant » aux destinataires ; 5° indication des bénéficiaires et clauses ; 6° recommandations et imprécations pour l'avenir ; 7° désignation du mandataire royal ; 8° date. C'est le type ordinaire de la donation dans l'Inde (cf. spécialement : Burnell, South-Indian Palæography, chap. vi) telle qu'on la devine déjà dans le texte fragmentaire du pilier de Bihar, sous le règne de Skandagupta, entre 136 et 146 Gupta (455- 465 J.-C.), telle qu'elle se montre dans les plaques de Viṣṇugopavarman le Pallava, vers le ve siècle ?, et surtout dans les donations du Parivrājaka Hastin, et chez les seigneurs d'Uccakalpa, tout particulièrement enfin chez Lakṣmaṇa de Jayapura en 158 (Gupta ? = 477 J.-C.). La charte de ce prince coïncide pour ainsi dire exactement avec le protocole du Népal, sauf qu'il insère à la manière hindoue des vers traditionnels avant l'indication du mandataire. C'est donc aux chancelleries du Gange moyen, soit aux Guptas directement, soit à leurs vassaux que les Licchavis du Népal semblent avoir emprunté leur protocole ; le fait est d'accord avec les vraisemblances historiques et aussi avec la tradition qui fait venir de Pāṭaliputra l'ancêtre des Licchavis. Çivadeva II renoue et resserre les liens de la dynastie népalaise avec l'Inde gangétique ; il épouse la petite-fille d'un empereur du Magadha, la fille d'un noble Maukhari, et cette alliance de haute lignée introduit sans doute au Népal une nouvelle poussée de culture sanscrite ; les « bureaux » s'enrichissent d'Hindous de la plaine, et leur activité se révèle aussitôt par l'emploi des vers usuels, qui réduit le protocole local au type commun de l'Inde.
v3.c10.s19.122
L'inscription est en prose, sauf les vers consacrés. L'orthographe en est régulière, sauf *kuyu* pour *kuryuḥ* que j'ai déjà signalé. Selon l'usage nouveau introduit par Amçuvarman, la muette n'est pas redoublée après *r*. La charte réglait les clauses d'une donation de terre et traçait avec précision les limites du terrain concédé, mais il n'en reste que la conclusion, d'un caractère général.
v3.c10.s19.123
Le mandataire (*dūtaka*) du roi est le rājaputra Jayadeva qui paraît au même titre dans la charte de Çivadeva datée saṃvat 119 (Bhag. 12).
v3.c10.s19.124
I. . . . . . . . rayādipra.
2. . . . . . . paçcime ni. . 2 . . . . .
4. . . . . . . . me pra. .
5. . . . . . . . yam eta. .
6. . . . . . taç ca paçcimena ca tade. .
7. . . . . . d antareṇāpi te. māpra. .
8. . . . . . . khāṭam pallī tato yāva. .
9. . . . gra.ka. . . . viṣṭimanusyasambandhena prativarṣam yat purāṇaçata.
10. . . . bhya eva grāminair dātavyam rājakulīyavyavasāyibhis tu na kadācid.
11. . . vyam ye tu keçid asmatpādaprasādopajīvino pare cānyathā kuyu kārayeyu[r vā]
12. . . . taran na kṣamyante bhaviṣyadbhir api vasudhādhipatibhir ātmanaḥ karuṇātīcayam. .
13. pūrvapārthivapraṇīto yam dānadharmasetur iti tadgauravāt samyag evānupāleyas tathā [coktam]
v3.c10.s19.125
9-10. Cf. Bhag., 12, l. 16 : Bhoṭṭaviṣṭihetoḥ prativarṣam bhārikajanāḥ pañca 5 vyavasāyibhir grahītavyāḥ. Il s'agit évidemment d'une corvée analogue, sinon identique. Malheureusement les caractères qui précè- dent viṣṭi sur notre inscription me sont restés indéchiffrables. — Les vyavasāyin mentionnés dans le passage que je viens de citer se retrouvent également dans notre texte. Le P. W. ne connaît ce mot que comme adjectif, dans le sens de « résolu ». Ici il désigne clairement une autorité (et Bhagvanlal le traduit : « the authorities »), et sans doute d'ordre judiciaire. Je ne l'ai pas relevé avec cette valeur dans d'autres documents épigraphiques. Rājakulīya manque aux dictionnaires, mais est un dérivé régulier du substantif rājakula.
13. L'expression dānadharmasetu rappelle le vers traditionnel : sāmānyo yam dharmasetur... (22), fréquemment paraphrasé du reste dans les inscriptions.
v3.c10.s19.126
14. pūrvadattāṃ dvijātibhyo yatnād rakṣa Yudhiṣṭhira | mahīm mahībhujāṃ çreṣṭha dānāc chreyo [nupā]
15. lanam || ṣaṣṭiṃ varṣasahasrāṇi svarge modati bhūmidaḥ ākṣeptā cānumantā ca tā[vanti]
16. narake vaset || iti svayaṃ ājñā dūtakaç cātra rājaputra Jayadevaḥ || saṃ. . .
17. āçvayuje kṛṣṇa ṣaṣṭhyā[m]
v3.c10.s19.127
(1-8). . . . à l'Ouest. . . et de là à l'Ouest. . . et dans l'intervalle. . . la fosse, le hameau ensuite jusqu'à. . .
v3.c10.s19.128
(9-11). Par rapport aux hommes de la corvée, la centaine de purāṇas qui. . . annuellement, doit être donnée par les gens du village aux. . . mêmes. Les autorités du palais royal ne doivent pas. . . ,
v3.c10.s19.129
(11-13). Et quiconque, soit des gens attachés à notre service de par notre grâce, soit des autres, ferait autrement ou pousserait un autre à faire autrement, nous ne le tolérons pas. Et les princes à venir devront respecter et protéger ceci en se disant : C'est ici une donation inspirée à un prince d'autrefois par (?) l'excès de sa compassion et pour se conformer à la loi.
v3.c10.s19.130
(13-16). Et il est dit ainsi : « La terre qui a été donnée aux brahmanes par un de tes prédécesseurs, Yudhiṣṭhira ! protège-la bien, cette terre, ô le plus excellent des maîtres de la terre ! Maintenir est encore mieux que donner. — Soixante milliers d'années de jouissances dans le paradis à qui donne de la terre. Qui usurpe et qui l'approuve restent autant dans l'enfer.
v3.c10.s19.131
(16-17). Ordre direct. Le délégué ici est le rājaputra Jayadeva. Année. . . . mois āçvayuja, quinzaine noire, sixième (tithi).