Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s21.6
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s21.6
- Language
- French
v3.c10.s21.6
Le document énonce une série de privilèges conférés « au vénérable saṃgha etc. » (1-23) ; viennent ensuite les imprécations et les recommandations usuelles 23-28) ; puis, rompant avec l’ordre consacré, la limitation du terrain privilégié. Le détail du bornage atteste déjà cette précision méticuleuse des arpenteurs népalais qui provoquait encore au XIXe siècle l’admiration de Hodgson. Les lacunes du texte ne permettent point de suivre pas à pas le tracé capricieux des limites ; on en suit aisément le mouvement général du N.-E. au N.-O., c’est-à-dire sur la moitié du circuit. Sur ce parcours, la limite rencontre ou coupe un couvent (Ajikā? vihāra), un temple (Valasaikkidevakula), une grande propriété, plusieurs villages et hameaux, une grande route (mahāpatha), un chemin de voitures (mahārathyā), plusieurs sentiers (mārga). C’est un témoignage de plus du haut degré de prospérité et de civilisation où le Népal était alors parvenu. Il n’est guère possible, étant donné l’état du texte, de présenter une traduction suivie de l’inscription. Je crois préférable de l’analyser, en traduisant les passages les mieux conservés. Les privilèges concédés dans la première partie consistent essentiellement dans des revenus, fournis, semble-t-il, par des taxes spéciales. La somme est évaluée tantôt en paṇas (20 p., l. 8 ; 100 p., l. 9 ; 100 p., l. 15 ; 400 p., l. 8), tantôt en paṇapurāṇas (l. 1 ; 4 pp., l. 7 ; 10 pp., l. 10 ; 20 pp., l. 12 ; 6 pp. + dvi-paṇa, l. 16 et l. 19 ; 3 pp., l. 17 ; 80 pp., l. 18 et 19 ; 5 pp., l. 20 ; 1000 pp., l. 21). Le paṇa et le purāṇa sont parfaitement connus ; le paṇa est l'unité monétaire du cuivre, le purāṇa celle de l'argent ; l'un et l'autre sont mentionnés plusieurs fois dans nos inscriptions, spécialement dans l'inscription d'Amçuvarman, saṃvat 30. Mais l'expression paṇapurāṇa m'est totalement inconnue. Le composé n'est pas formé par juxtaposition, dans le sens de paṇa+purāṇa, puisqu'on a des valeurs supérieures à 16, et jusqu'à 1 000 paṇapurāṇas. 1 000 paṇas, à 16 paṇas au purāṇa, donneraient 62 purāṇas 1/2. Peut-être il s'agit de spécifier nettement la valeur du purāṇa, « le purāṇa aux (16) paṇas », et d'empêcher la confusion avec la désignation de « purāṇa » appliquée aux vieilles monnaies, spécialement aux « punch-coins » de forme oblongue. La formule de la ligne 11 : sa paṇatrayeṇa purāṇatrayam, énoncée comme une décision juridique (iti nirṇetṛvyavahāratas) était peut-être de nature à fournir les éléments de la solution ; mais le contexte nécessaire manque.