Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c10.s21: XXI. — Inscription de Nangsal
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c10.s21
- Language
- French
XXI. — Inscription de Nangsal
v3.c10.s21.1
Nangsal est une petite localité immédiatement à l'Est de Katmandou (v. II, 397). La stèle qui porte cette inscription se dresse contre une butte qui couvre, dit-on, les ruines d'un temple de Nârâyaṇa. Elle est en mauvais état et j'ai longtemps désespéré de la déchiffrer. Les 52 lignes que j'ai transcrites ici couvrent une hauteur de 0m,85 ; mais il subsiste encore des traces de 15 lignes en tête, et le texte se prolongeait également d'un certain nombre de lignes au bas. Le formulaire d'introduction et la conclusion ont disparu. La largeur de la stèle est de 0m,35. La hauteur moyenne des lettres au-dessus de la ligne est de 0m,005. L'espacement entre les lignes est de 0m,01.
v3.c10.s21.2
Comparée aux inscriptions d'Amçuvarman et de Jiṣṇugupta, l'écriture montre des changements considérables. L'allure générale se rapproche de la cursive ; le tracé se simplifie et se raccourcit. P. ex. le *ka* réunit par une courbe ses deux traits transversaux et forme la boucle qui devient sa caractéristique en dévanagari. Le *dha* se réduit à un arc de cercle fixé sur la gauche de la hampe. Le *na* perd sa forme ancienne, presque identique avec le *ka* nouveau, et se forme d'un renflement relié à la hampe par un trait, comme dans la dévanagari. Le *ra* ajoute au simple trait vertical qui le constituait une saillie vers la gauche, au bas de la hampe. Le *la* se resserre et roule son dernier trait à gauche pour le ramener vers la hampe. Le ya a définitivement perdu ses trois montants, et ne se différencie du pa que par la panse, comme en dévanagari. Toutes ces innovations se retrouvent dans l'inscription de Jayadeva à Paçupati (Bh. 15), datée de samvat 153, et s'amorcent dans les inscriptions datées de samvat 143 (? Bh. 13) et 145 (Bh. 14). D'autre part elles se manifestent toutes ensemble, dans l'Inde propre, avec les inscriptions d'Âdityasena. Nous savons que Çivadeva, le père et le prédécesseur de Jayadeva, avait épousé la petite-fille d'Âdityasena. Il est permis de croire que les rapports politiques ouverts par cette alliance ont exercé leur influence sur la graphie de la chancellerie népalaise.
v3.c10.s21.3
Le système orthographique de l'inscription présente une particularité frappante, dans le traitement de la muette après r. Les Licchavis avant Amçuvarman redoublent en ce cas la muette régulièrement. Amçuvarman supprime d'une manière absolue le redoublement et la pratique se maintient, rigoureusement, semble-t-il, jusqu'à l'inscription de l'an 145. Avec l'inscription de Jayadeva, le redoublement reparaît, mais sans rigueur absolue. Il écrit varnnita, nirvvibandha, l. 1 ; cakravarttī, 3 ; sārvvabhauma, 4, 16 ; patir jjātaḥ, 8 ; dharmma, 9 ; karttā, 11 ; harttā, bharttā, varmma, 12 ; vargga, 13 ; kurvvan, 16 ; varjjita, 17 ; mūrtti, 18, 19 ; etc... Mais, d'autre part, mūrdha, 1, 2 ; prādurbabhūva, 8 ; kulair yena, 16 ; kuryāt, 32 ; pūjārtham, 29 ; ṣaḍbhir mukhaiḥ, 27 ; nirvṛtim, 29.
v3.c10.s21.4
L'inscription de Nangsal hésite également entre les deux systèmes. Elle redouble d'une manière constante dans les mots pūrvva et sarvva qui s'y rencontrent fréquemment, et supprime le redoublement avec la même régularité dans le mot mārga qui revient à de nombreuses reprises. Elle écrit d'une part kārya, 14 ; artha, 16, 23 ; dharmya, 27 ; et d'autre part nirṇṇetṛ, 11 ; karttavya, 24.
v3.c10.s21.5
Ces divers indices, à défaut d’une date précise, classent donc l’inscription vers le règne de Jayadeva, un peu après la stèle de Çivadeva qui l’avoisine. Au reste, la stance adressée aux rois à venir (l. 27-28) est clairement une simple variante de la stance insérée à la fin de l’inscription de saṃvat 145, qui a pour dûtṅka « l’héritier présomptif Vijayadeva ».
v3.c10.s21.6
Le document énonce une série de privilèges conférés « au vénérable saṃgha etc. » (1-23) ; viennent ensuite les imprécations et les recommandations usuelles 23-28) ; puis, rompant avec l’ordre consacré, la limitation du terrain privilégié. Le détail du bornage atteste déjà cette précision méticuleuse des arpenteurs népalais qui provoquait encore au XIXe siècle l’admiration de Hodgson. Les lacunes du texte ne permettent point de suivre pas à pas le tracé capricieux des limites ; on en suit aisément le mouvement général du N.-E. au N.-O., c’est-à-dire sur la moitié du circuit. Sur ce parcours, la limite rencontre ou coupe un couvent (Ajikā? vihāra), un temple (Valasaikkidevakula), une grande propriété, plusieurs villages et hameaux, une grande route (mahāpatha), un chemin de voitures (mahārathyā), plusieurs sentiers (mārga). C’est un témoignage de plus du haut degré de prospérité et de civilisation où le Népal était alors parvenu. Il n’est guère possible, étant donné l’état du texte, de présenter une traduction suivie de l’inscription. Je crois préférable de l’analyser, en traduisant les passages les mieux conservés. Les privilèges concédés dans la première partie consistent essentiellement dans des revenus, fournis, semble-t-il, par des taxes spéciales. La somme est évaluée tantôt en paṇas (20 p., l. 8 ; 100 p., l. 9 ; 100 p., l. 15 ; 400 p., l. 8), tantôt en paṇapurāṇas (l. 1 ; 4 pp., l. 7 ; 10 pp., l. 10 ; 20 pp., l. 12 ; 6 pp. + dvi-paṇa, l. 16 et l. 19 ; 3 pp., l. 17 ; 80 pp., l. 18 et 19 ; 5 pp., l. 20 ; 1000 pp., l. 21). Le paṇa et le purāṇa sont parfaitement connus ; le paṇa est l'unité monétaire du cuivre, le purāṇa celle de l'argent ; l'un et l'autre sont mentionnés plusieurs fois dans nos inscriptions, spécialement dans l'inscription d'Amçuvarman, saṃvat 30. Mais l'expression paṇapurāṇa m'est totalement inconnue. Le composé n'est pas formé par juxtaposition, dans le sens de paṇa+purāṇa, puisqu'on a des valeurs supérieures à 16, et jusqu'à 1 000 paṇapurāṇas. 1 000 paṇas, à 16 paṇas au purāṇa, donneraient 62 purāṇas 1/2. Peut-être il s'agit de spécifier nettement la valeur du purāṇa, « le purāṇa aux (16) paṇas », et d'empêcher la confusion avec la désignation de « purāṇa » appliquée aux vieilles monnaies, spécialement aux « punch-coins » de forme oblongue. La formule de la ligne 11 : sa paṇatrayeṇa purāṇatrayam, énoncée comme une décision juridique (iti nirṇetṛvyavahāratas) était peut-être de nature à fournir les éléments de la solution ; mais le contexte nécessaire manque.
v3.c10.s21.7
Les taxes spéciales constituées en faveur des bénéficiaires de la charte sont perçues à l'occasion de circonstances diverses, qu'il est presque toujours malaisé de définir, même quand le texte se laisse déchiffrer avec assez de netteté : p. ex. à la ligne 8, les 20 paṇas attribués aux témoins (sākṣin) qui sont vetropasthita lors du pradrayā ghaṭṭana ; puis le cas d'entente (sampratipatti) est prévu. L. 11 sqq., il semble bien s'agir d'affaires judiciaires, et d'une proportion à établir « au purāṇa le paṇa », comme nous disons : « au marc le franc ». L'argent ou l'objet qui fait le litige doit être remis à l'autorité compétente ; sinon, l'affaire doit être évoquée au tribunal royal. La mort d'une femme enceinte donne lieu à un versement de cent paṇas ; un suicide amène également l'intervention de l'autorité, qui fait toujours payer ses dérangements. Les taxes qui suivent paraissent se rattacher à ces processions de chars qui tiennent une si grande place dans la vie religieuse du Népal. L’expression *prâsâda ratha* « char à terrasse » conviendrait à merveille pour ces constructions montées sur roues dont la planche II du premier volume montre un excellent spécimen. Un versement de 80 *paṇapurāṇa* est institué pour « la peinture du char » ; c’est ainsi que je crois nécessaire de traduire le mot *citraṇa* qui manque aux dictionnaires. Autre versement d’une somme égale pour le *rathottolana*, qui peut être le montage des charpentes du char, et pour le *prâsâdasaṃskâra* « l’installation de la terrasse supérieure ». 6 *paṇapurāṇa* avec 1 double *paṇa* (*dvipaṇa*) pour le *celakara* « celui qui fait les habillements » probablement des poupées installées sur le char. Deux de ces versements, l’un de 80 *paṇapurāṇa* (l. 18), l’autre de 1 000 *paṇapurāṇa* (l. 20) sont annuels (*prativarṣam*).
v3.c10.s21.8
Le personnage ordinairement désigné à l’occasion de ces taxes est le *dauvârika*, littéralement : « l’homme de la porte » (l. 3, 13, 16, 17, 18, 19, 20). Il s’agit en réalité de plusieurs *dauvârikas*, puisqu’ils sont distingués par des titres attachés à leur fonction : *Si.paradauvârika* (17), *Vetradauvârika* (18), *Mânadauvârika* (20). A la ligne 3, mutilée, la mention du *dauvârika* est immédiatement suivie de l’expression de *yathâçâstrânugata* « agissant en conformité avec les *çâstras* » qui semble bien marquer le caractère administratif de ce fonctionnaire. C’est lui qu’on doit aviser (*âvedanīya*, l. 14, *âvedya*, l. 16) en cas d’irrégularité ou d’accident, et c’est par son intermédiaire que l’affaire est portée s’il y a lieu devant la juridiction suprême (*crīmatpâḍiyottarâsanakaraṇe yathâmâsaṃ ropaṇīyaḥ*, l. 14-15). En cas de suicide, il reçoit un rapport visant la purification du mort (*mṛtaçodhana* ; peut-être : l’enquête sur le mort) et doit se rendre sur place ; 6 *paṇapurāṇa* avec 1 double *paṇa* lui sont attribués pour son dérangement. C’est encore lui qui recueille les diverses taxes du char de procession.
v3.c10.s21.9
Le *dauvârika* n’est pas un fonctionnaire inconnu. Le Pañca tantra (III, 50 éd. Bombay, à la suite du vers 69) le classe dans l'élite des officiers de la couronne, les tîrthas, immédiatement à la suite du ministre (mantrin), du chapelain (purohita), du général en chef (camûpati) et de l'héritier présomptif (yuvarâja). Il paraît au même rang et à la suite des mêmes personnages dans un texte de Nîtiçâstra cité par Nîlakantha sur le Mahâ-Bhârata II, 168, et aussi dans le commentaire sur le vers II, 100, 36 du Râmâyana (éd. Bombay). Cette classification reparaît, cette fois avec l'apparence d'une donnée réelle et officielle, dans le formulaire d'une charte de Râjarâja I le Câlukya oriental, datée de 1053 J.-C. (Nandamapundi grant, l. 67:) mantri-purohita-senâpati-yuvarâja-dauvârika-pradhâna-samaksam ittham ājñāpayati. Le dauvârika est également nommé dans la Mahâvyutpatti § 186, n° 68, au cours d'une longue et curieuse liste d'officiers royaux, à côté et à la suite du dvârapâla. La fonction du dauvârika à la cour est clairement indiquée dans Çakuntalâ, acte II. C'est lui qui répond à l'appel du roi réclamant : Holà! quelqu'un! lui qui annonce et qui introduit le général d'abord, puis les deux ascètes novices auprès du roi. Il faut noter qu'il parle, non pas sanscrit comme le roi et le général, mais prâcrit comme le bouffon, et Râghavabhatta observe à ce propos : « Les personnages inférieurs parlent le prâcrit ; en vertu de cette prescription le dauvârika doit parler prâcrit » (nīceṣu prākṛtem bhavet ity ukter dauvārikasya prākṛtam pāṭhyam).
v3.c10.s21.10
Le poste valait donc comme poste de confiance, mais il n'était pas occupé par un noble. Le titulaire n'en faisait pas moins assez grande figure : un râjadauvârika, au service, non pas du roi lui-même, mais de son frère favori, fonde un temple de Visnu et y établit comme vyâkhyâtar un grammairien de renom (Râja-taranginî V, 28)¹.
v3.c10.s21.11
1. Le rôle du dovârika dans le Jâtaka (Richard FICK, Die Sociale Glie- On pourrait être tenté d'attribuer ici au dauvârika une autre fonction toute différente. La Râjataranginî mentionne fréquemment « le chef (adhipa, îçvara, et autres synonymes) de la porte (dvâra) » et M. Stein a établi par une discussion lumineuse (note sur V, 214) qu'il ne s'agit pas d'un « grand chambellan », comme on avait traduit avant lui, mais de l'officier chargé de garder les passes qui mènent dans le Cachemire. Les conditions géographiques étant analogues, au Népal, le dauvârika pourrait y exercer une fonction du même genre. Mais l'inscription d'Amçuvarman, an 30, paraît bien exclure cette interprétation. Parmi les nombreuses libéralités qu'elle institue en faveur des gens du palais, elle attribue une somme de 1 purâṇa 4 paṇas à chacune des portes (dvâra), porte de l'Ouest (paçcimadvâra), porte de Mânagṛha (Mânagṛhadvâra), porte du milieu (madhyamadvâra), porte du Nord (uttaradvâra), porte du Sud (dakṣiṇadvâra), et probablement porte de l'Est ([prâcînadvâ]ra), enfin grande porte (pratolî). Parmi les dauvârikas de l'inscription de Nangsal figure le Mâna dauvârika, qu'il paraît difficile d'isoler du Mânagṛhadvâra mentionné par Amçuvarman. Il n'est pas impossible que le fonctionnaire préposé à chacune de ces portes ait eu dans son ressort le district correspondant. L'inscription de Nangsal nomme le district de l'Est (çripurvvâdhikaraṇa, l. 2), et l'inscription d'Amçuvarman, an 39, nomme le district de l'Ouest (paçcimâdhikaraṇa, l. 5).
v3.c10.s21.12
Après les textes octroyés aux dauvârikas, la charte énonce un autre privilège. Un certain nombre de villages (grâma), les uns désignés par des noms indigènes et formés sans doute spontanément, les autres groupés autour des temples, le Mâneçvara, le Sâmbapura mentionnés déjà dans l'inscription d'Amçuvarman, an 32 (l. 12 et 13), sont promus au rang de *dranga*. Le mot *dranga* manque à l'Amarakoça ; Hemacandra le donne (971) parmi les synonymes de *nagarî* « ville » ; mais Vâcaspati (cité par le scholiaste sur ce vers, éd. Böhtlingk) range le *dranga* au-dessous du *karvaṭa* et au-dessus du *pattana*.. Stein (sur Râja-taraṅgiṇî, II, 291) établit que, dans la chronique cachemirienne tout au moins, *draṅgá* désigne « une station de garde établie près des passes de montagne pour garder les approches de la vallée et pour recueillir les droits de douane », et il cite un commentateur du Maṅkhakoça qui explique *draṅga* par *rakṣâsthâna*. Les inscriptions mentionnent fréquemment, dans la liste des fonctionnaires à qui s'adresse le roi, les *drâṅgika* « chefs de poste militaire ». En tout cas la promotion d'un *grâma* au rang de *draṅga* est une faveur royale (*prasâdikṛtam*, l. 22).
v3.c10.s21.13
La charte conclut ainsi la liste des donations (l. 22-28): « Telles sont les faveurs diverses accordées à la communauté bouddhique et autres. Sachant ce qui en est, les autorités compétentes chargées des prescriptions énoncées ci-dessus ne devront pas, sous prétexte d'exercer leur fonction, tenter même en pensée de violer les privilèges concédés. Qu'on le sache : si on agit autrement, je laisserai tomber sur le coupable tout le poids de mon sceptre. Et les rois à venir, protecteurs par excellence des privilèges octroyés par leurs prédécesseurs, s'ils veulent assurer la joie de leurs sujets, ne devront pas non plus le tolérer. Et il est dit à propos du devoir de protéger les donations :
v3.c10.s21.14
Les princes qui ont dans leur conduite la pureté des rayons de l'astre à la froide clarté, qui protègent comme il convient leurs sujets, et qui gardent les fondations légales instituées par les souverains anciens, ces princes, après
v3.c10.s21.15
avoir joui de la majesté royale illuminée par la foule des ennemis vaincus, demeurent solidement dans la béatitude du ciel, aussi honorés, aussi puissants que Çakra. »
v3.c10.s21.16
1. . . . ṇasa. . naḍana paṇapurāṇa-kāmavyaka.
2. . . . lakoṇasya çrīpūrvvādhikaraṇa.
3. . . . parodauvārikeṇāpi yathāçāstrānugata.
4. . . . ṇḍerakasyāti-raṇam kāratpatā kāraprabhṛtīn asiddhādhikaraṇapra. . . .
5. çiriti sama. . . ę kāpās . sāre kāre. . . . ṇām . sa-mam. . . kānām eva vyāya.
6. na . ryakāt pari . bhiyā ku . pa. . . . to. . . . hāre . au paṇe. . . .
7. kādalane paṇapurāṇāḥ pa . niyakāla. . paṇapurāṇacatuṣṭayam | ajati-sepā.
8. deyam tār- | pradrayāghaṭṭane vimçati paṇā veṭropasthitasākṣiṇām dattāḥ paṇa çatacatuṣṭayam — kāna —
9. āvane paṇaçatam | sampratipattau paṇapurāṇā. . di . ṇāḥ | prī-çrāvaṇe paṇa purāṇāḥ p . . .
10. çatiḥ | ayattikāṅkā daça paṇapurāṇā smāryā uttamakāre | . vyāmavara . ā vya-vama-paṇapurāṇa
11. sati paṇāḥ sa paṇatrayeṇa purāṇatrayam iti nirṇṇetṛvyavahāratas tasya pa. . . . ṇa su tam aṇḍ. .
12. ra vimçatiç ca paṇapurāṇ. -sya tair dattāḥ | vyavahārapariniṣṭhitajātam dravyasya bahu sampādani(yam). .
13. yas tu dravyam na prayacchet svasthānāvāstavyasyānyasthānīyasya ca dhāraṇakasya tena rodhoparodho (sa)ṃvat.āyas ta.
14. tam iti kāryam asya tatparā-māvaudauvārikasyāvedanīyam tenāpi çrīmatpādiyottarāsanakaraṇe yath(ā)
15. māsam ropaṇīyaḥ | sagarbhanārīmaraṇe paṇaçatam ekam | ātmaghātakāsya-viṣahṛttāṣakala-yam. .
v3.c10.s21.17
16. dauvārikasyāveḍyam mṛtaṣodhanam | tadartham āgatasyā tasya sadvipaṇāḥ ṣaṭ paṇapurāṇā deyāḥ | sa kṛtago-pari
v3.c10.s21.18
17. vārya sapaṇapurāṇatrayam yathādhikāriṇām deyam | prāsādarathacittraṇe si . paradauvārikasyācītiḥ paṇa
v3.c10.s21.19
18. purāṇā deyāḥ | rathottolane prāsādasaṃskāre ca sarvavapariṣkalane prativarṣam vetradauvārikasyācītiḥ paṇa
v3.c10.s21.20
19. purāṇāḥ | evaṃ celakarasya ca ṣaṭ paṇapurāṇāḥ sadvipaṇāḥ | 20 2 ghaṭikākraye dauvārikeno pañcabhiḥ
v3.c10.s21.21
20. paṇapurāṇāḥ deyāḥ | āropeyā vā yāsāṃ celapaṭṭayugam uttama-pañcābharaṇakam | prativarṣaṃ mānadauvā
v3.c10.s21.22
21. rikasya paṇapurāṇasahasram ekaṃ pācorik. deyam | tāmrakuṭṭacālā | māṇecvara | sāmbapura | hdaspriga |
v3.c10.s21.23
22. yathampringājamaya- | p.ā-grāmāṇāṃ draṅgatvamātraṃ eva prasādikṛtam -tuṭilāpaṅkakai.e-cṛīsa
v3.c10.s21.24
23. ṅghādiprasādaviceṣāḥ samādiṣṭā iti | parigatārthair yathoparilikhitaniyogādhikṛtais tadadhi
v3.c10.s21.25
24. kāribhiḥ svavyāpāravyapadecena manasāpi prasādātikramasāhasādhyavasāyo na karttavya ityādijñā
v3.c10.s21.26
25. ye nyathākāriṇas teṣāṃ atidāru(ṇaṃ) daṇḍaṃ pātayiṣyāmo bhāvibhir api narādhināthaiḥ pūrvvanpakṛ
v3.c10.s21.27
26. taprasādapūlanaparaiḥ prajāpramodadān.s.ais.tarāṃ na marṣaṇīyās tathā ca pālanānuṇas. çrū
v3.c10.s21.28
27. yate | ye cītāṃcukarāvadātacaritāḥ samyakprajāpālane rāji.āḥ prathamāvanīcvarakṛtāṃ rakṣanti dharmmāṃ sthitim |
v3.c10.s21.29
28. . . jñā vijitāricakrarucirāṃ sambhujya rājyaçriyaṃ nāke cakrasamānamānavibhavās tiṣṭhanti dhanyā sthiraṃ | sīmā
v3.c10.s21.30
29. cāsya sthānasyottarapūrvva-diçi ajikāvihārapūrvvadvārād. . kāṣṭhakā tato dakṣiṇābhimukhena mahāpathānu 30. sṛtya maṇināgāhikāsyottarato vṛhadgrāma yāvat.-tottarapaççimābhimukhena valasaikkidevakulasya dakṣi
31. ṇā tighri anusṛtya voddavisaya aragha. tasyottareṇa mārgānusṛtya paççibhimukhena laṃkhulaṃ udeṇī tatas ta
32. . . ṇākām anusṛtya na-paṭṭavāṭikām anusṛtya paçcimābhimukhena mahāpratihārabhas.āgṛhamaṇḍalasya da
33. kṣi-sya kaṇṭhānusāreṇa mahārathyāyāṃ stabhitaçilās tatas tena rathyāmulasyāya-dvāra praviçya pūrvvagṛhottarā
34. rdhabhāgaṃ ākramya dakṣiṇāgṛhāgrataḥ paççimam anusṛtya gṛhamaṇḍalaṃ praviçya dakṣiṇagṛham ādāya paççimena
35. ca laghayitvā yovigrāmamadhyena ta-cevānusāreṇa paç- cimābhimukhena mārgas tatas tanmārgeṇa uttarāmukhā
36. nusāreṇa kumudvatīmārgas tataḥ paççimābhimukhena parikramyottarāmukham anusṛtya yo ntima. pikā. .
37. dhana.-ṇe-ça-sane paççimam avatīrya tāmrakuṭṭaçālāgamanamārgānusāreṇa ja.ipūsakam abhimukhena
38. tāmrakuṭṭaçālālakhumakas tato bhimukhena māneçvararājāṅgaṇālidakṣiṇena -kṣaṇamṛttāmi pṛṣṭhataḥ pūrvvo
39. ttare gatvā pūrvvadvāreṇa praviçya rājāṅgaṇamadhyena paççimadvāreṇa -syā -gatvā pravarddhamāneçvaraç cāgrat.
40. paççimamārgaṃ anusṛtya yāvat. . ābh.-çākāritapr. . . . . dhy.-samastā tad dakṣiṇena sāmbapura
41. vāṭikā.rdha. . . . . mārgasya. . . paççima. nā dakṣiṇam anusṛtya dakṣiṇa
v3.c10.s21.31
L. 34. La syllabe mā a été omise dans paççimābhimu°.
v3.c10.s21.32
42. gāmī pa.i. . . . vihārasya. . . . kadvāṭikāyā dakṣiṇālī
v3.c10.s21.33
43. paccim. . . . ād uttarapaccimena. . . . m anu sṛtya kaṇṭhāyampri
v3.c10.s21.34
44. . . . rakaprativardhas tatra kharo. . . . vihārabhūmeḥ pa
v3.c10.s21.35
45. . . . nadīmadhya.. māna -tibhihaṭṭibhūmadhya
v3.c10.s21.36
46. . . . . rīpekā — tato dakṣiṇamārg. grāmagrāmamārga
v3.c10.s21.37
47. . . . nusāre pi. . . . paccime yakus ta. . . . :
v3.c10.s21.38
48. . . . karagoṣṭhībhūmeḥ pūrwwan.-tatraiva saptamī-goṣṭhībhūmeḥ. . . . : vihārabhūmeḥ
v3.c10.s21.39
49. . . . mālī. . . . rapramālībhūmeç ca pūrvvālī | tanusāreṇa çrītuka. . . .
v3.c10.s21.40
50. . . . etirīsa. . . goṣṭhībhūmer yā.i mālī tadanusāreṇa. . . .
v3.c10.s21.41
51. ttamā. . apra. . rtta.ga. . pūrvvānusāreṇa ca.āvatī.
v3.c10.s21.42
52. — mārgas tato nadī palla-vārta-dipūrvvapa.i.ī