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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v3.c11.16

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v3.c11.16

Language
French

v3.c11.16

Pendant mon séjour au Japon, le Rév. Akamatzu me fit cadeau d’un exemplaire du Tsao-siang-tou-leang king « Sûtra sur les proportions des statues ». Ce sûtra, publié en Chine par Yàng Wen-hoei¹, il y a une trentaine d’années, est accompagné d’un commentaire intéressant et de planches importantes. Il représente la tradition introduite en Chine par un artiste népalais, A-ni-ko. La biographie de cet artiste a été conservée par les Annales des Yuan (chap. 203, fin) qui l’appellent A-r-ni-ko². Elle contribue à jeter un peu de lumière sur une période très obscure de l’histoire du Népal. Né en 1243 (par conséquent sous le règne désastreux d’Abhaya Malla ; cf. II, p. 214 sq.), il quitta le Népal avant le règne d’Ananta Malla, pour aller travailler au Tibet avec une équipe de sculpteurs et de peintres religieux. Le récit des Annales n’indique pas expressément que le Népal ait été vassal du Tibet à cette époque ; mais il garantit tout au moins la persistance et l’importance des relations entre les deux pays dans la seconde moitié du XIIIe siècle, à cette époque particulièrement agitée et féconde où la dynastie mongole des Yuan dispute et arrache l’empire de la Chine aux derniers princes de la branche méridionale des Soung, où Koubilai-khan réunit à sa cour des bouddhistes, des taoïstes, des chrétiens nestoriens et romains, et des musulmans. A-r-ni-ko, qui arriva vers 1263 à la cour Mongole, n’y rencontra plus l’ambassadeur de Saint-Louis, le cordelier Rubruquis, qui y avait séjourné entre 1253 et 1254, mais il y retrouva des représentants de toutes les grandes confessions du monde ; il put même y coudoyer un glorieux représentant de l’Europe, Marco Polo. La biographie d’A-r-ni-ko introduit un fait nouveau dans l’histoire du bouddhisme népalais ; la constatation formelle des relations régulières entre le Népal et le Tibet, sous les auspices de Phags-pa, au début de la carrière de ce moine illustre, implique que le Népal ne resta pas étranger au mouvement puissant qui créa et organisa le Lamaïsme ; on ne peut plus (comme je l’ai fait à tort, sup. I, p. 167) isoler le Népal du Tibet dans le cours du XIIIe siècle.

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