La formation de la langue marathe c2.13
La formation de la langue marathe c2.13
- Language
- French
c2.13
Dès le milieu du IIIe siècle av. J.-C., l'empereur Açoka fait graver du Nord-Ouest au Bengale, du Terai au Maisour de nombreux édits qui sont les premiers documents connus du moyen-indien. Il est hors de doute que les textes originaux de ces édits ont été écrits dans un dialecte du Magadha, où se trouvait la capitale d'Açoka. Mais les variations présentées par les inscriptions sont nombreuses, et si on ne peut le plus souvent les attribuer à des fautes du copiste, elles ne se laissent pas facilement expliquer par l'existence de dialectes nettement tranchés. On a été amené à considérer (v. O. Franke, *Pali und Sanskrit*, p. 109; T. Michelson, *Am. J. Phil.*, XXX, p. 284, *J. A. O. S.*, XXX, p. 78) que le texte original des édits, conservé à quelques variantes près dans les inscriptions orientales, a été traduit par les administrateurs du nord-ouest et du sud dans des parlers locaux, ou, pour mieux dire, adapté à ces parlers, mais non sans qu'un certain nombre de mots ou de formes orientales se soient glissées dans ces adaptations. Ces insertions ou adaptations s'expliquent-elles suffisamment par la simple présence du modèle oriental sous les yeux du traducteur? Il n'est pas improbable que souvent les scribes aient cru pouvoir employer les mots du modèle parce qu'ils n'étaient pas complètement étrangers à leur parler, ou au moins à la langue officielle de leur région : sans doute le prestige religieux du bouddhisme et le prestige politique, remontant déjà à plusieurs générations, de la dynastie Maurya avaient dû amener le langage du Magadha à s'étendre à toute l'Inde du nord, au moins dans la partie cultivée de la population et pour une partie du vocabulaire (cf. Lüders, *Bruchstücke*, p. 40).