La formation de la langue marathe c2.19
La formation de la langue marathe c2.19
- Language
- French
c2.19
elles s'étendent, ces inscriptions offrent un aspect remarquablement uniforme (v. Senart, *ibid.*, II, p. 493); et pourtant, à les regarder dans le détail, les phénomènes y sont extrêmement disparates et les variations dialectales y paraissent nombreuses : mais la répartition en varie pour chaque série de faits (v. O. Franke, *Pali und Sanskrit*, ch. VIII, notamment p. 126). Il arrive souvent que dans des inscriptions tout à fait voisines et contemporaines les caractéristiques phonétiques et même morphologiques s'entrecroisent d'une façon inextricable. Dans certains cas on entrevoit une explication possible : il semble bien que dans les inscriptions du Dekhan le plus ou moins d'influence du sanskrit corresponde à l'élévation sociale plus ou moins grande de ceux qui les ont fait graver (v. J. Bloch, *Mélanges S. Lévi*, p. 14; cf. Bhandarkar, *J. A. S. Bomb.*, XVI, p. 341 et note). Mais que dire par exemple des donations qui voisinent sur les stūpa de Bharaut et de Sanchi? Le génitif du mot désignant la nonne bouddhique, skr. *bhikṣuṇī*, est à Bharaut (éd. Hultzsch, *Z. D. M. G.*, XL, p. 60 et suiv.), tantôt *bhichuniya* (nºs 27, 31, 101), tantôt *bhichuniyā* (nºs 29, 75, 81), tantôt *bhichuniye* (nºs 65, 120, 121), une fois enfin *bhichuniyi* (nº 103). A Sanchi (éd. Bühler, *E. I.*, II, p. 97 et suiv., 370 et suiv.) on trouve pour le même mot les formes *bhikhuniyā* (I, 6, 199, 315, 332), *bhikhuniya* (I, 244, 286, 304, 350; II, 8, 9, 11, 40, 42, 43, 70, 76), *bhikhunaya* (II, 54); *bhichuniyā* (I, 28, 100, 186, 224, 283, 337, 343, 351; II, 29, 47); *bhichuniya* (I, 37, 52. 126, 277, 326, 355; II, 48), *bhichunayā* (I, 119, 353), *bhichaniyā* (I, 253), *bhichanaya* (I, 252); *bhichuniye* (I, 38, 78, 101, 105, 110, 158, 180, 183, 192, 214, 293, 316, 329, 341). Un certain nombre de ces formes sont probablement des fautes : mais rien ne permet de distinguer à quoi tient la répartition de *ch* et de *kh*, ou du génitif en *-iyā* et en *-iye* ; l'origine des donateurs n'éclaire rien : dans les inscriptions au nom de donateurs de Besnagar et de Nandinagar comme dans celles dont les donateurs sont d'Ujjain, les deux désinences se rencontrent (cependant à Kurara-Kuraghara, on ne rencontre que la désinence en *-a*) ; et skr. *kṣ* est représenté de deux façons différentes dans deux inscriptions toutes voisines et provenant selon toute apparence de la même personne (*samikayā bhikhuniya dānam*; *Sāmikāya bhichuniyā dānam*; Sanchi, I, 350-351).