La formation de la langue marathe c2.35
La formation de la langue marathe c2.35
- Language
- French
c2.35
Cette espérance n'est pas permise. Tout d'abord ces noms géographiques coexistent avec des noms de nature toute différente. Déjà celui d'ardhamāgadhī, « semi-magadhien », donné par Bharata, n'est pas clair. Plus tard Vararuci place la paiçācī sur le même rang que les trois grands prākrits à nom géographique ; or malgré les efforts tentés en ce sens, il est impossible de reconnaître dans ce nom celui d'une peuplade définie, à plus forte raison celui d'un groupe national civilisé comme sont les trois autres (v. Lacôte, Essai sur Guṇādhya et la Bṛhatkathā, p. 47 et suiv.). En réalité les noms portés par les prākrits tiennent aux circonstances de leur entrée dans la littérature ; les noms d'apparence locale sont au moins à l'époque ancienne ceux de confréries d'acteurs, de bardes ou de chanteurs ; celui de la paiçācī s'explique probablement par un détail de la légende de Guṇāḍhya ou de son œuvre (v. S. Lévi, *Théâtre indien*, p. 330-332 ; Lacôte, *l. l.*); l'ardhamāgadhī. quelle que soit son origine, apparaissait bien comme un mélange à une époque où malgré les progrès de la grammaire on était loin d'avoir découvert que les lignes d'isoglosses ne coïncident que rarement entre elles (v. la citation d'Abhayadeva dans Pischel, § 17). Naturellement, plus les prākrits littéraires sont devenus nombreux, plus les confusions de la classification se sont accentuées; aucun principe ne pouvait permettre de répartir clairement des œuvres d'origine diverse, alors que la méthode traditionnelle ne reposait sur aucun principe défini.