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La formation de la langue marathe c2.86

La formation de la langue marathe c2.86

Language
French

c2.86

§ 21. Il est d'ailleurs permis de penser que cette uniformisation des langues de l'Inde du nord, telle qu'elle apparaît dans les écrits, répond à un phénomène historique réel. Le morcellement social que nous révèlent les documents védiques et les traditions se rapportant au bouddhisme primitif fait bientôt place à une civilisation que des phénomènes politiques et religieux tendent de plus en plus à unifier. Les Mauryas fondent les premiers un grand empire qui va du Penjab au Bengale et au Maïsour ; après eux le centre de la domination se déplace, mais les Scythes occupent le Rajpoutana et l'Hindoustan ; les monnaies de Kaniṣka se rencontrent jusqu'à Ghazipour, plus bas que Bénarès sur le Gange (v. V. Smith, *Early hist. of India*, p. 226) ; au ivᵉ siècle, Patna redevient sous les Guptas la capitale d'un grand empire qui s'étend jusqu'à la Narbada, et même (sous Samudragupta) couvre toute l'Inde ; trois siècles après, Harṣa de Canoje réunit sous sa domination le même territoire. Viennent enfin les musulmans, dont les premiers progrès provoquent la formation de confédérations hindoues, en attendant que leur domination, s'étendant à toute l'Inde du nord, assure le prestige de la « langue de Delhi ». On ne saurait s'exagérer l'importance des mélanges de vocabulaire qui ont pu résulter de ces empires successifs dans les différentes provinces : les centres d'influence erraient d'un bout à l'autre de l'Inde. Entre le magadhien d'Açoka et l'ourdou d'Akbar, d'autres langues administratives ont dû exister ; nous n'en connaissons guère qu'une seule, le sanskrit, et l'influence en a en effet été