La formation de la langue marathe c4.s2.t3.6
La formation de la langue marathe c4.s2.t3.6
- Language
- French
c4.s2.t3.6
§ 33. En ce qui concerne la période ancienne, les données positives manquent absolument. Ni la littérature ni les textes grammaticaux ne fournissent d'indication claire. Il est pourtant présumable que si l'accent d'intensité avait été sensible à l'époque classique, l'enseignement relatif au ton védique aurait eu son équivalent dans l'étude de la *bhāṣā*, au prix de quelques corrections ou même de quelques malentendus. Cela serait arrivé presque certainement si l'accent d'intensité avait pris la place du ton ancien, comme le voulait Pischel (v. § 46). M. Jacobi a fait justice de cette opinion; d'après lui l'accent se serait posé sur la première voyelle longue à partir de la fin du mot; de plus un accent secondaire aurait frappé l'initiale. Ce n'est pas le lieu de discuter en détail cette théorie, qui admet d'ailleurs des exceptions graves, v. Jacobi, *I. F.*, XXXI, p. 219; mais on verra, en parcourant l'article de M. Jacobi dans *Z. D. M. G.*, XLVII, p. 574 et suiv., que la faiblesse des finales, ce qu'on sait du rythme indo-européen et les lois ordinaires de la contraction prākrite suffisent à expliquer la plupart des exemples cités, surtout si l'on tient compte de la présence de nombreux tatsamas en prākrit. Il faut cependant noter les règles curieuses des *Phiṭ-sūtra* de Ṣāntanava que M. Jacobi cite *K. Z.*, XXXV, p. 568, et où il semble se trouver trace d'un ton placé selon une règle rythmique à côté du ton traditionnel : ce second ton serait-il en réalité un accent d'intensité? Dans l'ensemble, la présence d'un accent n'est pas prouvée pour la période ancienne; il faut même se rappeler que les théories à ce sujet ont pour point de départ les observations de savants d'origine germanique (Haug, Bühler) sur la prononciation moderne du sanskrit, observations qui ont pu être faussées par un préjugé naturel à ces savants, et qui sont d'ailleurs contredites non seulement par mon expérience personnelle, mais aussi par des enregistrements phonographiques (v. Felber, *die indische Musik der ved. u. der klass. Zeit, Sitzsber. kais. Ak. Wiss. Wien, phil.-hist. Kl.*, CLXX, VII, 1912, p. 77 et suiv.