La formation de la langue marathe c4.s2.t3.8
La formation de la langue marathe c4.s2.t3.8
- Language
- French
c4.s2.t3.8
une théorie satisfaisante; il allègue que le sujet, obscur dans tous les cas, l'est particulièrement dans des langues qui ont passé une longue période de leur existence sans littérature (I, p. 17-21) ; raison évidemment fausse; mais un auteur d'un esprit si clair et si pénétrant aurait sans doute déterminé les lois de l'accent dans les langues indo-aryennes, si l'observation en avait été tant soit peu aisée. Un fait est certain, c'est que là où d'autres observateurs signalent l'accent, ils le donnent comme très peu marqué et se confondant pour ainsi dire avec la quantité. C'est par exemple le cas au Behar (v. Grierson, *Maith. Gram.*, § 28). En hindi, Greaves déclare l'accent inexistant (*Hindi Gram.*, § 26); Kellogg avec moins de fermeté dit en somme la même chose (« ... although unquestionably existing is much less marked than in English and is quite subordinate in importance to quantity... », § 35). Presque partout ailleurs les grammairiens s'accordent à ne point signaler l'accent. En bengali, M. Anderson note l'existence d'un accent de phrase qui, comme en français par exemple, rend l'accent du mot insensible (v. *J. R. A. S.*, 1912, p. 1074-1075). En marathe, Joshi admet qu'il existe et le place « généralement » sur la pénultième, ou sur la finale si elle est longue (§ 176). Navalkar s'exprime ainsi (§ 39) : « En marathe, chaque mot est prononcé sur un ton égal, la syllabe initiale étant seule dans l'effort de la prononciation levée légèrement au-dessus des autres ; mais l'accent, dans le sens d'une intensité accrue comme en anglais, est inconnu au marathe, sauf dans les trois cas suivants. » Les cas qu'il cite sont celui d'une voyelle suivie de deux consonnes (*ghaṭṭ, pakkā ; ҫabda, bakka*, etc.), d'une brève suivie d'un anusvāra (*baṇḍ*, etc.), d'une voyelle suivie d'un visarga (*duḥkha*, etc.) : on voit aisément qu'il s'agit partout de groupes consonantiques, et par suite de mots empruntés, soit au sanskrit, soit à d'autres langues modernes. Enfin, et ceci est un fait particulièrement caractéristique, les grammaires écrites en langue indigène (Goḍboḷe, Ciplūṇkar) omettent totalement la question de l'accent. Du reste, de témoignages recueillis récemment, il résulte que les indigènes n'ont ni l'idée de l'accent, ni un mot pour le désigner.