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La formation de la langue marathe c4.s2.t7.45

La formation de la langue marathe c4.s2.t7.45

Language
French

c4.s2.t7.45

La date de ces altérations est difficile à préciser. On trouve en prākrit et en sanskrit tardif un certain nombre de cas d'abrègement des voyelles intérieures (v. Jacobi, ZDMG, XLVII, p. 574-581). La perte du timbre caractéristique de i, u, e et o semble au contraire à première vue tout à fait moderne, à en juger par la comparaison des formes comme joisī et joçī ou āṃguṭhā et āṃgṭhā ; cependant l'inscription de Pandharpur donne dans le nom de ville Phāganipur (Phālguṇi-) un exemple de décoloration de ū ; ī subsiste (à l'état bref) parce qu'il est final. Surtout, le Périple de la mer Érythrée donne dès le premier siècle la forme δάχανος en regard du nom de pays Δαχιναβάδης (dakṣiṇāpatha-) : n'est-ce pas là un premier indice de la perte du timbre de i intérieur ? Si l'on admettait l'antiquité de cette tendance, on rendrait compte de la coexistence en sanskrit de doublets comme kaphoṇi et kaphaṇi « coude », et surtout des formes prākrites, haladdā (haridrā-), nisaṇi (niḥcreṇi) attestées bien avant m. halad et nisaṇ. Quelque rares que soient ces exemples (la plupart de ceux cités par Pischel pour *i* au § 115 et pour *u* au § 123 sont douteux; Pischel l'avait d'ailleurs reconnu pour un certain nombre de ces mots), ils sont peut-être cependant les seuls restes de la notation phonétique d'une réalité dans la graphie prākrite, généralement archaïsante.