La formation de la langue marathe c4.s3.t3: L'aspiration
La formation de la langue marathe c4.s3.t3
- Language
- French
L'aspiration
c4.s3.t3.1
paṇas, panasa-), pharas (paraçu), phāsā (pāça-, cf. saphāmci), phāsoli à côté de pāsoli (pārçva-? cf. pali phāsulikā), bhisem (bisa-), bhīṃs (bṛsī), bhukṇem (bukk-), bhūṃs (busa-). Les explications jusqu'ici fournies pour les formes prākrites de ces exemples sont insuffisantes ; le s- prosthétique alternant en indo-européen dans des conditions inconnues avec la consonne initiale k- ou p- isolée, probable dans un cas comme khāpar, possible ailleurs (v. Wackernagel, I, 230 b, Pischel, § 205, 206, n. 2), ne permet pas de rendre compte de l'aspiration des sonores ; l'influence de r ou s voisins, admise par M. Jacobi (Ausgew. Erz., § 21), semble s'appliquer mieux à ce cas (cf. l'exemple skr. très ancien jaṣa- : jhaṣa- cité par M. Wackernagel au § 141) et rendre compte par exemple de ghoṃs (gucchā). Il est possible au reste que les formes modernes à bh- initial soient en réalité plus authentiques que les formes correspondantes à b- du sanskrit ; et b- serait alors lui-même le résultat d'une dissimilation par la sifflante : on sait en effet que b- indo-européen est très rare et que b sanskrit représente plus d'une fois i. e. bh (v. Wackernagel, § 105; cf. l'observation de Pischel sur ghep- citée § 106); dans ce cas les formes modernes tiendraient au maintien de bh- ancien en présence de s ou r; ainsi s'expliquerait peut-être bher (h. ber, m. bor, skr. badara-); bhukṇem « aboyer » est le seul exemple où il n'y ait pas de sifflante : mais le mot peut admettre comme mot expressif un traitement spécial du même type que kās- > khas- « tousser ».
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En somme, sauf dans le cas de b- : bh- on peut admettre qu'il s'agit d'une assimilation — anormale d'ailleurs — de l'initiale à l'aspiration implicite dans la sifflante ou r : cette hypothèse semble se confirmer par l'examen des différentes formes correspondant à skr. kubja-, kubhrā-, cf. khujā, khubā à côté de kubḍā, et par jhumjhuṇem (yudhya-).
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On trouve un exemple analogue au précédent dans bhāph à côté de bāph (vāṣpa-), mais il n'appartient sans doute pas au marathe : l'existence de vāph dans cette langue fait soupçonner que la forme à b- est un emprunt ; on peut en dire autant de phattar à cause de son redoublement (cf. pāthar) et de themb (skr. tip- : step-) à cause de la sonorisation de p après nasale.
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Certains exemples peuvent s'expliquer encore par des contaminations : ainsi ghāgar (gargara-) « pot à eau » peut avoir subi l'influence de son homonyme ghāgrā « babillage » (gharghara-), qui exprimait du même coup le gazouillement de l'eau. Le nom du « filet » *phāṃs* ou du « dé à jouer » *phāsā* (*pāça-*, *pāçaka-*) peut avoir subi celle de la racine *sparç-* ; ce qui avait du coup l'avantage de désencombrer le radical *pās-* déjà représentant de *pārçva-* et *pāçāt*, voire *pakṣa-* (on constate inversement la désaspiration de l'initiale dans les semi-tatsamas faits sur *sparç-* : *paras* ; v. Grierson, *Phon.*, § 60, et cf. pr. *aputtha-* = *aspṛṣṭa-*, m. *apūt*). Mais il reste des formes réfractaires à toute explication, comme *phol* en regard de *pol* (*pkr. polla-*), et comme, surtout, les mots à *jh-* initial : l'aspiration y est postérieure à la *deci* dans *jhāḍ* et *jhoṭiṅ* ; cf. *jhomṇem* « dormir » en regard du canarais *jomp-* ; l'exclamation *jhem* à côté de *jem* « quoi » (*yat*) ; *jhaṇi* « même si » qui semble s'apparenter à *jāṇū* « comme si, comme » de la rac. *jan-* (skr. *jñā-*), surtout *jhālā*, participe passé du verbe « être », qui remplace tôt l'ancien *jālā* (*jāta-*). Les mots à *jh-* initial sont d'ailleurs généralement obscurs ; cf. § 107.
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§ 85. A la fin et à l'intérieur du mot, les exemples d'aspiration sont encore plus sporadiques et obscurs.
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Les tatsamas *kamp(h)*, *amk(h)* fournissent des exemples sûrs pour la finale ; le doublet *kap : kaph* désignant le « coton » est difficile à interpréter en l'absence d'une étymologie pour les formes *kāpūs* et *kapās* ; il reste possible que *kap* représente la forme la plus ancienne, dont *kaph* dès lors serait une altération ; il est également possible que *kaph* ait été emprunté à quelque dialecte où *s* devenu *h* (cf. s. pj. *kapāh*, or. *kapā*) et se soit ensuite désaspiré ; les mots *jāmb(h)* (*jambu-*), *vāk(h)-* (*valka-*) ne sont pas isolés : cf. *jāmb(h)ūl* et *vāk(h)aḷ* cités ci-dessous.
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§ 86. Les exemples d'aspiration à l'intérieur du mot sont un peu plus nombreux.
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Quelques-uns sont probablement de pure apparence. Le mot *vaghal-oghal* (*avagal-*) a pu subir l'influence du tats. *ogha-* ou de *ojhar* (*avakṣar-*); *muṃḍ(h)ā* « chauve » (*muṇḍa-*) a pu subir celle du mot *muṃḍhī* « tête » (*mūrdhan-*), qui par une action en retour est devenu *muṃḍī* ; *olaṃghṇem* porte peut-être la trace d'une contamination des racines *lag-* « tenir » et *laṅgh-* « sauter », ou *lambh-* « pendre » ; *buj(h)ṇem* (*pkr. bojja-*) a pu être influencé par son homonyme *bujhṇem* (*budhy-*); *gumphā* « retraite silvestre, berceau, caverne » semble malgré l'autorité d'Hemacandra se rapprocher mieux de skr. *guṣp-*, *guph-*, *gumph-* « tresser » que de la racine *gup-*, « cacher, protéger ».
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Un groupe à part est formé par les mots à -mb(h)-, où l'alternance est ancienne : le védique a ramb- : rambh-, le sanskrit oppose ambu- à ambhas- et abhra-, plus tard jambīra- à jambha- et jambhīra- (Wackernagel, § 109) : c'est ainsi sans doute que s'expliquent les formes ālamb(h)em, jāmb(h)ūl, bāb(h)ūl, peut-être même cumb(h)al (p. cumbaṭa-). Mais il reste encore bien des exemples tout à fait obscurs ; ainsi niḍ(h)al (lalāṭa-, pkr. niḍāla-), pāṃḍhar (pāṇḍara-), pārk(h)ā (pārākya-), pālkhī plus usuel que pālki (paryaṅka-), pemḍ(h)ī (piṇḍa-), vāphā vāphṇem (tats. vap-).
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§ 87. La désaspiration des occlusives aspirées se rencontre exclusivement à l'intérieur et à la fin du mot. Les cas où une consonne initiale non aspirée semble correspondre à une ancienne aspirée se trouvent dans des conditions spéciales : ainsi garat pour gharat (gṛhasthā) peut provenir d'une dissimilation provoquée par l'ancien -th final de *gharat(h)ā ; quant à dāī « nourrice », ce n'est pas pkr. dhāī, c'est un emprunt iranien.
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§ 88. La position finale est particulièrement favorable à la désaspiration ; aussi les exemples en sont assez nombreux à cette place. Du reste, à en juger par les hésitations de la graphie, non seulement en marathe mais dans les langues parentes et d'une langue à l'autre, la désaspiration doit être plus générale que l'orthographe ne le révèle. On trouve notés en marathe : Gutturales : bhīk (bhikṣā), bhūk (bubhukṣā) ; cauk (catuṣka-) ; jāṃg(h) (jaṅghā), mahāg (mahārgha-), savaṃg (samargha-) ; Palatales : gūj (guhya-), māj (madhya-), vāmj et sāmj, moins usités que vāmjh et sāmjh (vandhyā, sandhyā) ; Cérébrales : īṭ (iṣṭā) et ūṃṭ (uṣṭra-) ont déjà perdu leur aspiration à l'époque prākrite (iṭṭā, uṭṭa-, Pischel, § 304) ; on a de même apūṭ (aspr̥ṣṭa-, pkr. apuṭṭha-), kaṭ (kaṣṭa-), kaṃṭ (en regard de kaṃṭhā, kāṃṭhem, etc., skr. kaṇṭha-), nāṭ (en regard de nāṭhā, skr. naṣṭa-), pālaṭ (d'où pālaṭṇem ; cf. pālthā ; skr. paryasta-) ; laṭ (pkr. laṭṭhi-), lāṭ (pkr. laṭṭha-), saṭ(h) (ṣaṣṭi-), ciṭ (sr̥ṣṭi-), heṭ (pkr. heṭṭha) ; ākhāḍ (āṣāḍha- ; mais c'est sans doute un mot emprunté ; cf. les formes guz. et sindhi), koḍ(h) (skr. kuṣṭha-, koṭha-), diḍ(h) (pkr. divaḍḍha-), meḍ(h) (pkr. meḍhī) ; Dentales : garat (gṛhasthā), rohaṃt à côté de rovaṃṭh, romṭ(h) (romantha-), vīt (dial.vith, skr. vitasti-), çit (1° skr. siktha- ; 2° deçī sitthā), hāt (hasta-) ; ansūd (annaçuddhi-), āsand
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(açvagandha-), khād (pkr. khaddha-), gid(h) (gṛdhra-), pārad(h) (pkr. pāraddhi-), saband(h) (tats. sabandha- ; band au contraire n'a rien de commun avec skr. bandha-, c'est un emprunt au persan), sāmḍ(h) (sandhi-) ; Labiales : julūp (persan zulf), çem(b) (çleṣma).
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§ 89. A l'intérieur du mot les exemples de désaspiration sont également assez nombreux. Il est souvent difficile de dire si l'altération n'a pas son origine dans un mot plus court où l'aspirée était finale : ainsi on ne sait quelle est la forme primitive, de bhūk ou bhukṇem, de samṭ(h) ou sāmṭ(h)ṇem, de -sūd ou sud(h)ā, ni si les verbes à radical en -ṭ, terminaison d'un ancien participe, ont reçu leur radical sans aspirée ou ont perdu l'aspiration depuis. Inversement les formes du pkr. iṭṭā, uṭṭa-, si ce ne sont pas des réfections archaïques, semblent indiquer que l'altération des consonnes considérées ci-dessus comme finales a pu se produire au moment où elles ne l'étaient pas encore. Enfin il est tel cas où l'hésitation entre la consonne aspirée et la non aspirée est ancienne : ainsi dans le nom du « sucre », attesté d'une part sous la forme de skr. çarkarā, pkr. sakkara-, de l'autre sous celle de pali sakkhara, cf. σακχαρι, transcription provenant sans doute de l'Inde occidentale.
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Même en tenant compte de ces observations, il est impossible d'expliquer phonétiquement tous les faits. Dans les listes qui suivent on ne peut pas ne pas noter la fréquence des mots qui contiennent une sifflante ou une aspirée ; la dissimilation due à la présence de ces phonèmes explique sans doute pour une bonne part la chute de l'aspiration. Cette remarque s'applique d'ailleurs aussi à bon nombre des exemples de désaspiration en position finale ; mais les cas divergents sont trop nombreux pour qu'on se contente de cette explication. Mieux vaut ici encore grouper les exemples sans chercher à les interpréter tous :
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Gutturales sourdes : skr. ṣk est représenté par kh dans pokhar (puṣkara-), vikharṇem (viṣkar-), mais par k, non seulement dans dukal (duṣkāla- ; cf. pkr. dukkara- < duṣkara-), nikāmī (niṣ-karma-) où la composition, étant sentie, a pu conserver au mot principal son k initial (cf. deçī nikkaḍo < niṣkaṭa-, et probablement nikāl- emprunté par le marathe à l'hindi), mais encore dans sukā (à côté de sukhā, rare et sans doute étranger ; skr. çuṣka-). De même skr. *kṣ* représenté normalement par *kh* (v. § 104) l'est par *k* dans *çikṇem* (*çikṣ-*), *bhukṇem* (*bubhukṣ-* ; cf. *bhūk* < *bubhukṣā* plus haut), probablement aussi dans *pek(h)ṇem* (*prekṣ-*) et deux autres verbes sans doute aussi dérivés de la racine *ikṣ-*, *paikṇem* « attendre » et *aikṇem* « entendre » ; aucune trace d'aspirée non plus dans *pākli* (*pakṣma-*); outre le doublet *sākhar* : *sākar*, le marathe a les deux formes coexistantes dans *sāmk(h)ṇem* *sāmk(h)alṇem* (pkr. *samkhāi*), *sāmk(h)al* (*çṛnkhalā* ; la forme sans aspiration est attestée dans les prākrits jainas). — De même pour la sonore : *sāmgaḍ* *sāmgaḍṇem* *sāmgulṇem* (*samghaṭ-*), *sāmgnem* (pkr. *sam(g)h-*), *sumgnem* (cf. *sunghia-*);
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Palatales sonores : les passifs *dājṇem* (*dahya-*), *ruj(h)ṇem* (*ruhya-* ; mais peut-être existe-t-il un doublet indo-iranien sans aspiration, v. au lex.), *remjṇem* (*rih-*?), *cijṇem* (*sidhya-* ; *cijḥṇem* existe aussi, mais est moins autorisé) ; de même *samajṇem* (*-dhyā-*? ; cf. h. s. *samaj-*), *mājīm* *mājārīm* (*madhya-* ; cf. *māj* cité plus haut). Sur *nicc-* > *nic-* v. § 101.
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Cérébrales sourdes : *agṭ(h)ī* (*agnistha-*), *āṭkem*, *aṭīs*, *aḍsaṣṭ* (*aṣṭa-*), *bhaṭakṇem* (*bhraṣṭra-*), *sāmṭ(h)ṇem* (*samsthā-*), *ceṭ(h)ī* (*creṣṭhin-*). Il faut ajouter ici les verbes faits sur des thèmes de participe en *-ṭṭha* : *umaṭṇem* (*unmṛṣṭa-*?), *ghāṭṇem* (*ghṛṣṭa-*), *nisaṭṇem* (*nisṛṣṭa-*), *piṭṇem* (*pṛṣṭa-*), *miṭṇem* (*mṛṣṭa-* ; cf. *māṭhṇem*) ; l'étymologie de *sāṭ(h)īm* « pour » est incertaine : il semble à première vue qu'on ait affaire à un composé de *artha-* : mais les formes s. *sāṭo* « échange », g. *sāṭa* « en échange de » permettent de soupçonner la confusion de deux mots voisins de sens et semblables sauf l'aspiration : du reste *sāṭ-* est sans étymologie connue.
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Cérébrales sonores : *aḍīc* *aḍkā* *sāḍe* (*ardha-* ; cf. *diḍ(h)*), *oḍ(h)aṇ* *oḍ(h)aṇī* (deçi *oddhaṇam*, *ohāḍaṇī*), *sāḍ(h)ū* (*çālīvodha-*); *gāḍṇem* n'est pas sûr, il peut représenter *gart-* aussi bien que *gāḍh-* ; quant à *mumḍ(h)ī* (*mūrdhan-*) ce mot peut avoir subi l'influence de *muṇḍa-* sur lequel à son tour il a agi (v. § 85).
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Dentales sourdes : *ut(h)al* (pkr. *utthal-*), *kot(h)rib* pour *kothimbīr* (*kustumbari*). — Dentales sonores : *udav* (*uddhav-*), *sud(h)ā* (*çud-dha-* ; cf. *ansūd* cité plus haut) ; *vindrūm* doublet de *vindhrūm*, contient peut-être, non la racine *vindh-*, mais le skr. *vidra-*.
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Labiales sourdes : *apūṭ* (*aspr̥ṣṭa-*, pkr. *apuṭṭha-*) peut remonter à un ancien doublet sans *s* de la racine *sparç-*, ou résulter d'une dissimilation (pkr. **phuṭṭha-* > *puṭṭha-*) ; l'étymologie de *pāpṇī* (pakṣma-?) est douteuse : cf. pāklī. La forme vāphā est plus usuelle que vāpā (vāpya-) : l'homonyme vāph (skr. vāṣpa-) aurait-il agi ? — Labiales sonores : kubḍā (skr. kubhra-) remonte à un radical anciennement pourvu de deux aspirées, où la dissimilation s'est faite dans les deux sens ; cf. khubā et khujā (skr. kūbja-) ; hambā, hambar- résultent d'une dissimilation analogue (skr. ham-bhā, hambāra-) ; quant à jābāḍ, à côté de jābhaḍ, il est d'autant plus étrange que s'il est bien un composé de jāmbh + hāḍ l'aspirée avait double raison de subsister.
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§ 90. Les altérations portant sur le mode d'articulation exposées ci-dessus et celle de ch en s (v. § 102) sont les seules qu'aient subies les consonnes marathes d'une manière régulière.
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L'échange entre la sourde et la sonore (sauf le cas où cet échange est déterminé par le contact de deux consonnes, v. ci-dessus, § 82 et plus bas) est à peu près inconnu. Le verbe mac-ṇeṃ semble s'apparenter à madya- : le prākrit a déjà maccai, ce qui recule la difficulté à une époque antérieure au marathe; il n'est d'ailleurs pas sûr a priori que l'étymologie soit juste, ou qu'il n'y ait pas eu de contamination (cf. l'observation de Pischel au sujet de pkr. vaccai, rac. vraj-, § 202, note 3). A la finale de certains mots d'emprunt on trouve trace d'hésitation : ainsi jāp à côté de jāb (pers. jawāb) ; tats. akāṃt (skr. ākranda- « lamentation », peut-être influencé par ākrānta- « tourmenté par la passion »). Dialectalement on trouve s prononcé j (c'est-à-dire z) zakalā, zhavlī pour sakalā, sāvlī au Concan (cf. Molesworth, s. v. sāvlī et L. S. I. Mar., p. 6). Une évolution curieuse et inexpliquée, mais attestée dès le prākrit, est celle qui a mené en certains cas skr. ṣṭ et ṣṭh non seulement jusqu'à ṭh et ṭh, mais jusqu'à ḍh en position intervocalique ; voir § 112.
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§ 91. Le point d'articulation des consonnes marathes est en principe le même que celui des consonnes sanskrites. Quelques modifications partielles, et ne reposant sur aucun principe général, seront exposées à propos de chacune des catégories d'occlusives.