La formation de la langue marathe c4.s3.t7.4
La formation de la langue marathe c4.s3.t7.4
- Language
- French
c4.s3.t7.4
§ 118. A l'intérieur du mot, le sanskrit classique présente déjà quelques cas de cérébralisation : ainsi *aṭati*, *uḍumbara-* en regard des formes védiques *atati*, *udumbara-*. La liste s'en allonge quelque peu en marathe ; mais il est remarquable que les exemples remontent au prākrit ancien : *joḍṇem* a déjà son équivalent dans le Dhātupāṭha; *kaḍhṇem* (*kvath-*) et *paḍṇem* (*pat-*), attestés dans Vararuci, se retrouvent dans tous les prākrits ; *meḍh* (*methi-*) se lit dans les aṅgas jainas ; seul *maḍhū* (*madhu-*) paraît récent. Des analogies ont pu jouer ici : c'est par l'influence de *paḍi-* = skr. *prati-* et *paḍhama-* = skr. *prathama-* que M. Wackernagel essaie d'expliquer la cérébralisation de pkr. *paḍai* (§ 133 rem.) ; de même *methi-* a pu prendre la cérébrale de *meḍhra-*, et *madhu-* subir l'analogie d'un doublet perdu de *mau-*, où le *d* de skr. *mṛdu-* se serait cérébralisé. Quoi qu'il en soit de ces tentatives d'explication, il semble bien que ces mots ne sont pas proprement marathes ; il est même significatif que dans le mot *umbar* le marathe s'accorde comme le pali et le prākrit avec le védique (*udumbara-*) et se sépare du sanskrit classique qui admet la cérébrale (*uḍumbara-*).
Cites (2)
- Prākṛtaprakāśa — Vararuci, Sanskrit
- Dhātupāṭha — Pāṇini, Sanskrit