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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c5.s2: § II. Les fouilles du Gandhâra

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c5.s2

Language
French

§ II. Les fouilles du Gandhâra

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La découverte des richesses artistiques enfouies sous les ruines du district de Pêshawar ne remonte guère qu’à une cinquantaine d’années. L’unique préoccupation des premiers chercheurs, de Ventura, de Court, de Honigberger, de Gerard, de Masson, semble avoir été d’éventrer tous les stûpa, de Mânikyâla à Kâboul, pour y recueillir avant tout des monnaies anciennes; de sculptures, il n’en est que peu ou point question¹. On ne s’avisa de leur

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¹ C’est tout juste si Masson mentionne des «idoles, etc., à Hidda » (Ariana antiqua, p. 113). Pour une statue découverte près de Kâboul par Gerard, voir J. A. S. B., III, 1834, p. 363, et pl. XXVI, 1 (cf. plus bas, p. 24).

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trict, Lahore, 1883-1884, p. 22) d’où provient également un plat d’argent à motif bachique du British Museum (Archæologia, LV, Londres, 1897, p. 534). Sur deux fragments de statue provenant du Hazâra, voir Proc. A. S. B., mai 1861, p. 174, et pour les recherches de Cununingham à Takşaçilâ, Hasan-Abdâl et Mânikyâla, voir Arch. Survey Rep., II, V et XIV, ou encore Panjab Gazetteer, Rawâl-Pindi District, 1893-1894, p. 30 et suiv.

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importance qu’à partir de l’annexion du Penjâb à l’Inde britannique (1848-1849). En revanche, on s’est bien rattrapé depuis, et il n’est autant dire plus, au Gandhâra, de ruines qui n’aient été fouillées au moins une fois, le plus souvent sans plan arrêté et dans des intentions médiocrement désintéressées. L’histoire serait longue et lamentable (si les aveux des coupables permettaient de l’écrire) de toutes ces déprédations, depuis l’exploit du colonel qui, nous dit Cunningham¹, déménagea sur douze chameaux les statues de Jamâl-Garhî, jusqu’à ces « irresponsible diggings » dont le colonel Deane déplore avec raison les ravages dans le pays à peine ouvert du Swât². Presque nulle part on n’a eu le souci de déblayer à fond les édifices en vue d’en établir le plan et de restituer l’ordonnance de la décoration : on ne s’est occupé que de mettre la main sur des sculptures; encore n’a-t-on pas pris la peine d’enlever ou de mettre à l’abri celles qui étaient jugées trop lourdes ou trop fragmentaires pour valoir le transport. En maints endroits, torses décapités et reliefs mutilés jonchent les déblais³ et attestent l’ignorance et la brutalité avec laquelle les fouilles ont été, si l’on peut ainsi parler, conduites; car il y aurait quelque ironie à employer ce terme, alors que le plus souvent elles étaient abandonnées, sans aucune direction européenne, à la surveillance d’un subalterne indigène ou même à la discrétion des coulies recrutés au village le plus voisin. Les monuments du Gandhâra ne nous sont parvenus, il faut bien le dire, qu’à l’état de ruines voulues et non naturelles. Ils ont été détruits de main d’homme avant d’être ensevelis par le temps. Mais on peut se demander si leurs débris n’ont pas plus souffert dans ces dernières années du vandalisme des amateurs archéologues, qu’ils n’avaient fait, au cours des siècles précédents, du fanatisme des musulmans ou de l’industrie des chercheurs de trésors et des ramasseurs de briques et de pierres de taille. A cela, rien à faire; aussi bien est-ce partout l’histoire [Figure: FIG. 1. — RUINES DE TAKHT-i-BAHAI (cf. fig. 63). Vue du contrefort central, prise du sommet vers le Nord. Gravure extraite du Tour du Monde 1899.]

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¹ *Arch. Survey Rep.*, V, 1875, p. 46.

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² J. R. A. S., 1896, p. 664.

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³ Cf. *infra*, fig. 66, ou *Tour du Monde*, oct. 1899, p. 476, au premier plan.

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de ce qu'on pourrait appeler la période héroïque des fouilles. Il est seulement temps que le Gouvernement éclairé de l'Inde intervienne pour mettre un terme aux fantaisies d'antiquaires des Européens et un frein à la cupidité des indigènes. Nouveau danger plus grave encore, ceux-ci ont appris à connaître la valeur vénale de ces œuvres d'art, et l'appât du gain a eu vite fait de les transformer d'iconoclastes en marchands d'idoles. Au train dont vont les choses, il ne resterait bientôt plus, ni en deçà ni au delà de la frontière anglaise, aucun site historique à peu près intact pour les recherches méthodiques que l'on peut espérer de l'avenir. Diverses mesures récentes, l'érection en province distincte des districts de la frontière du Nord-Ouest, la réorganisation de l'*Archæological Survey* et la mise en vigueur d'une loi sur la « conservation des anciens monuments »¹, présagent heureusement l'ouverture d'une ère nouvelle pour l'archéologie du Gandhâra.

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¹ Introduit à l'« Imperial Legislative Council » en octobre 1903, le « Bill for the preservation of ancient monuments » a pris force de loi le 18 mars 1904, sous le gouvernement de Lord Curzon.

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LES FOUILLES OFFICIELLES. — Rien ne fait mieux mesurer l'étendue du mal que nous venons de signaler que le contraste entre le nombre considérable des ruines fouillées et le petit nombre des fouilles sur lesquelles nous possédons quelques renseignements. Les premières dont on ait gardé la trace imprimée sont celles que les lieutenants Lumsden et Stokes exécutèrent en 1852 dans les ruines de Jamâl-Garhî (fig. 65-66²), découvertes quatre ans auparavant par Cunningham; de leurs trouvailles, qui périrent en 1866 dans l'incendie du Crystal Palace, il ne reste que les lithographies accompagnant l'article que leur avait consacré E. C. Bailey, dans le *Journal de la Société asiatique du Bengale*³. En 1863, dans le même recueil, I. Löwenthal nous entretient des statues et bas-reliefs trouvés dans les environs de Pêshawar et de Naogram(1). En 1864, l'intéressant « Rapport sur les Yoûsoufzais » du Dr Bellew joint, à un aperçu des nombreux monuments anciens du pays, des détails précieux sur ceux qu'il avait particulièrement explorés à Shahr-î-Bahlol(2) et à Takht-î-Bahai (fig. 1 et 63). C'est surtout à ce dernier site que travaillèrent, en 1869-1870, les sapeurs du général Mac-Lagan, et c'est encore de lui que provenait en grande partie la collection rapportée peu après en Europe par le Dr Leitner(3).

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² Voir encore *Tour du Monde*, 1899, p. 481 (vue du n° 1 du plan de la fig. 64) et p. 452 (vues des n°s 2, 4 et du n° 5 du même plan).

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³ J. A. S. B., XXI, 1852, p. 608-621, et pl. XXV-XLII. Pour deux autres têtes de mortier de chaux trouvées à la même époque « près de Pêshawar », voir *ibid.*, p. 634 et 511, pl. XIX et XX.

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L'intérêt et les controverses qu'elle souleva semblent avoir provoqué les recherches plus étendues qui se firent les années suivantes sous l'impulsion de Cunningham et dont les principaux résultats ont été réunis par lui dans le volume V de l'Archæological Survey of India (1875). C'est d'abord une exploration plus complète de Takht-î-Bahai sous les ordres du sergent Wilcher (janvier-avril 1871)(4). Les « sapeurs et mineurs » reprenaient en même temps les fouilles de Jamâl-Garhî, que la 8e compagnie, dirigée par le lieutenant A. Crompton, achevait en mars-avril 1873(5). Deux ans après, ils travaillaient encore, sans suite ni succès, dans les tertres de Shâh-jî-kî-Dhêrî et de Takkâl, près de

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(1) J. A. S. B., 1861, p. 411, et 1863, p. 1 : On the antiquities of Pêshawar District.

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(2) H. W. BELLEW, General Report on the Yûsufzais, Lahore, 1864 : cf. Panjab Gazetteer, Pêshawar District, 1897-1898, p. 46 et suiv. Vue de Shahr-î-Bahlol, Tour du Monde, 1899, p. 544.

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(3) I. A., 1873, p. 242, et 1874, p. 158; COLE, Memorandum, p. 1, note; CUNNINGHAM, Arch. Survey Rep., V, préface; V. SMITH, J. A. S. B., LVIII, 1, 1889, p. 120; W. SIMPSON, J. R. I. B. A., 1893-1894, p. 95.

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(4) Panjab Gov. Gazette, Suppl., 6 août 1873 : Report on the exploration of Buddhist ruins at Takht-î-Bahai, Yûsufzai, during the months of January, February, March and April 1871, by a detachment of the Bengal Sappers and Miners from the command of Sergeant F. H. WILCHER, R. E., p. 528-532.

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(5) Panjab Gov. Gazette, Suppl., 12 févr. 1874 : Report on the exploration of the Buddhist ruins at Jamâl-Garhî during the months of March and April 1873, by the 8th company, Sappers and Miners, under the command of Lieutenant C. A. CROMPTON, R. E., p. 1-7 (avec plans et croquis).

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Pêshawar¹. De leur côté, la 9e compagnie et le lieutenant S. Grant se chargeaient des ruines de Kharkai (fig. 67), déjà entamées en 1851 par le lieutenant Lumsden et d'où quelques fonctionnaires et Cunningham lui-même s'étaient depuis procuré de nombreuses sculptures². Elle trouva encore quelques jours à consacrer à Tarêli, au nord du gros bourg de Sawal-Dhêr, lequel passe pour avoir fourni au Dr Bellew quelques-unes des plus belles pièces du Musée de Lahore³. Mais c'est seulement les trouvailles antérieures à l'été de 1873, « provenant pour les neuf dixièmes de Jamâl-Garhî », que Cunningham a réunies dans sa *List of sculptures from Yûsufzai*, laquelle ne contient pas moins de 165 numéros⁴.

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¹ *Panjab Gov. Gazette, Suppl.*, 18 nov. 1875 : *Report on the explorations at mound Shâh-ji-ki-Dhêri, near Pêshawar, by a detachment of the Sappers and Miners under the command of the late Lieutenant C. A. Crompton, R. E.*, et *Report by Lieutenant P. Haslett, R. E., on the explorations at Takkal, near Pêshawar, during April and May 1875, by the 4th and 8th companies, Sappers and Miners, under the command of the late Lieutenant C. A. Crompton, R. E.*, p. 717 *et* 719 (avec croquis); cf. *ibid., Suppl.*, 30 mars 1876, p. 238-239.

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² *Panjab Gov. Gazette, Suppl.*, juin 1874 : *Report on the exploration of the Buddhist ruins near Kharkai during the months of March and April 1874 by the 9th company, Sappers and Miners, under the command of Lieutenant Skene Grant, R. E.*, p. 439 (manque dans l'exemplaire de l'India Office Library). Cf. *Arch. Survey Rep.*, V, p. 53-54, et Cole, *Memorandum*, p. 1, note.

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³ *Arch. Survey Rep.*, V, p. 55. Vue de Tarêli dans *Tour du Monde*, 1899, p. 479.

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⁴ *Arch. Survey Rep.*, V, *Appendice B*, p. 197.

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Survint la double expédition de Kâboul (1878-1880); M. J.-D. Beglar, assistant de Cunningham⁵, profita de l'occupation de la passe du Khaïber par les armes anglaises pour déblayer en janvier 1879 les restes d'un sanctuaire bouddhique découvert près d'Ali-Masjid (fig. 2), tandis que, de son côté, M. W. Simpson fouillait le « tope » d'Ahin-Posh⁶. La guerre terminée, le Gouvernement du Penjâb sanctionna de nouveau à la fin de 1881 — apparemment sur l'initiative du major H. Cole, qui venait d'être nommé « conservateur des anciens monuments de l'Inde » —

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⁵ *Arch. Survey Rep.*, XIV, 1882, préface, et Cole, *First Report*, App. H, III, p. LXVI.

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⁶ Cf. plus haut, p. 7, n. 2, et plus bas, p. 76, n. 1.

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[Figure: FIG. 2. — RUINES DE STŪPA DÉBLAYÉES PRÈS D'ÁLI-MASJID (cf. fig. 81). D'après une phot. de M. J.-D. BEGLAR — Gravure extraite du Tour du Monde, 1899.]

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« l'emploi de compagnies de sapeurs indigènes commandées par un officier européen, pour faire des recherches archéologiques dans le district de Pêshawar ». Cunningham en traça le programme et l'un de ses assistants, M. W. Garrick, fut envoyé sur les lieux. Il ne semble pas que cette campagne de 1882 ait donné de grands résultats. La 4e compagnie, sous les ordres du lieutenant Martin, ne fit qu'effleurer les ruines de Chârsadda; et la 10e compagnie, partie seulement vers la fin de mars 1882 sous les ordres du lieutenant Maxwell, travailla un mois, sans grand profit, sur la colline de Karamâr¹. Quant à M. Garrick, il commença un peu partout, à Chârsadda, à Tarêli, à Shâhbâz-Garhî, à Takkâl, des excavations qu'il ne poussa nulle part, et qui, à en juger par ce qu'il en dit, furent pires qu'inutiles².

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¹ Report on Buddhist explorations in the Pêshawar district by the 10th company, Sappers and Miners, under the command of lieutenant C. MAXWELL, R. E., during April 1882, Lahore, 1882. M. Ph. VOGEL a eu l'obligeance de nous donner communication de cet opuscule qui manque à l'India Office Library. Des fouilles furent opérées à Kotki, près d'Ouriya, et dans le voisinage des villages de Tajâ, Chârgoul et Râna-Galiara : les premières seules furent fructueuses; le résultat en fut expédié au Musée de Lahore.

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² Arch. Survey Rep., XIX, 1895, p. 91-137. Pour la destruction d'un des derniers stûpa du Kaçmîr (encore figuré dans H. COLE, Ill. of ancient buildings in Kachmir, Londres, 1869, n° 36) par le même soi-disant archéologue, voir M.-A. STEIN, trad. de la Râjataranginî, I, p. 140, note.

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Un nouvel essai, celui-ci plus heureux, fut tenté en 1883, toujours sur les indications et même la lointaine direction du major Cole³. S'attaqua — non plus manu militari; cette fois, ce furent les villages qui fournirent la main-d'œuvre — aux nombreux couvents cachés dans chaque repli de montagne entre Kharkai et Kaçmîr-Smats. La charge des fouilles fut surtout confiée au jemadâr Kaleh-Khân, qui avait déjà eu l'occasion de faire son apprentissage d'archéologue, pendant la dernière guerre afghane, aux dépens des *stûpa* de Jellalabad. On ne saurait blâmer la façon dont le brave subalterne indigène exécuta sa consigne. Si les bâtiments sont mal déblayés et les plans fort rudimentaires, du moins la moisson de sculptures fut des plus abondantes. Le couvent de Sanghao en fournit à lui seul 134, et celui de Koi-Tangai, près de Miyân-Khân, plus de 300. Le « monastère supérieur » et le « monastère inférieur » de Nathou¹ en livrèrent chacun 79, sans compter les pièces de stuc. En somme 503 statues et bas-reliefs sortirent de quatre misérables emplacements, qui tous ensemble tiendraient à l'aise dans un carré de quarante mètres de côté. Quelques coups de pioche donnés deci, delà, dans d'autres sites du voisinage, Mala-Tangai, Mîr-Jahan, Babouzai, portèrent le nombre total à plus de 700 : et l'exploration de ce canton est loin d'être achevée. Il faut s'applaudir qu'on ait eu l'idée de marquer tous ces morceaux de la lettre initiale du lieu de leur trouvaille : c'est ainsi l'une des rares collections dont l'origine exacte soit encore aujourd'hui connue.

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³ H. COLE, Memorandum on ancient Monuments in Eusofzai (sic), with a description of the explorations undertaken from the 4th February to the 16th April 1883, and suggestions for the disposal of the sculptures, Simla, 1883. Cf. Second Report of the Curator of ancient Monuments in India, for the year 1882-1883, App. I, et Third Report . . . for the year 1883-1884, p. 22, et App. I, S et T.

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¹ Pour des vues de Kaçmîr-Smats, Sanghao et Nathou, voir *Tour du Monde*, 1899, p. 483, 485, 486, 487 et 489. Notons en passant que les noms des deux couvents de Nathou leur viennent de leur position respective, en amont ou en aval, par rapport au ruisseau qui coule dans le ravin les jours de grande pluie; en fait, le « lower monastery » est situé sur le versant de la colline à une altitude bien supérieure à celle de l'« upper one ».

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Elle partage, il va sans dire, ce mérite avec celle que le colonel Deane tira en 1889 d'un coin du ravin non moins insignifiant et aride de Sikri ou Shikar-Tangai (le Val de la chasse). Ces fouilles méritent une place à part, non seulement à cause des chefs-d'œuvre qui se trouvent au nombre des quelque 400 sculptures recueillies, mais aussi en raison de la méthode avec laquelle elles furent dirigées² et qui nous vaut de posséder au milieu de la galerie archéologique de Lahore une base ronde de *stûpa* dans son état original (fig. 73). Une chance du même genre et non moins méritée échut encore au colonel Deane, quand, de concert avec M. Stuart Waterfield, il découvrit près de Gandhairi, également *in situ* et enfouie sous quelques pieds de terre, une autre petite base carrée à peu près intacte : divers fragments, et notamment les débris du pinacle de parasols qui gisaient à côté, ont permis de tenter une reconstruction de cet édicule¹, qui, après avoir décoré le jardin de la maison du magistrat à Pêshawar, orne à présent le vestibule du Musée de Calcutta (fig. 72).

v1.c5.s2.35

² *Memorandum by Capt. H. A. Deane, assistant commissioner, Mardàn, on excavations at Sikri, Yûsufzai, Panjab Gov. Press, Lahore, 21 déc. 1889* (les plans manquent). *Cf. J. A.*, viiiᵉ série, XV, 1890, p. 139 et suiv., et xᵉ série, II, 1903, p. 185 et suiv. Il est juste d'ajouter

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¹ Cf. J. R. A. S., 1896, p. 668.

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Les fonctions de *political officer* près l'expédition du Chitrâl, puis en Swât et Dîr devaient encore permettre au colonel Deane de rendre d'autres services signalés à l'archéologie². Le moindre ne fut pas de diriger et parfois de contenir l'ardeur de néophytes dont tous les officiers du corps d'occupation s'étaient soudain sentis transportés à la vue des nombreuses ruines de l'Udyâna. Grâce à son influence et au zèle également désintéressé du major F. Maisey, commandant du poste de Dargai, une part du butin artistique recueilli sur les deux versants des montagnes du Swât fut réservée aux collections publiques. C'est surtout, comme nous verrons, le Musée de Calcutta qui en a profité — non, à ce que dit l'histoire, sans que le gouvernement du Penjâb en ait éprouvé sur le moment quelque dépit. Le forcement de la passe du Malakand est d'avril 1895; dès l'automne suivant, le Dr L. Waddell et M. A.-E. Caddy furent tour à tour députés par Sir Charles Elliot, lieutenant-gouverneur du Bengale, pour prendre livraison des sculptures rassemblées à cette intention. Au printemps de 1896, sous les auspices du colonel Reid, commandant le poste de Chak-

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² Pour ses travaux d'exploration et d'identification, voir plus haut, p. 19; à noter encore la recherche des inscriptions, en partie énigmatiques, qu'il a proposées à la sagacité du monde savant (J. A., IXe série, IV, 1894, p. 332 et 504, et VI, 1895, p. 379-380; J. A. S. B., 1898; J. R. A. S., 1899, et cf. 1903, p. 238 et suiv.; *Sitzungberichte der K. P. Akademie der Wissensch.*, Berlin, 14 févr. 1901, etc.).

v1.c5.s2.39

qu'avant de débuter ainsi par un coup de maître, l'archéologue improvisé avait eu l'occasion de conférer avec M. J. Burgess, alors directeur général de l'Archæological Survey of India, sur la méthode à suivre dans ce genre d'explorations.

v1.c5.s2.40

darra, M. A.-E. Caddy déblaya en outre avec autant de soin que de fruit, dans la passe de Shâhkot, la base du stûpa de Loriyân-Tangai (fig. 3-5). C'est la dernière exploration officielle en date avant celle, dont nous avons déjà parlé, de M. A. Stein au Bounêr (1898); et avec elles se termine, pour ce qui est du dernier siècle, la maigre liste que nous avons essayé d'en dresser. Il va de soi que celle des trouvailles et des acquisitions privées serait singulièrement plus longue, s'il n'était tout à fait exceptionnel que ces dernières prissent le chemin de quelque musée ou fissent seulement l'objet d'une publication(1).

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