L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c5.s5.10
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c5.s5.10
- Language
- French
v1.c5.s5.10
Nous en avons de meilleures encore pour remonter celle qu’il attribue à son ouverture. Quand il déclare qu’« à son avis les œuvres les plus anciennes de l’école romano-bouddhique de Pêshawar datent d’environ 200 après J.-C. », il méconnaît à son tour deux des données capitales du problème. Un article de M. E. Senart, paru sur ces entrefaites¹, relevait à l'avance, en réfutant Fergusson, l'omission de M. V. Smith. Le savant français nous paraît, en effet, avoir fondé toute cette chronologie sur une base solide par deux remarques indiscutables. Tout d'abord les monnaies de Kaniṣka attestent que la création du type hiératique du Buddha nimbé, véritable marque de fabrique de l'école gréco-bouddhique, était dès le Ier siècle — ou tout au plus au début du IIe² — un point acquis. En second lieu, l'apparition courante de ce même type sur les balustrades du stūpa d'Amarâvatî nous est une preuve qu'à la date de leur construction l'art du Nord-Ouest de l'Inde avait non seulement fixé ses traditions, mais encore étendu son influence jusqu'au S.-E. de la péninsule : or les inscriptions des Andhras, gravées sur ces balustrades, ne permettent pas de faire descendre leur érection plus bas que le IIe siècle de notre ère. Il s'ensuit aussitôt que « la période de floraison et de grande expansion de cet art est antérieure à la seconde moitié du IIe siècle ». Aucune considération de style, si spécieuse qu'elle puisse être, ne prévaudra jamais contre ces arguments de fait³.