L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c5.s5.7
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c5.s5.7
- Language
- French
v1.c5.s5.7
LA DATE. — On sent toute l'importance qu'a la question du style quand il s'agit de fixer la date d'une école artistique; encore les raisons de goût et de sentiment ne doivent-elles pas nous faire négliger les témoignages épigraphiques et numismatiques qui restent, après tout, les plus sûrs. Peut-être nous aideront-ils à décider entre les diverses opinions qui ont été avancées par les trois autorités que nous venons de citer. Cunningham eut le grand sens de ne pas faire remonter ces monuments à l'époque d'Alexandre ni même de ses successeurs immédiats : « La plus grande partie, écrit-il en 1875, doit dater de 40 avant J.-C. à environ 100 après ». Plus tard, ses idées se seraient un peu modifiées et il aurait placé l'exécution de ces sculptures entre 80 et 200 de notre ère (1). Quant à Fergusson, il se laisse entraîner par ses comparaisons byzantines et par ses opinions erronées sur la basse époque de la balustrade d'Amarâvatî; tout en admettant que « certaines œuvres pouvaient être aussi anciennes que le Ier siècle de l’ère chrétienne », il estime que le gros d’entre elles est postérieur au IIIe et au IVe et que les séries s’étendent jusqu’au VIIIe siècle (1). M. V. Smith ne partage l’avis de l’un ni de l’autre : se refusant à remonter aussi haut que Cunningham et à descendre aussi bas que Fergusson, il fait tenir son école romano-bouddhique de Pêshawar entre 200 et 450 de notre ère (2).