L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c6.s2.7
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c6.s2.7
- Language
- French
v1.c6.s2.7
Toutefois ce serait trop s'avancer que de dire que ce fût le seul. La généralité de son emploi ne doit pas nous faire oublier l'existence d'au moins deux systèmes beaucoup plus rares, mais d'un aspect non moins caractéristique et d'une époque probablement antérieure. Le plus archaïque des deux serait celui dont nous n'avons retrouvé d'exemples que sur la colline sacrée qui domine Shâhbâz-Garhî (2). C'étaient, selon toute apparence, les murs de soutènement de quelque terrasse de *stûpa*. Nous ne serions nullement surpris que, avec leur appareil quasi cyclopéen et en raison de la dimension des blocs qui y entrent (fig. 29 *a*), ils ne fussent contemporains de l'inscription voisine d'Açoka. L'usage d'une autre méthode, également fort ancienne, nous est encore attestée, pour ne rien dire de Mânikyâla, par le magnifique parement en pierres de taille du vieux *stûpa* de Chakpat (fig. 10-12). La base de celui qui lui servait d'enveloppe (3) était, au contraire, bâtie de la façon habituelle et que nous avons déjà décrite, en moellons garnis. La transition entre les deux procédés nous est, semble-t-il, fournie par les murailles de Rânîgat (fig. 34) : là, bien que les pierres aient été soigneusement taillées, les interstices horizontaux sont déjà remplis par des lamelles rapportées. Que ce remplissage commode aille se développant et gagne jusqu'aux interstices verticaux, et nous avons le nouveau type; mais peut-être est-il encore plus simple de faire dériver directement celui-ci du vieil appareil polygonal (cf. fig. 29). Sa parfaite appropriation à la mise en œuvre des blocs et feuilles de schiste que les collines du pays fournissaient en abondance a fait le reste; on ne s'en fut pas plutôt avisé, qu'il