L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.2
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.2
- Language
- French
v1.c7.s2.2
Les conclusions auxquelles nous a conduits l'étude des motifs décoratifs sont grosses à leur tour d'indications sur la méthode qu'il convient d'appliquer à l'interprétation des scènes légendaires. Cette accommodation croissante, et dont nous venons de constater tant de preuves, des sujets et des procédés les plus classiques au goût et aux habitudes des donateurs indigènes, implique en effet l'intention de plaire de plus en plus à leurs yeux : de là à vouloir parler à leur esprit, il n'y avait qu'un pas. Aussi ne chercherons-nous pas dans les bas-reliefs, dont nous abordons à présent l'examen, des sujets empruntés à la fable grecque ou latine. Qu'ils représentent des épisodes mythologiques ou des tableaux de genre, leur variété, hiératique ou familière, n'a point pour but de fournir des illustrations aux *Métamorphoses* d'Ovide ou à quelque roman milésien : les gens du Gandhâra n'en auraient que faire. Si imbus que fussent les sculpteurs de la tradition classique, ils ne pouvaient espérer intéresser des Indiens qu'à condition de tirer leurs sujets des mythes et des légendes de la contrée : or c'est ce dont l'Inde, elle aussi « mère des fables », manquait le moins. Entre toutes les religions et sectes qui y pullulent, c'est la plus ouverte aux influences étrangères, à savoir le Bouddhisme, qui a été surtout, sinon exclusivement mise à contribution. Nous aurons à revenir plus tard sur les raisons particulières de ce fait historique : pour le moment bornons-nous à constater que si nous devons chercher dans les textes, seuls guides dignes de foi de l'archéologue, le commentaire de nos sculptures, c'est aux écritures bouddhiques qu'il faudra nous adresser. Celles dites « du Nord », rédigées en sanskrit à peu près dans la même région où furent exécutés les bas-reliefs, nous fourniront probablement une aide plus considérable que la rédaction pâlie. Çà et là, quand l'original indien est perdu, la traduction chinoise ou tibétaine viendra à notre secours. Enfin nous ferons à l'occasion usage et état, en dépit de leur date relativement tardive, des relations des pèlerins chinois; ils ont vu en effet de leurs yeux une bonne partie de ces sculptures et souvent, écrivant sous la dictée de leurs cicerone, ils nous ont transmis l'écho des commentaires oraux dont elles étaient l'objet : aussi leurs notes de voyage forment-elles, en bien des cas, le complément indispensable des textes sacrés.
Linked texts (1)
- Metamorphoses — P. Ovidius Naso, Latin