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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.3

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.3

Language
French

v1.c7.s2.3

Si nous cherchons maintenant à quoi, dans la masse de la tradition bouddhique, se sont attaqués les artistes en quête de motifs, nous trouverons que tout naturellement ils sont allés droit aux scènes de légendes et de morale en action. Étant données les conditions de l'art plastique, il n'en pouvait être autrement. Ni les préceptes abstraits, ni les spéculations métaphysiques ne se prêtent à l'illustration. Exception ne doit être faite que pour la fameuse « roue » dont le modèle, déjà décrit dans le Divyâvadâna, se rencontre à Ajaṇṭâ¹, et qui est un véritable microcosme : sur le plat de sa jante se déroule la série des huit causes-effets dont l'enchaînement mène éternellement l'humanité de « l'ignorance » à la mort, et, entre les rayons, sont dépeintes les diverses conditions où l'homme est susceptible de renaître dans le cercle de la transmigration. Mais en dehors de cette composition, le Bouddhisme ne connaît guère d'image de piété qui ne représente quelque épisode tiré de la vie, ou plutôt des vies de son fondateur. Tandis que l'art chrétien s'inspire à la fois de la biographie du Christ et de celle de ses apôtres, et puise aussi bien dans la « Vie des saints » que dans les Évangiles, l'art bouddhique tourne ainsi tout entier autour de la personne du Buddha. La matière n'en était pas moins considérable. Si les Bouddhistes ne possédaient pas de véritable biographie de leur Maître, il n'était en revanche beau trait de charité, de désintéressement et de sacrifice qu'ils n'eussent transformé en un incident de l'une de ses existences passées, ainsi que la doctrine de la palingénèse les y invitait d'ailleurs assez. On comprend dès lors le nombre et la variété des bas-reliefs que nous allons étudier et auxquels la plupart des motifs décoratifs plus haut énumérés ne font que servir de cadre. Si nombreux et divers qu'ils soient, toujours nous trouvons qu'ils représentent une scène édifiante, et presque toujours l'édification réside dans le fait que, sous une forme ou sous une autre, l'ascète d'entre les Çâkyas (*Çakya-muni*) en est le protagoniste. Il en résulte que tous viennent naturellement se disposer dans l'ordre traditionnel pour former une sorte de légende illustrée du Buddha.

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