L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t2.14
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t2.14
- Language
- French
v1.c7.s2.t2.14
L'INTERPRÉTATION DU SONGE. — Mais tout d'abord, que ce ne soit ou non qu'un rêve, l'apparition de l'éléphant blanc demande si bien à être expliquée, que — c'est encore le *Lalita-vistara* qui parle, non sans naïveté — elle a été tout exprès choisie d'après les livres des brahmanes pour que ceux-ci ne pussent se tromper au sujet de l'interprétation à lui donner¹. C'est pourquoi sur la figure 160 *b*, immédiatement à la gauche — donc, à la suite — de la descente de l'éléphant, vous apercevez un brahmane astrologue occupé à en expliquer le sens au roi Çuddhodana et à la reine, son épouse. Mais ici encore, pour vérifier l'identification, nous devons recourir aux textes. Or, si nous feuilletons la *Nidâna-kathâ*², nous constatons que la tradition du Sud met par trois fois le roi Çuddhodana en rapport avec des devins brahmaniques à l'occasion de la naissance de son fils : la première fois (c'est au lendemain de la conception), ces brahmanes lui donnent la clef du songe de la reine; la seconde fois (c'est le jour même de l'accouchement), un grand ascète du nom de Kâladêvala, celui que les textes du Nord appellent Asita, lui prédit, riant et pleurant tour à tour, le glorieux avenir réservé au nouveau-né; la troisième fois (c'est cinq jours plus tard), ses astrologues ordinaires, les mêmes qui lui avaient déjà expliqué le songe, tirent, selon la coutume indienne, l'horoscope de l'enfant. Si nous nous reportons maintenant au *Lalita-vistara*, nous trouvons que ces trois occasions ont été réduites à deux : l'interprétation du songe existe toujours à part, mais à présent c'est le ṛiṣi Asita qui, à travers ses larmes, explique les trente-deux signes principaux et les quatre-vingts signes secondaires où se marque la prédestination du Bodhisattva. En revanche le dieu Mahêçvara, accompagné de douze mille autres divinités, reprend et complète sa prédiction. Dans le *Mahâvastu*, au contraire, les dieux passent d'abord et c'est Asita qui corrige leurs erreurs de diagnostic. Pour Hiuan-tsang, il n'y a plus de doute : bien qu'il n'ignore pas l'existence d'autres augures, c'est le ṛiṣi Asita « qui tira l'horoscope du prince royal ». Il y a de fortes présomptions pour que la responsabilité de ces flottements de la légende incombe aux monuments figurés.
Cites (2)
- Mahāvastu — Sanskrit
- Lalitavistarā — Haribhadra Sūri, Sanskrit