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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t2.30

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t2.30

Language
French

v1.c7.s2.t2.30

C'est le motif ainsi précisé et fixé que nous retrouvons fidèlement colporté du Gandhâra dans tout le bassin du Gange, à Bénarès, à Gayâ et jusqu'au Népâl, etc. Nous avons eu déjà l'occasion de signaler à quel point cette transmission avait été fidèle : on en trouvera encore ici un exemple au bas de la figure 209, provenant de Sârnâth, et où Indra est porteur de sa haute coiffure caractéristique. Si nous nous transportons dans le Sud, à Amarâvatî, nous constatons au contraire que l'imitation est moins fidèle. Assurément la pose de Mâyâ reste toujours la même; mais parfois l'enfant n'apparaît pas plus dans l'accouchement que, tout à l'heure, l'éléphant dans la conception; de plus, les quatre divinités, rangées dans l'attente à la droite de la mère et tenant toutes le même lange, rappellent les quatre Mahâ-brahmâ de la tradition pâlie, plutôt que l'Indra et le Brahmâ de la tradition du Nord. A ce double point de vue, l'influence d'Amarâvatî semble, comme il était naturel de s'y attendre, s'être répercutée en Indo-Chine et dans l'Insulinde. Nous donnons ici, d'après un moulage conservé à Phnom-Penh et dont il existe une épreuve au Musée du Trocadéro, une version cambodgienne de la naissance du Bodhisattva : il ne peut faire aucun doute que le dieu à quatre bras et à quatre faces qui reçoit le nouveau-né ne soit Brahmâ (fig. 153). D'autre part, nous constatons que, dans la scène correspondante, à Boro-Boudour, l'enfant est déjà fort éloigné de sa mère et en devoir d'accomplir le miracle suivant, celui des « sept pas »(1).