L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t2.31
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t2.31
- Language
- French
v1.c7.s2.t2.31
LES SEPT PAS. — Si fort que nous craignions de nous laisser entraîner à exagérer l'influence des monuments sur la fixation de la légende bouddhique, il nous faut bien reconnaître ici encore, dans les textes accessibles, une suite de variations qui ne peut guère s'expliquer autrement que par elle. Dans la tradition reflétée par la Nidâna-kathâ, le Bodhisattva, à peine né, commence par être baigné, tout immaculé qu'il soit d'ailleurs, par deux averses célestes, après quoi seulement il fait les sept pas traditionnels. Dans l'école du Gandhâra, l'usage s'est au contraire établi, comme nous allons voir, de placer le « bain » après les « sept pas » et immédiatement avant le « retour du parc de Lumbinî ». Il va de soi que ces incidents sont enregistrés dans le même ordre par l'archéologue trop méconnu qui a nom Hiuan-tsang. Le rédacteur du Lalita-vistara résiste mollement à ces tendances nouvelles; il commence par maintenir, d'accord avec la coutume de l'Inde et d'ailleurs, que le bain a immédiatement suivi la mise au monde, mais cela ne l'empêche pas de dire un peu plus bas que le Bodhisattva « aussitôt né » (jâtamâtra) fit ses sept pas. Celui du Buddha-carita, sagement éclectique, décrit deux fois le bain, avant et après les sept pas. Celui du Mahâvastu se rallie nettement à l'usage des sculpteurs : pour lui, le Bodhisattva éprouve aussitôt le besoin de se dégourdir les jambes, et, « fatigué de son séjour dans le sein maternel, marche les sept pas »(2). C'est ainsi que, non seule-
Cites (3)
- Mahāvastu — Sanskrit
- *Buddhacarita — Sanskrit
- Lalitavistarā — Haribhadra Sūri, Sanskrit