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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s2.t3.34

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s2.t3.34

Language
French

v1.c7.s2.t3.34

LES LUTTES. — Un heureux hasard nous a, en effet, conservé aux musées de Madras et de Paris deux bouts de frise à deux compartiments qui s'accordent à représenter une scène de lutte à main plate (*sâlambha*), l'une immédiatement après le concours à l'arc, l'autre immédiatement avant la cérémonie du mariage. Les textes en tombent d'accord, mais sans autrement y insister. Sur les figures 171 *b* et 172 *a*, nous apercevons deux jeunes Çâkyas déjà aux prises : à côté d'eux un autre attend son tour. A droite de la figure 172 est assis un personnage qui est évidemment un des juges du camp ; la question de savoir si nous devons reconnaître en lui le père du Bodhisattva ou celui de la fiancée est secondaire. Qu'il ait nom Çuddhodana ou Daṇḍapâṇi, il est vêtu à l'ordinaire, tandis que les jeunes athlètes ne portent qu'un étroit caleçon avec un bourrelet pour ceinture. Cette dernière prend une allure encore plus caractéristique sur un fragment de facture infiniment supérieure, le n° *G.* 82 de Calcutta (*A. M. I.*, pl. 148) : ce n'est plus qu'un pagne réduit à sa plus simple expression, et l'un des athlètes est même complètement nu. Ici encore la présence de trois spectateurs, dont deux femmes, et même, à droite, d'un jeune archer, aurait pu nous aider à identifier la scène, en dépit de son état fragmentaire et surtout de l'apparence adulte des lutteurs : mais il va de soi qu'elle prend infiniment plus de force depuis que les bas-reliefs de Madras et du Louvre nous ont fixés sur le sens précis et jusque sur la place du motif. Nous ne craindrions même pas de remonter plus haut encore en arrière et de deviner une ancienne version de ce même épisode dans le médaillon mutilé de Barhut (CUNN., pl. XXXV, 2), qui représente deux jeunes lutteurs étroitement enlacés. Il est à noter qu'ils ont déjà les mêmes cheveux courts et bouclés que nous voyons parfois aux athlètes du Gandhâra. Enfin il vaut peut-être la peine de remarquer l'extrême popularité dont jouissent toujours les joutes de lutte dans tout le nord-ouest de l'Inde, exactement comme au temps quasi-préhistorique

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