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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t3.54

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t3.54

Language
French

v1.c7.s3.t3.54

turban ; à sa gauche, coiffé de son chignon, se tient Brahmâ (cf. fig. 194 et 197). C'est à ce dernier, en effet, qu'appartient, ici encore, la place d'honneur. Selon la tradition pâlie, il intervient seul ; d'après les textes du Nord, c'est lui qui prend l'initiative de la démarche collective des dieux, lui qui, après l'échec d'Indra et le sien propre, revient à la charge et finit par emporter le consentement du Buddha. Sa place seule pourrait à la rigueur suffire, au moins sur cette frise, pour déterminer le sens de la scène. Toutefois un scrupule est venu au sculpteur : les entrevues du Buddha avec les dieux — sans parler de leurs pareils, les rois — sont si fréquentes dans la légende que, réduite à ces traits essentiels, celle-ci pouvait prêter à confusion. L'on nous contera par exemple, tout à l'heure, que Brahmâ et Indra, avec les quatre gardiens du monde, rendaient visite au Bienheureux alors qu'il résidait dans ces mêmes parages, chez l'anachorète Kâçyapa d'Uruvilvâ. Comment fixer l'occasion particulière de cette scène? Trois fleurs, dont il se sert (cf. fig. 210) pour distinguer le siège de la Sambodhi entre tous les autres trônes, achèveront de renseigner le fidèle averti. Dès lors, il ne peut plus y avoir de doute pour lui sur le moment de la carrière du Buddha où se place l'épisode en question, ni sur la nature de la requête que lui adressent ses interlocuteurs : c'est l'« invitation à la prédication » qui est ici représentée.