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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s3.t3.7

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s3.t3.7

Language
French

v1.c7.s3.t3.7

Mais c'est avant tout à son « armée » qu'est dévolue la mission de terroriser, si possible, le trop ambitieux *çramaṇa*. Le caractère allégorique de cette « armée de Mâra » n'est pas moins avoué que celui de sa famille ou de son royaume : « Désirs, volupté, faim et soif, concupiscence, paresse, crainte, doute, colère », un passage du *Lalita-vistara*, reprenant le *Padhâna-sutta*, nous donne en toutes lettres sa composition. Sur ce thème, les rédacteurs de textes comme les ciseleurs de reliefs ont brodé d'accord, sinon même de compagnie — car l'on dirait parfois qu'ils renchérissent les uns sur les autres, — les plus fantastiques variations. Il est d'autant plus regrettable que les ruines du Gandhâra aient fourni jusqu'ici si peu de tableaux complets, en grandes dimensions, du Mâra-dharṣaṇa : trois médiocres bas-reliefs de Bombay, de Mardân et de Londres (fig. 201) mis à part, nous n'en connaissons guère à Lahore que des fragments, appartenant soit à la droite (fig. 204), soit à la gauche (fig. 202) du panneau, tandis que le bas de la partie centrale est la seule qu'ait conservée l'un des débris de Calcutta (fig. 203). Toutefois nous en voyons assez pour faire quelques constatations intéressantes. C'est d'abord que les filles de Mâra n'apparaissaient sur aucune de ces répliques, sauf celle de Mardân : le fait qu'elles sont dans l'iconographie postérieure, par exemple à Amarâvatî (fig. 68, en haut et au milieu), à Bénarès (fig. 209 b), à Ajaṇṭâ, au Cambodge (fig. 205), à Boro-Boudour, etc., l'un des éléments obligés de la scène donne d'ailleurs à penser qu'elles figuraient déjà couramment sur les sculptures, comme elles font dans les écritures de l'Inde du Nord. Il nous faut également écarter, au moins provisoirement, l'hypothèse que pouvait suggérer le Lalita-vistara d'une armée de Mâra partagée en deux camps, l'un hostile et l'autre favorable au Bodhisattva : des deux côtés de ce dernier nous ne voyons se presser que des figures ennemies dont ce même texte n'est pas moins prêt à nous fournir la description.

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