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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v1.c7.s4.3

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v1.c7.s4.3

Language
French

v1.c7.s4.3

Le contraste, à ce point de vue, est frappant entre les traditions chrétienne et bouddhique. Nos évangiles dépeignent d'un trait la vie de Jésus dans la maison familiale : « Et il leur était soumis ». C'est au contraire l'apostolat de Gautama, qu'après avoir longuement énuméré les épisodes de sa jeunesse, le *Divyâvadâna* résume par ce court membre de phrase : « Après qu'il eût fait son office de Buddha...¹ ». Tout s'explique, si l'on songe que le suprême aboutissement de la carrière terrestre de leur Maître est pour les Chrétiens la mort du Christ, pour les Bouddhistes l'illumination du Buddha : si bien que l'on a pu encore comparer, au point de vue de leur rôle aux yeux des fidèles, l'arbre de la Bodhi à celui de la Croix². Aussi, tandis que le Nouveau Testament a pour principal sujet la courte vie publique de Jésus, les textes sacrés du Bouddhisme arrêtent, tôt après la conquête de la Science, tout exposé chronologique de l'œuvre de Gautama. Le *Lalita-vistara* croit sa tâche terminée avec la première prédication; le *Mahâbhiniṣkramaṇa-sûtra*, d'après la version traduite par Beal, et le *Mahâvastu* poussent, tout compte fait, jusqu'au retour du Bienheureux dans sa ville natale de Kapilavastu, à l'occasion de la visite qu'il rendit à son père; l'introduction au *Jātaka* nous mène, pour les besoins de la cause, jusqu'au don du Jètavana, l'un des séjours favoris du Maître, par le riche marchand de Çrâvastî, Anâthapinḍada. Ensuite, force est de se rabattre sur les compilations tardives en langue tibétaine, birmane ou singhalaise, qui servent respectivement de base aux abrégés que nous ont donnés Schiefner, Bigandet et Sp. Hardy de la vie du Çâkya-muni. Suffisamment d'accord sur l'emploi, de bonne heure fixé, des premières et de la dernière année de la carrière du Maître, elles présentent pour tout le reste des divergences et des lacunes que ce n'est pas notre affaire et que ce serait d'ailleurs une vaine tentative que de chercher à concilier ou à combler. Leurs rédacteurs s'en rendent bien compte. Sp. Hardy ne nous cache pas dans sa préface qu'il n'a pas réussi à agencer de façon pleinement satisfaisante les renseignements puisés à ses diverses sources. Le « traducteur birman » de Bigandet abandonne tout essai de chronologie après la vingtième des quarante-cinq années de ministère. Quant au compilateur tibétain de Schiefner, la division qu'il a adoptée est significative. Il prétend exposer la vie complète du Çâkya-muni en douze parties ou actions principales; mais, tandis qu'il prévoit un chapitre spécial pour chacun des épisodes de la jeunesse (descente du ciel, conception, nativité, éducation, vie dans le gynécée, départ de la maison, années d'austérités, marche au siège de la Bodhi, défaite de Mâra et conquête de l'Illumination), et un autre pour la mort, un seul, le onzième, est consacré, sous le titre de « Mise en branle de la roue de la loi », à toute la période intermédiaire. Il est vrai de dire que cette section représente à elle seule la moitié de l'ouvrage : mais que l'auteur y ait pêle-mêle entassé les scènes sédentaires ou nomades qui forment à présent toute la trame de la vie du Maître, c'est de sa part un aveu assez clair qu'il s'est heurté à la même difficulté qui nous arrête, et que nous n'avons pas à compter sur lui pour l'éviter.

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